I. Voir cliap. XXI
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Aussi, la vie des femmes " de qualité » fut-elle de tout temps, pour beaucoup, un perpétuel supplice. Le séjour trop prolongé au lit, venant après des DuJtB de veilles et de fêtes ; l'assistance h des solennités continuelles, où chaque jour elles doivent s'immobiliser, durant des heures entières, dans la station assise, en des poses quasi hiératiques, au cours de réceptions et d'audiences, de cérémonies et de banquets, créent è. la femme riche, â la princesse entre toutes, une existence des moins conformes aux lois de l'hygiène.
D'autre part, les retards apportés dans de pareilles circonstances à la satisfaction des besoins naturels, la tension nerveuse constante, jointe à une absence de mouvements imposée par l'étiquette, ont vite déterminé l'inertie de l'intestin, le trouble des fonctions génito-urlnaires, l'épuisement du système nerveux, l'atonie des fonctions digcstives, maladroitement et trop souvent stimulées par l'alimentation â la fois trop riche et trop copieuse.
Car la gourmandise n'a jamais été un privilège du sexe fort ; elle a contribué, pour sa part, à doter des femmes illustres d'unembonpointqui n'ajoutait rien à leurs mérites. Marie Stuart, alors femme de François II, n'aurait en, au dire de ses contemporains, qu'un seul défaut : trop manger. Quanl à Catherine de Médicis, lors d'un banquet que lui offrait la ville de Paris, en 1549, elle fit << si bel honneur, disent !es chroniques, au si délicat menu, spécialement au gibier et aux artichauts, qu'elle en pensa crever »
Physiquement mal portantes, pour beaucoup,
ches, après avoir mis au monde deux Jumeaux.
1371, Isabelle d'Aragon meurt en couches, à 24 a En 1324, Marie de Luxembourg, femme de Chai le Bel, meurt à 19 ans, des suites d'un avorteme En 1377, Jeanne de Bourbon, reine de France, me en couches à 40 ans. En 1409, Isabelle de Fran I seconde fille de Charles VI, meurt à 27 ans, en m tant au monde Jeanne d'Orléans.
En 1455, Isabelle de Portugal meurt subîteme
sitôt après ta naissance de son Dis. Elisabeth d'i
, gleterre, femme de Henri VII, meurt en 1503, à
' Tour de Londres, des suites d'une couche, ell'
38 ans. Catherine Parr, reine d'Angleterre, meurt
[ couches à 40 ans. Jeanne Seymour, femme
Henri VIII, meurt en 1537 à 28 ans, en donnant
jour à Edouard VI, Jeanne de Bade, femme
I Louis d'Orléans, meurt en couches en 1726. Ch
i lotte de Galles, fille de Léopold de Saxe, meurt
couches à 20 ans, en 1816. Maria de Gloria, Marii
de Portugal, fille de dom Pedro, meuri en coud
en 1853, à 34 ans.
... Et la liste est loin d'être close!
Peu ménagers de leurs légitimes épouses, les r ne ie sont guère davantage do leurs maîtres?
Agnès Sorel, favorite de Charles VII, meurt à 40 a Françoise de Fois, à 42; Gabrielled'Estrées dispai mystérieusement à 26 ans, enceinte des œuvres son royal amant, Henri IV. La duchesse d'Étam] meurt à 35 ans. La pauvre Fontanges n'a pas 20 a
134 LA LONGÉVITÉ A TBAVEBS LES ACES
lorsqu'elle succombe des suites d'une couche, « blessée, elle aussi, au service de Sa Migeslé». "■"" DE Sêvioné). M"* de La Vallièro meurt k 43 ans. n rares celles qui, à l'exemple de M"" de itespan, morte à 64 ans, atteindrout la vieille, surtout la longévité. Telle Marie Touchet, itresse de Charles IX, âgée .de 81 ans quand elle dit l'âme, en 1638. Louis XIV, Louis XV, auront leurs maîtresses, attitrées ou non, des enfanls 1 douzaine. Sans compter ceux qu'ils oITriront à r femme, sans lui adresser la parole, ertes, les choses ont bien changé dans la vie des veraÎDS et des souveraines, sous tous les rapts. D'un autre côté, on a cherché à réagir contre sédentarité, l'insuflisànce d'exercices phjsiques z la femme riche, dont toute l'hygiène était, on vu, si défectueuse. Dans ces dernières années. iratique des sports a pénétré partout ; elle a fail adeptes convaincus, jusque sur les marches des nos.
■ans vouloir médire dos sports, loin de là, il est , mis toutefois de le remarquer, beaucoup d'entre : cyclisme, escrime, chasse, alpinisme, équîta- 1, etc., ne conviennent pas toujours, et surtoat façon constante, à la femme. La plupart lui sont me interdits passagèrement, pour peu surtoul elle ait tendance à en abuser, suivant l'ordinsin' lit u de.
.a Bible, le plus admirable des livres pour i|ii> . y lire, avait mieux fait, lorsque descendant au ails les plus intimes de l'hygiène, elle plaçait ai g des occupations de la femme, eût-elle di
nombreux serviteurs, te soin do, moudr cuire le pain, de blanchir le lin^e, de li et de faire la Cuisine. Toute l'antiquité cessé de recommander à la femme e fille, la conduite et la direction de la ma désirent santé, bonheur et heureuse ei Nausicaa signale à Ulysse, sa mère as foyer, occupée à filer la laine couleur Plus loin, Pénélope pétrit le pain, bat vêtements, les tapisseries. Et le vieil Ho soin de faire remarquer à quel poini travaux lui donnent une carnation excellent appétit, gage d'une bonne sai encore, ce sont les ambassadeurs d'Ale venant à j'improviçte chez Phocion ave sents, et surprenant la maîtresse du log iiétrir !a pâte, à préparer le repas.
Sans se montrer aussi exigeant, i imposer à nos belles mondaines des bei prosaïques, on ne saurait trop insister lance de la direction, même de la tenue pour la femme et pour la jeune fille, f lion de caste ni de fortune. On trouve i série d'exercices physiques éniinemtnei au maiutien de la santé. Cirer le plauch t'pousseter les meubles, faire les lits linge, le repasser, monter et descendre I en portant divers fardeaux, réclament d mouvements divers. Ces mouvements jeu tous les groupes musculaires, ce\ comme ceux du tronc et du cou, ceux abdominale, des lombes et du bassin.
dos membres inférieurs. Le fait n'a point échappé, d'ailleurs, aux observateurs. Ces dernières années, on a voulu remettre en honneur dans les classes aristocratiques et riches, la tenue du ménage et le culte des occupations domestiques. On trouva même, pour faire admettre la chose, un mot exquis : le Corinthianisme.
Le corinthianisme a-t-il fait beaucoup d'adeptes? Il est permis d'en douter. Ce n'était pas un sport nouveau qu'il fallait créer, il y en a trop. D'ailleurs, en un temps de féminisme outrancier qui pousse la femme de toutes les classes à trop négliger son rôle primordial d'épouse et de mère, son unique raison d'exister, en tant qu'être distinct de l'homme, dans la nature comme dans la société, pouvait-il en être autrement? La femme, de nos jours, aime trop à s'extérioriser d'une part ; à copier, à surpasser les représentants du sexe fort de l'autre, pour qu'on ait pu sérieusement espérer la gagner à une telle cause. Même lorsque l'état de sa santé physique et morale est en jeu, il n'était guère facile de lui faire comprendre ce qu'il y a de véritablement grand et noble dans le culte des vertus et des occupations domestiques. Les tendances du jour s'accommodent mal d'une pareille conception de ses devoirs, conception élevée sans doute, mais passablement utopique. Le « corinthianisme », lui aussi, est venu trop tard dans un siècle trop vieux.
Qu'il y ait des exceptions nombreuses, jusque dans les plus hautes classes; que des femmes du plus grand monde, des reines, des impératrices