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CHAPITRE XVII Hérédité et longévité

Ce qu'est l'hérédité. — Nous vivons ce qu'ont vécu nos parents; exemples célèbres et preuves certaines. — Tous astronomes. — Un village de centenaires au xix« siècle. — Age du père et de la raère au moment de la naissance; son influence sur la longévité de l'enfant. — Hommes de vingt-cinq ans à cinquante; une série probante.

Certains états physiologiques ou pathologiques se transmettent aux enfants par voie de génération, constituant ce qu'on appelle Thérédité. Être né de parents sains et forts, voilà, sans nul doute, une des meilleures chances de longévité. La force constitutionnelle étant un gage de santé, de résistance à la maladie, ceux qui la possèdent ont, toutes choses égales par ailleurs, plus de chances de durer, de vivre vieux, d'avoir des enfants qui les imiteront, que leurs égaux moins favorisés.

L'hérédité est certainement le facteur le plus important; l'homme, en général, vit ce qu'ont vécu ses aïeux. Bien avisées, à notre avis, les Compagnies d'assurances qui basent leurs prévisions de survie ou de décès sur l'enquête héréditaire faite dans la famille de l'assuré. Elle vaut tout autant, sinon

plus, que celle basée sur les conditions de santé, le genre d'existence de l'intéressé lui-même.

En pareil cas, faut-il rechercher la longévité des père et mère, des grands-parents des deux côtés; prendre ensuite la moyenne des six âges totalisés, pour en déduire la longévité probable d'une personne? Telle serait l'opinion du D*" Richardson, qui en a fait une loi (Zon^man^J/a^asme, juillet 1898)*. C'est vouloir procéder de façon trop mathématique; mais le fait, bien établi par les statistiques, subsiste : les parents transmettent aux enfants l'aptitude et la non-aptitude à la longévité. Pour la descendance mâle, la chose serait prouvée; nous pouvons ici en donner de nouvelles preuves.

Débutons par quelques exemples historiques :

la famille d'Estrées, originaire de l'Artois, compta, de père en fils, dès la fin du xv* siècle, toute une série d'hommes de guerre aussi distingués par la longue durée de leur vie ' que par leurs états de service; quatre d'entre eux vécurent, à eux seuls, 344 ans :

D'Estrées (Jean), grand-maître de rartillerie, mort à 85 ans,

(1486-1571). D'Estrées (François), son pelit-fils, maréchal de France, mort

à 97 ans (1573-1670).

D'Estrées (Jean), fils du précédent, amiral de France, mort à

83 ans (1624-1707).

D'Estrées (Victor-Marie), petit-fils de François, atteignit encore

sa 79« année.

Même longévité chez les Puységur.

J. Puységur, lieutenant-général, vécut 82 ans (1600-1682). Son

fils, également lieutenant-général, 88 ans (1655-1743). Le

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