RoESER {loc. cit.), 3« parUc, cb. IV
à Essling, à Lutzen, à Bautzeii, Poniatowski s'était noyé dans l'EUter, Berthier, Brune, venaient d'être assassinés, l'un à Bamberg, l'autre à Avignon, à 63 et à 52 ans ; Ney, Murât, rusillés à 44 et à 46 ans. Et il était dans la destinée de Mortier, ministre de la guerre du roi Louis-Philippe, de trouver la mort, lors de l'attentat Fieschi, sur le boulevard du Temple, en l'année 1835, à 67 ans.
Or, voici l'âge que devaient atteindre, dans la retraite pour la plupart, les vingt-six survivanis, âge respectable, si on observe que beaucoup d'entre eux n'avaient pas ou avaient à peine 50 ans, à Waterloo.
Davoiit. . . mort en 1823à Sucliet 1826 :
Augereau iSlti i
Laurislon 1828 i
Masfiéaa 1811 i
PérigDon 1818 (
Lefcbvro 1S20 '
Couvion Saint-CjT . 1830 (
Sérurier 18(9 (
Lobau (Mouton). . . 1838 (
Maison 184U (
Jourdan 1833 ■
Macdonald 1840 '
Marmonl . .
Gérard . . .
Mûliior. . .
Ornaoo. . .
Sébasliani. .
Oudinot. . .
Bernadolle .
Groucliy . .
Soull. . . .
Kellerman .
Reille. . , Moncey. .
Soit une moyenne de 72 ans 3.
On trouvera à la liste des longévités militaires, bien d'autres soldats de Napoléon parvenus dans la retraite à un Age avancé. Car, même pour ceux qui reprirent du service' sous les Bourbons, les campagnes d'Espagne, de Morée, d'Anvers, la prise d'Alger ne furent que des diversions à leur vie de garnison,
VtS LA LOXGÉVITÉ A TRAVERS LES ACES
dès lors calme el paisible. Peut-on les mettre en parallèle, avec la chevauchée sans trêve, qui pendant quinze et vin!ft ans les avait promenés à travers TEurope, à la suite de leur empereur ?
Il n'est point défendu de voir dans la conservation de Faclivilé intellectuelle et physique chez tous ces vieux braves, dans une existence calme, minutieusement réglée dans ses plus petits détails, jointe au mépris absolu d'une mort trop souvent bravée, une cause réelle de longévité. Et, en dépit de leurs blessures et de leurs fatigues, leur robustesse native fit le reste.
Exelmans, un des meilleurs cavaliers de FEinpire, demeure dans sa vieillesse si fervent de Téquitation, qu'il se tue en 1852, d'une chute de cheval ; il a 77 ans. Quand le général Charreyon sera victime, en 190y, d'un accident d'automobile, il en aura So. Cambronne, le héros populaire, devenu sous la Restauration le vicomte de Cambronne, reste, jusqu'à sa mort, le modèle des soldats laboureurs immortalir^és à l'époque par le journal et l'estampe. Rapp, l'indomptable cavalier, se montre dans ses propriétés d'Argovie excellent horticulteur; Drouot. dont les batteries firent trembler le sol de l'Europe, réalise silencieusement, dans sa petite maison de Nancy, le type du vrai jardinier, tandis que Davout, prince d'EckmiihL vainqueur d'Auerstœdt, incarne pour la postérité, dans son domaine de Savigny-sur-Orge, le véritable fermier-gentilhomme.
Or, si Rapp meurt à 49 ans, Davout, à 53. Cambronne criblé de blessures et perclus de goutte, atteindra sa 72' année: Drouot, sa 74«; Bertrand, le