D"" RoESER. Vieillesse et longévité, p
péennes. (Voir aux Annexes, tableau IV.) Comme moyenne d*àge atteint, de 65,3 à 66,5. Tout au plus compterait-on, chez nous autres Français, un peu plus de longévités, 204, au lieu de 170, 160, etc.
Pour trouver des moyennes plus élevées, il faudrait passer en Amérique. Mais on doit remarquer que dans l'Amérique du Nord (qui nous donne les cinq sixièmes des personnages, d'ailleurs infiniment trop peu nombreux), la race anglaise ne s'est sérieusement implantée qu'à partir des migrations puritaines, de 4620 à 1680, il y a donc moins de trois siècles (de Quatrefages).
Dans ces conditions, 105 célébrités presque toutes contemporaines donnant une moyenne de vie de 68 ans 9, le fait n'a rien d'étonnant. C'est la longévité, telle qu'elle est exprimée partout en Europe, au XIX® siècle, dans les mêmes classes sociales. (Voir aux Annexes le tableau IV.)
Il n'y aurait donc, sans nul doute, aucune différence, sous ce rapport, entre l'Amérique et l'Europe, s'il était possible de s'en rapporter à des données aussi maigres.
Mêmes constatations, au sujet des Asiatiques et des Africains, que pour les célébrités d'Amérique. 119 personnages donnent une moyenne de vie de 65 ans 8. C'est celle des Européens. En revanche, s'il était possible de faire état de statistiques aussi restreintes, il se trouverait peut-être plus de longévités chez les Chinois, les Japonais, les Persans, les Tunisiens, les Égyptiens et surtout les Arabes, que chez nous : 30 sur 119, soit 252 p. 1.000. Il y aurait de ce côté des recherches intéressantes à
rsuivre sur une vaste échelle, et à opérer la Itiplication des chifTres donnés ci-dessous, à l'état «impie indication.
AiDériL'Bins. Afrivalos. AsiaLiqae;
»rl8 de 23 à 60
ans-
- de 60 à m
— de 70 à SO
- de 80 à 'JO
— de 90 à 100
.U-desBUS de 100
Tolc)
Moyenne d'âge atteir.i.
[aintenant, en présence de l'uniformité des pennes recueillies en tous pays, aux mêmes ques, il convient de se souvenir de la situation
personnages dont nous avons relevé la biogra-
e pour les établir.
ous ont été, eux aussi, des " déracinés » s'il en
d'éternels voyageurs. Hommes de guerre, relî- i IX, lettrés, savants, diplomates, artistes ; tous
couru ie monde une partie de leur vie, et sout vécu sur la terre étrangère. Ils n'ont rien des igènes rivés à la glèbe qui les nourrit, dont istcnce entière s'écoule uniforme, triste ou îuse, à l'ombre du clocher natal. Rien du monoard écossais, ni du berger corse; rien du moBJik se, ni du paysan bas-breton ; rien du pâtre des 'uzzes, ni du bûcheron de laForèt-Noire...
hez beaucoup d'entre eux, l'indication d'une ionalité n'a guère de signification ;. ils peuvent ) sujets d'un pays qui n'était pas le leur. On ne rait oublier, à cet égard, les mouvements migra-
toires, les exodes qui ont eu lieu, de tout temps, entre les diverse^ nations d'Europe, et depuis moins de temps, d'Europe en Amérique. (Révocation de rÉdit de Nantes, Révolution française, émigration polonaise, etc.).
L'influence du pays d'origine n'a donc qu'une action bien faible, semble-t-il, en matière de longévité. Ce ne sont ni les caractères de race, ni les conditions, ni les habitudes générales du milieu où l'on vit ; mais la façon dont Chacun y vit, les mœurs locales individuelles, les habitudes particulières et la santé de chacun qui paraissent plutôt entrer en ligne de compte.
Il sera d'ailleurs facile de s'en rendre compte, en comparant, aux Annexes, les tableaux III d'une part, et Vdé l'autre. Ce dernier donne un aperçu de la longévité, à deux époques différentes, séparées l'une de l'autre par un demi-siècle d'intervalle, non plus d'une population insulaire et rurale au xix* siècle comme le tableau III, mais de la population urbaine et suburbaine des principales villes de la région charentaise.
Voici donc deux collectivités de même origine, (le même sol, se faisant, sous le même climat, visà-vis de chaque côté d'un étroit bras de mer, à quelques kilomètres de distance. Lorsqu'on examine respectivement la longévité des deux populations, à l'heure actuelle et il y a cinquante ans, la différence considérable qui les séparerait à ce point de vue, la lenteur de l'accroissement de la durée de la vie d'un côté, sa rapidité de l'autre, ne rêverait-on pas d'un monde, d'une nouvelle Atlantide, se dressant,
comme une barrière, entre la vieille terre d'Aunis et la petite île oléronnaise ?
La race juive, en matière de longévité, serait curieuse à étudier. Elle ne se mélange guère, tout en vivant partout, au milieu des autres races. Déjà, au temps de Moïse, elle était sujette à bien des maladies, aux' affections cutanées, à la lèpre *. Malgré ces tares, l'influence des mariages consanguins, les Juifs de nos jours donneraient souvent de beaux exemples de santé et de longévité. Stephan (d'Anvers) aurait reconnu qu'ils présentent, à Amsterdam, une mortalité inférieure à celle de la population en général, 12 au lieu de 17 p. 1.000 habitants. A New-York, les émigrants russes, polonais, tous juifs très pauvres, logés dans les plus mauvais quartiers, meurent une fois moins que les sujets des autres races. Il y aurait chez les Israélites beaucoup moins de mortnés (33,4 p. l.OOO à Amsterdam, au lieu de 47) ; trois à quatre fois moins de tuberculose... Et cela suffirait à tout expliquer.
D'autres observaticms faites en Algérie, en Tunisie ont eu pour résultats des constatations analogues. Là, on attribue le meilleur état de santé des Israélites à la plus grande propreté 'des habitations.
A défaut de données plus précises, la longévité actuelle dans la race juive, si nous manquons d'éléments suffisants pour l'établir de façon mathématique, serait donc fort possible. Serait-elle une réalité, les Juifs seraient mieux qualifiés que nous pour répondre.