Voir chap. XVII
CH Vie milit
Les vieux militaires. — H jeunes. — Influence d ■ l'Epopée ». — Les e Les vrais conquéranla
Les Hommes de guerre sont des hommes d'action, d'énergie, dont l'existence a été parfois des plus mouvementées. Ceux <|ui arrivent aux situations élevées Ont dû faire, en outre, preuve d'un ensemble de qualités physiques et d'endurance réelles. Aussi sont-ils véritablement trempés, d'une robustesse éprouvée. Ce sont des vigoureux, des forts; car il s'est opéré parmi eux, depuis l'entrée dans la carrière, une sélection, qui a éliminé dans les bas grades, les organismes moins rt^sislants, moins bien équilibrés.
Les militaires parviennent donc, en grand nombre, à la longévité ; ils ont certainement le pas sur les lettrés en général et sur les artistes. Toutefois, indépendamment des risques de guerre, auxquels s'ajoutent les risques de mer pour les marins ^, il convient de faire entrer en ligne de compte les causes plus nombreuses de maladies, au cours des campagnes et des expéditions.
1. Rappelons que dans les relevas ayant servi de base aui tableauK statistiques, tout personnage décédé sur le champ de bataille, ou par suite de nojrade, d'accident quelcoDque, de meurtre, de suicide, a toujours été écarté.
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Ces dernières enlèvent, faut-il le dire, forts el faibles ; et des fatigues parfois considérables usent souvent, de façoa prématurée, le^ constitulioDS les plus vigoureuses, les plus solidement établies.
Sans ces raisons d'ordre particulier, les hommes de guerre détiendraient vraisemblablement le record de la longévité.
On peut en dire autant des marins, des navigateurs. Ils seraient pourtant un peu défavorisés par rapport aui militaires, pour des raisons faciles à comprendre. Le service à la mer trempe à merveille les sujets de santé vigoureuse, c'est vrai: mais, toutes choses égales par ailleurs, il est en général plus fatigant que le service â terre. .Aussi, vieillit-il plus vite, dans les mêmes conditions réciproques, l'homme de mer que le militaire, autant en Europe que sous les tropiques, autant en temps de guerre et d'expédition, qu'en période de paix el de quiétude absolue.
Les hommes de guerre, en général, atteignant en moyenne 67 ans 7. celle proportion s'abaisserait à 67 ans pour les marins célèbres. Voir aux .■\nnexes le tableau VI.) Bien que basée sur un chilTre beaucoup trop faible d'unités pour avoir une vérilable valeur, celte dernière moyenne doit néanmoins se rapprocher de la réalité ; nous la présentons ici à litre de simple indication.
Marias et navfgaleurs morts avant G(i aiif il
- de fin à 7U ans il
LA LOXGEMTE A TRAVERS LES ACES
Ainsi qu'il a été fait pour les gens d*£glise, les hommes politiques, donnons la liste de quelques grands soldats, marins et navigateurs les plus célèbres, parmi ceux qui ont accédé à la longévité.
Sont morts, de 90 à 100 ans :
De Ladmiraalt. ... en 1898 De Beaulieu, AutricbieD. 1820
Castanos, Espagnol D'Eslrées F.-A ,. .
De Biron. .
De Contades Doria, Italien Jomini . . .
Matignon. .
La Force . .
Le duc de Richelieu* Clausewitz, Allemand
De 85 à 90 ans
Abbattucci en 1812
De Biron ........ 1738
Canrobert 1895
Cocbrane, Anglais . . . 1860 Dompienre d'Hornoy . . 1901
Dumouriez 1824
De Flahaut 1870
Kellermann 1820
Linois 1893
Mac-CIintock, Anglais. . 1895
D'Abbo ville 1895
Février 1908
Mac-Mahon 1893
Reillc 1860
La Tour-Maobonrg. . en 1830
Mollendorf, Allemand . 1816
De Moltkc, Allemand. . 1891
Neipperg, Autrichien . . 1774
De Ségur Ph.) 1893
Radetzky, Aatrichien . . 1858
Subervie 1856
Vaubois 1839
Vioménil 1827
La Force 1678
Gougb, Anglais. . . . 1869
Moncey en 1842
De Noailles 1766
De Puységur 1743
Sleinmetz, Allemand . . 1878
Colonel Stoff»-l . ... 1908
Teste 1862
Do Villeroi (F.). • . - 1730
De Villeroi (X.) 1685
Chairon 1878
Lewal 1908
Radaelli, Italien . . . 1909
Chagrin de Saint- Hilaire. 1908
Galiber 1903
1. La duchesse de Richelieu, sa femme» mourut, comme lui, à 94 ans. Ayant épousé son mari à 16 ans, alors que ce dernier en avait déjà 92, elle pouvait dire, en 1862, deu?( années avant sa mort, à Napoléon 111 quelque peu surpris : « Sire, Louis XIV demandait à mon mari... »
De 80 à 85 ans :
D'AubussoD ea 1503
D'Aulicliamii I8S3
Brialnmni, Belge .... 1M3
Bourbaki 1S91
Cbangarnier I83â
Chassé, IlollaQdais . . . IS»
Bloodel 190Ï
Munich, Russe . . . nCT
Oudinot IMT
Peiii . . )83(
Puységur Wll
RampoD IHfS
Hochsmbeau 180*
Sooli 1S51
TUr, Hongrois . . .
CisldÏDi, ItalieD. . .
Cousin-MoDtauban .
De Failly. . . . .
Grouchj
Lcsdiguièrc» . . . .
Trochu
flilric
Wellington, .\nglaii
Gallimard
DeiToza
Quant aux hommes de guerre disparus jeunes encore, et pour la plupart, dans les conditions énoncées plus haut, usés prématurément, surmenés physiquement, intellectuellement, ou foudroyés par la maladie, on peut citer : Uon Juan d'.\ulriche et Lautrec, victimes de la poste, le premier à 'M. le second à 43 ans ; Hoche, peut-être empoisonné â 29 ans; Eblée, qui s'éteint â ~)i ans. à Ku/nig^berir. épuisé parles Tatigues de la camjiagne de 1812; Leclerc. Hichepanse. mourant de lu fièvre jaune aux Antilles â 30 et 32 ans ; Saint-Arnaud, terrassé par le choléra, à hord du « Herlliollet >• en iSM. à 53 ans ; L'amiral Bruat, mort comme lui en revenant de Crimée, à 59 ans ; l'amiral Courbet, mort â hord du " Bayurd », â Makung, â 58 ans, etc.
On a parfois fait valoir i'inflnence de la retraite, du brusque changement des occupations, du genre
(le vie, succédant à une existence active, chez certaines personnes, chez les militaires en particulier, i On Ta dit funeste à la santé. Sur quoi est basée cette | assertion ? Est-elle vraie pour les fonctionnaires, ou pour les industriels, les négociants, les artisans qui ont eu, toute leur vie, leurs facultés tendues vers un objectif matériel souvent unique, presque toujours le même ? L'ennui les envahit-il parce qu'ils ne savent pas se créer d'occupations nouvelles, donner ' une orientation différente a leur existence ? Faut-il croire que certains parmi eux, souvent plus nombreux qu'on ne le pense, cherchent dans les plaisirs de la table, les séjours prolongés au café, une diversion à leur désœuvrement ? Ou bien par contre, s'en trouve-t-il encore, enrôlés sur le tard dans des Sociétés de tempérance, hantés par la crainte d'une fin prochaine, adoptant des régimes végétariens et abstinents outrés, si différents de leurs habitudes antérieures, qu'ils ne tardent pas à en mourir*?
La seule chose qu'on puisse affirmer, c'est ceci : les anciens militaires semblent échapper, bien plus que d'autres, à ces diverses influences, on en verra plus loin la raison.
A la fin de Tépopée napoléonienne, après vingt ans
de guerre, sur les 36 généraux de la Révolution et de TEmpire parvenus avant ou après 1815 à la dignité de maréchal de France, il en restait 26.
Le vieux Rochambeau était mort ; Lannes à 40ans, Bessières à 47, Duroc à 41, étaient tombés en héros,