CHAPITRE IX
La longévité comparée chez les différents
peuples.
De l'action du milieu sur l'homme. — Son peu d'influence! sur la longévité. — En Europe, en Amérique, en Asie, eoi Afrique. — Eternels voyageurs. -:- La race juive.
L'homme ne fait pas exception à la règle, qui veut que les êtres organisés soient sensibles au changement de milieu. L'influence subie, en pareil cas, se fait parfois sentir chez lui avec une extrême rapidité.
Après trois siècles à peine de transplantation aux États-Unis, l'Anglo-Saxon n'est plus physiquement ce qu'étaient ses ancêtres. A partir de la seconde génération, l'Anglais vivant en Amérique présente une altération des traits, et se rapproche ainsi des Yankees qui l'entourent. Il perd peu à peu son teint rosé ; sa chevelure devient plus lisse, son cou s'effile ; la tête apparaît moins volumineuse, parce que les os de la face font de plus en plus saillie, que les cavités se creusent davantage. En même temps, le squelette des membres, celui des doigts s'allongent ; le bassin chez la femme tend à se rapprocher de celui de l'homme. (A. Murry.)
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Le nègre de son côté, transplanté d'Afrique en Amérique, est bientôt lui aussi moins nègre. Son teint s'éclaircit ; il perd petit à petit son odeur spéciale ; de génération en génération, son type physique se modifie, pendant que son intelligence s'accroît.
En somme, de Favîs des auteurs qui se sont particulièrement occupés de la question : Nott, Gliddon, Reisset, de Lisboa, etc., il se serait formé dans l'Amérique du Sud, comme aux Etats-Unis, une race de sous-nègres. Ses caractères permettraient de distinguer les noirs devenus Américains, de leurs frères d'Afrique.
Ainsi donc, l'homme se modifie rapidement, au point de vue physique et même intellectuel, suivant les milieux qu'il habite. Affaire de climat, de conditions météorologiques différentes, d'alimentation, de genre de vie, de contact avec d'autres êtres.
Il n'est qu'un point sur lequel nous ne différons guère. Nous mourons tous à peu près au même âge ; à y regarder de près, il n'existe ni peuple, ni race, qui puisse se prévaloir d'une longévité réellement supérieure à celle des peuples et des races qui l'entourent. Ce n'est pas pour avoir rencontré dans une contrée, comme la Bulgarie ou la Roumanie, quelques centenaires ou nonagénaires de plus que dans d'autres, qu'on peut affirmer de façon certaine la longévité supérieure d'un peuple, d'une race. Car il peut s'y trouver exceptionnellement des familles assez nombreuses héréditairement privilégiées sous ce rapport, perdues dans une moyenne fort ordinaire.
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Lorsque le D'' Emerson prétend que dans certaines provinces des États-Unis, il y aurait 2 p. 100 de centenaires chez les nègres, il ne nous dit rien de la longévité des blancs, ni de celle des Asiatiques dans les mêmes contrées.
Or, tout en supposant que les nègres américains connaissent mieux leur âge que ne le connaissaient leurs ancêtres du Sénégal et du Soudan, nul ne doit oublier qu'ils sont maintenant d'Amérique, qu'être centenaire devient une véritable coquetterie pour les longévités ; et que les nègres ont toutes les coquetteries.
Nous restons donc quelque peu sceptique à cet égard. Virey, d'autres auteurs, ont toujours signalé les représentants des races jaunes et noires comme vivant plutôt moins longtemps que ceux des races caucasiques. Sans doute, parce que chez eux l'évolution et le développement se font plus vite. Par contre, est-il certain que les peuples du Nord, les Esquimaux, les Lapons, aient une existence aussi courte qu'on le dit parfois ? ^ Chez les non civilisés, ou les peu civilisés, on ne saurait en matière d'âge, et dans des recensements de cette nature, se montrer trop circonspect et trop prudent. Car chez tous, les notions de durée, de temps, sont souvent des plus confuses.
Si nous nous reportons à nos recherches personnelles, nous ne trouvons point de différences appréciables, aux différentes époques de l'histoire, entre les représentants des diverses nations euro-