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LA LONGÉVITÉ DANS l'aNTIQUITÉ 41
offre de beaux exemples de vieillesse prolongée. Elevé et instruit en Egypte, Moïse avait tenu à faire pour le peuple hébreu, de sages préceptes hygiéniques autant de lois religieuses. Celles-ci devaient grandement contribuer, chez les Israélites, au mainlien de la santé, et à la prolongation de la vie. Il est même permis de se demander à ce sujet, avec le D"^ S. Bernheim, si, à l'instar des Égyptiens, les Juifs n'auraient point connu la tuberculose ; car ils prenaient contre elle de sérieuses mesures, en vue de se préserver de la contagion ^. La loi de Moïse ordonne Tautopsie de toute bête destinée à la consommation, Texamen spécial des poumons et de la plèvre. Chaque fois qu'on découvrira des adhérences pleurales et des nodules pulmonaires, la chair de l'animal devra être réputée impure; elle sera détruite.
Nous aurons à revenir sur la longévité des Juifs de l'époque actuelle, dont les ancêtres ne semblent pas avoir été plus mal partagés que leurs descendants. (Voir chapitre neuvième.) Ainsi, le roi David aurait vécu 71 ans ; les prophètes Samuel, Osée seraient morts à 78 ans ; Isaïe aurait dépassé sa 84*' année. Moïse sa 90% Tobie sa98% etc.
D'autres Hébreux de marque atteignirent également un âge avancé, sous le gouvernement des Juges et des Rois. Seule, l'imprécision des dates et des chiffres nous engage à ne pas prolonger davantage cette énumération^.
1. S. Bernheim. Traité clinique et thérapeutique de la tuberculose pulmonaire, p. 6.
2. D'une façon générale, la durée de la vie, chez les Israélites conlemporams du grand législateur hébreu, était pour-
LA LONGÉVITÉ A TBAVERS LES AGBS
portons-nous, par la pensée, au pays de nille ans ayant J.-C. ; nous sommes chez les ^a civilisation apportée par les Phéniciens, relations commerciales qu'ils entretenaient vieuï Kyœris, a produit d'excellents fruits i contrées. Les Druides, prêtres, éducateurs, is, tiennent à honneur de "veiller sur la santé 3; nombreux sont leurs protégés, qui jouis- ; avantages d'une esistence longue et heu- Leur médecine utilise les sinjples ; elle pour les maladies à évolution lente tout un de traitement rationnel. Tel le bain chaud i, l'exercice, les voyages, le changement ,... les eaux minérales !
olhérapie, Cryo et Thermothérapie, Aérothéiilimatothérapie, Kinésithérapie, Hydrothé- >ut s'y rencontre. Sans oublier la Psychothéui se dénomme simplement gaieté, sobriété,
umeur et lever matin. N'y-a-t-il pas là
il n'en faut pour vivre centenaire ?
es Grecs et les Romains, dans lés quelques
[ui précédèrent immédiatement notre ère, et
tre cents premières années de celle-ci, on
iflnitivement le domaine des suppositions,
probabilités, pour aborder le terrain des
et des faits.
Hre légion, les éléments qu'il a été possible
['elle esl partout de nos jours. Dans l'Ancien Teslaprière de Moïse opposant en effet la brièveté de li lioe à l'éternité du Très-Haut, dit eipressémenl : dure à peine 70 ans, les plus Torts seuls vonl jus- - A celle époque, on le voit, i'èrc des patriarcbes élaii
de réunir sont pourtant assez nombreux, surtout assez précis. Ils donnent l'impression de ce que pouvait être la durée de la vie dans les hautes classes sociales, au moment où brillaient de tout leur éclat les plus illustres représentants de la Grèce et de la Rome antiques.
A ceux qui s'étonneraient du petit nombre de personnages, qui figurent dans les relevés de certaines époques (voir aux Annexes, tableau I), rappelons, une fois de plus, combien sont fréquentes les dates de naissance et de décès incertaines, par conséquent inutilisables. De plus, nous avons toujours écarté les illustrations victimes de mort violente. Or, dans TAntiquité, comme plus tard au Moyen Age, leur nombre est considérable à tout âge. C'est Socrate, buvant la ciguë à 68 ans ; Cicéron, égorgé à 63 ; Sénèque, le philosophe, qui s'ouvre les veines à 62 ; Archimède, tombé victime d'un soldat brutal après avoir dépassé sa 75^ année...
Plus tard, viendront les premiers chrétiens martyrs; à toute époque, les rois, les princes, victimes de leurs ennemis, ou de ceux qu'ils croient être leurs amis, les soldats tombés en combattant, etc.
Le nombre des' longévités, même des centenaires, pourrait sembler, d'autre part, trop considérable, à en juger par les chiffres retenus au premier de nos tableaux pour'cette période ^
Il faut le remarquer ; il s'agit là presque exclusivement de lettrés, de sages, de philosophes de l'Anti-
1. Voir aux Annexes, tableau I. On n'a pourtant tenu compte, dans ce tableau, que des centenaires pour l'âge desquels il ne semble y avoir aucun doute possible.
quité; plus tard des représentants de la primitive Eglise. Or, c'est principalement dans ces -classes privilégiées, qu'à toutes les époques, se sont constamment rencontrés les vieillards, les longévités les plus nombreux.
Mis à part les centenaires de cette première période véritablement historique : Démocrite, Epiménide de Crète, Xénophane, Philémon le poète, Xénophile le musicien, Orbilius, Pittacus, Socrate Torateur, Hippocrate, Galien^, Sossifius le grammairien, Terrentia femme de Salluste, Galeria, Emboderia, " Samulla, Leuceya la comédienne, Gorgias le sophiste ; les saints Ermites Antoine, Paul, Macaire, et Cronius leur compagnon, Tévèque Saint Narcisse, le théologien Lactance, etc., on peut citer parmi les plus célèbres longévités de TAntiquités, dont nous possédons assez exactement les millésimes de naissance et de décès : Caton TAncien, mort à 95 ans ; le philosophe Diogène, à 90 ; Heraclite, à 96 ; Isocrate, l'orateur, à 98 ; Terrentius- Varon, Thaïes de Milet, Zenon, Sophocle, tous nonagénaires à leur mort ; Anacréon, Pindare, Platon, Polybe, Solon, Ausonne, l'empereur Constantin, Sainte Hélène, Juvénal, Strabon, TertulHen, Saint Luc, Saint Jacques, Saint Damase, et combien d'autres encore, qui moururent après avoir dépassé leur 80^ année.
Ainsi donc, les Anciens auraient possédé le secret,
1. Il est douteux qu'Hippocrate ait vécu 104 ans; et quant à Galien, on lui reconnaît plus souvent 70 ans que 140, c'est-àdire la moitié de l'âge que lui ont attribué certains auteurs à sa mort.
non de vivre très vieux, qui n*est donné à personn'e, mais de ne pas mourir trop tôt ; d'atteindre même l'extrême vieillesse, à laquelle nous devrions tous prétendre. Car peut-on croire que les privilégiés du sort et les intellectuels aient toujours été les seuls à jouir de cet avantage ? Sans doute les déshérités, les malheureux, les esclaves ne se trouvaient pas aussi bien partagés que les puissants, les riches, les serviteurs de la pensée. Cela s*est vu de tout temps, se voit encore de nos jours. Mais pourquoi les civilisés d'il y a deux mille ans, auraient-ils été en général plus défavorisés que nous le sommes, à vingt siècles de distance ?
Le bien-être matériel ne faisait pas défaut à Rome et à Athènes ; la culture physique, la balnéothérapie y étaient en grand honneur. Les pouvoirs publics ne se désintéressaient nullement des choses de l'hygiène ^ Les Sciences, les Lettres, les Arts, tout ce qui tend à constituer, pour l'élite, la joie et le bonheur de vivre y étaient parvenus à un haut degré de perfection.. La plupart des citoyens passaient leur vie au grand air du Forum, de la voie publique, ou de la campagne, dans les meilleures conditions au point de vue de la santé. Partout, les philosophes prêchaient et enseignaient la sobriété, la modération en toutes choses ; chaque nation comptait ses savants et ses sages tempérants et vertueux.
Certes, leurs enseignements n'étaient point toujours écoutés, leurs exemples toujours suivis.