DE L\ LONGÉVITÉ DES ÊTRES EN GÉNÉRAL
La vie et le mouvement, loin d'être limités aux plantes et aux animaux, sont-ils Tapanage de l'univers ? Les deux mondes animés et inanimés, si séparés au point de vue extérieur, se retrouvent-ils ainsi unis par la communauté d'origine, par l'analogie de leur existence, par une similitude véritable de leurs propriétés? rien ne paraît plus certain. Comme l'a fort bien dit Jean Finot : « C'est aux minéraux que nous devons notre origine ; et, en retournant à la terre, nous ne faisons que revenir vers le principe créateur de notre vie «^
Mémento homo quia pulvis es....
Avouons-le toutefois, la longévité de certains spécimens du règne minéral nous déconcerte. Notre esprit se refuse à concevoir, à des centaines de siècles près, l'âge possible du silex informe que notre pied heurte au long du chemin, ou du galet poli éternellement roulé par les flots de la mer. Impossible, pourtant, de mettre en doute les transformations subies dans la suite des temps par ces pierres, sous l'action du feu, du frottement, de l'eau. Transformations qui peuvent apparaître, à bon droit, chez elles, comme étant, jusqu'à un certain point, des manifestations de la vie.
Si la durée de l'existence du minéral échappe totalement à nos moyens d'appréciation, de comparaison, tant la vie de l'homme est courte, comparée à la sienne, il n'en est plus de même de l'organisme
1. Jean Finot. La philosophie de la longévité, page 191, 5e édition.
végétal et surtout animal. Pourtant, entre les deux derniers règnes, il n'y a pas de ligne de démarcation bien tranchée.
On a dit : tout être monocellulaire peut vivre indéfiniment, parce qu'il se divise à l'infini. Resterait à savoir si ce n'est pas une nouvelle vie qui commence, avec chacune de ces divisions*. Au contraire, les êtres formés d'une collection, d'un agrégat de cellules ont forcément une existence limitée. Lentement, peu à peu, leurs tissus s'incrustent de produits accessoires insolubles, impossibles à éliminer par les organes préposés à cette élimination chez les plantes ; par la peau, les poumons, les reins, chez les animaux. Dès ce moment, il y aura gêjie des tissus, encombrement, embarras ; finalement, entrave dans leurs échanges moléculaires et dans l'assimilation des éléments réparateurs. C'est à cette période de la vie des êtres qu'a été donné, dans les deux règnes, le nom de vieillesse. Mais, malgré tant de rapports entre eux, la longévité dans le règne végétal n'a point son égale chez les animaux, fussent-ils même les plus favorisés sous ce report.
Rappelons ici les graines encore vivaces, retrouvées, soit dans les habitations d'Herculanum et de Pompéi, soit dans les sarcophages et les hypogées de l'antique Egypte. Là, elles sommeillaient depuis deux, trois, quatre, six mille ans, peut-être davantage. On aurait vu mieux. Grâce à un peu de terre poussiéreuse, rapportée du Sahara en France, il y a