LA LONGÉVITÉ DANS LA PHÉHISTOIRE
les hommes atteignaient en moyenne l^jTS, et il y en. avait de beaucoup plus grands. Le vieillard trouvé à Cromagnon (nom de Tabri sous roche où il fut découvert en 1858, abri qui a donné son nom à la race) avait 1™,82; le spécimen découvert en 1872, à Menton, par M. Rivière, était un superbe squelette mesurant 1°*,85.
A cette haute stature, les hommes de Cromagnon joignaient une vigueur peu commune. Leurs os sont pourvus de fortes saillies, qui donnaient insertion à d'énormes masses musculaires*. En somme, d'après les conclusions de M. De Quatrefages, ces ancêtres étaient de véritables athlètes, constitués à tous égards, pour lutter contre les diffic-ultés et les périls de la vie sauvage. Mais ces athlètes vivaient-ils vieux? Sans doute, il y avait des vieillards dans le nombre; cela veut-il dire que l'on comptait, parmi eux, beaucoup de longévités ?
Chez tous les primitifs, la situation des personnes qui avancent en âge est loin d'être enviable. Dans un milieu de vieillards vivant dans une crainte perpétuelle de trépas anticipé, ou appelant au contraire la mort comme une délivrance, la longévité devait être plutôt une rareté.
En Australie, lors de la découverte des populations indigènes, au dire des voyageurs, on tuait toute femme qui vieillissait ou maigrissait, tout homme infirme ou trop âgé 2. C'est là une pratique constante chez beaucoup de sauvages. On l'a retrouvée chez les peuples de l'Amérique du Sud, chez les premiers