‹ La longévité à travers les âgesChapitre 35 sur 88 · LA LONGEVITE DANS LES DEUX SEXES · texte numérisé non relu

LA LONGEVITE DANS LES DEUX SEXES

Au premier abord, Texplicalion du fait semble des plus faciles. D'une façon générale, Thomme peine physiquement plus que la femme, au moins chez les civilisés. Celle-ci n'est pas réduite chez nous, comme chez les primitifs et les sauvages, à Tétat de bête de somme. Si elle doit supporter les charges de la maternité, ses risques et ses conséquences, la nature n*a pas voulu lui rendre le fardeau trop lourd... elle lui a accordé des compensations. La femme, au cours de son existence, n'est pas, comme l'homme, perpétuellement en lutte contre les êtres et contre les choses, contre la nature et contre les éléments. Elle échappe à une foule de servitudes grandioses mais pénibles, et d'occupations trop souvent meurtrières. Le service militaire, les travaux sur mer et sous terre ne la réclament pas. Pour la femme, les soucis du lendemain sont d'ordinaire moins immédiats, moins âpres, moins pressants ; la lutte pour la vie moins ardente et moins rude. Si elle n'est pas livrée à elle-même dans sa. jeunesse, si elle n'a point à prendre plus tard au foyer vide ou délaissé la place de l'homme, sa vie s'écoule certainement plus calme, moins fébrile et moins agitée. Enfin, avouons-le, en même temps qu'elle ignore davantage les tortures morales et les chagrins d'amour-propre et d'ambitions déçues, la compagne de l'homme compte à son actif moins de tares physiques et morales. Elle n'a pas autant à souffrir de défauts, qui, poussés à l'extrême, usent en pleine maturité, et toujours vieillissent prématurément, tant de nos semblables : alcoolisme, tabagisme, morphinisme, et le reste.

L*homme ayant atteint la soixantaine après les vicissitudes d'une vie difficile, souvent peu ménagée, arrive donc à cet âge plus déprimé, moins résistant que la femme. Il est dès lors tout naturel que cette dernière lui survive, touche plus souvent à la longévité.

Il y aurait d*autres raisons, d'ordre physiologique, tendant à démontrer, que la longévité chez la femme est bien un privilège du sexe, une sorte de compensation accordée par la nature à l'être chargé par elle de perpétuer l'espèce. Ceci aux dépens de sa propre substance, au prix de réelles souffrances, parfois même au risque de sa santé et de sa vie. Les femmes, bien avant d'avoir atteint Tâge où les conditions de l'existence peuvent se modifier avantageusement pour elles, seraient plus favorisées que les hommes sous le rapport de la résistance vitale. Ainsi, de deux enfants nés le même jour, un garçon et une fille, la fille aurait vingt et une chances de vie contre une de mort, alprs que le garçon n'en aurait que dix-sept^.

Loin de nous la pensée de contester le fait, mais, en réalité, les raisons données plus haut suffisent amplement à expliquer la longévité supérieure de la femme en général, sans qu'il soit nécessaire de lui attribuer une résistance vitale plus accusée que celle de l'homme.

Nous nous permettons d'être aussi affirmatif pour n'avoir pas trouvé dans nos propres recherches,

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