J. FiNOT {loc. cit.)y p
Enfin, la femme 1
morle en novembr
6 enfantg, en laissait Irois vivants qui s'apprêtaient
ft marclier sur ses traces : un fils de 93 ans, un
aulre de 90, et une Hlle de 85.
Dans les petites localités, dont les liabitants resCeDt fidèles toute leur vie à la terre qui les a vus naître, on suit mieux les rapports existant entre l'hérédité et la longévité. Le hameau de Gousl, dans les Pyrénées, à l'extrémité sud de la vallée d'Osseau, était encore, il y a 50 ans, un simple groupement de dix à douze maisons habitées chacune, depuis un temps immémorial, par les mêmes familles.
Cayet, attaché comme médecin à la personne de Catherine de Navarre, sœur de Henri IV, écrivait, en 1605, qu'il venait de mourir, à Goust, un vieillard né en 148i, et Agé de 1:^3 ans. Or, depuis lors, et jusqu'en 1848, sinon jusqu'aujourd'hui, non seulement il y aurait eu des centenaires à Goust, mais ils y auraient c'té la majorité. Presque tous les pËres voyaient leur troisième et même leur quatrième génération.
Ainsi donc, depuis des siècles, cette peuplade privilégiée, véritable clan d'Ecosse en ce coin des Pyrénées, vivant de mœurs patriarcales simples et douces, ne comptant parmi ses membres ni riches, ni pauvres, se perpétuait, remarquable par l'extrême longévité de ses membres. Dans l'impossibilité oiJ étaient les gens de Goust, tous parents, de se marier entre eux, tes filles seules quittaient la montagne pour aller chercher un mari dans la plaine- En
RÉSÉDITÉ ET LONGÉVITÉ 2(
revanche, les garçons ramenaient à Gousl les filli de la vallée. Ce double mouvement siirtisait à maii tenir, à un même niveau, le chilTre de lapopulatic de cette grande famille. Aussi, tous les sujets màl< traiismeltaient-ils â leurs enfants, de génération c génération, l'apanage anceslral nullement altéré pi la consanguinité, de l'aptitude à la longévité Exempte typique de l'influence de l'hérédité, surtoi paternelle, en pareille matière'.
Car il n'est pas toujours facile d'appuyer ceti influence sur des chiffres assez nombreux poi entraîner forcément la conviction. Toute plaisanter] hors de propos mise à part, les recherches étendut au sujet de la filiation paternelle sont parfois bie peu aisées. Les résultats donnés ci-après n'en cou servent pas moins toute leur valeur.
Parmi les personnages figurant dans nos divei relevés, il en existe en certain nombre dont le enfants méritèrent à leur tour que l'histoire conset vàt leur nom. Ces procréateurs illustres, à divei points de vue, ont été répartis par groupes, suivar leur durée de vie respective, et l'âge moyen atteir par leurs enfants, mis en regard de celui de leur auteurs.
H pères ayant vécu de 90 à 100 Les entanls o 56 — — de 80 à 90
« — — de 10 i 80
69 — de 60 à 10
« - moins de 60 ans.
Ainsi donc, plus l'âge atteint par les procréateui 1. Magasin pittoresque. Année 18i8, p. 158.
s'élève, plus la moyenne d'Age des enfants s'élèverait, et inversement. Des recherclies du même genre devraient être faites sur une grande échelle pour les père et mère. Elles ofTriraient peut-être, au sujet de la longévité probable des individus, des données autrement sérieuses et sûres, que celles fournies par les statistiques de longévité professionnelle. Au . moins les compléteraient-elles avantageusement.
On a dit également qu'il fallait tenir compte de l'Âge des parents au moment de la naissance de leurs enfants. D'après Joseph Korosi, démographe hongrois, qui aurait examiné 24.000 cas, les enfants nés de pères âgés de 25 à 40 ans, de mères âgées de 25 à :j5, auraient plus de résistance vitale. Au-dessus . de 40 ans pour l'homme, de 35 pour la femme, les enfanU mourraient ordinairement jeunes*. Dans l'ensemble, oui peut-être; mais là encore rien d'absolu.
Les 42 sujets de la statistique précédente qui ont dépassé leur 80° année auraient eu pour pères des hommes de 34 ans 6 en moyenne. D'autre part, 84 autres, qui ne sont point parvenus à tiO ans, auraient eu des procréateurs de 37 ans 8. L'écart, on en conviendra, serait peu considérable pour une différence de vie de 20 ans au moins, au profit des enfants; néanmoins, l'écart existe.
Vu le petit nombre d'unités considérées, ne tirons aucune conclusion ferme. On en conviendra toutefois; ceci nous montre avec quelle prudence il
i. 1. FiNOT ((00. Ci/.), p. 57.
faul appliquer les données de Korosi. Un homme, répétons-le, n'a pas Tâge de son état civil, au point de vue physiologique, mais seulement celui de ses artères, de ses organes. Expliquons-nous. Tel individu, mort plus tard entre 40 et 60 ans, pourra sembler vieilli à 40, surtout à 50 ans; en réalité, il Test fort probablement. Tel autre, futur longévité qui vivra son siècle ou peu s'en faut, ne sera nullement usé ni fatigué à 60 ans, même au delà. 11 pourra |.v donc procréer à cet âge des enfants capables de prétendre, eux aussi, à une durée de vie assez longue.
En examinant Tâge des 239 procréateurs dont il est question plus haut, nous avons obtenu des résultats qui sembleraient l'établir : pour 60 pères de 20 à 30 ans, la moyenne d'âge atteinte par les enfants est de 67 ans 7. 52 pères de 30 à 35 ans ont ru des enfants ayant vécu 65 ans 7.
47 pères de 35 à 40 ans auraient eu des enfants ayant vécu 64 ans 2 ;
*46 pères de 40 à 50 ans, des enfants ayant atteint 62 ans 7. Enfin, 25 pères de plus de 50 ans auraient eu des enfants, morts en moyenne à 63 ans 6.
Ainsi donc, de 25 à 50 ans, les pères engendreraient des enfants d'autant moins résistants qu'ils seraient eux-mêmes plus avancés en âge. Jusque-là, nous sommes d'accord avec Korosi. Mais au-dessus de 50 ans, l'âge des entants pourrait s'élever de. nouveau. Du moins, en aurait-il été ainsi pour 25 sujets, preuve que la règle doit comporter des exceptions nombreuses.
Vraiment, Texceplion se comprend d'elle-même si on examine ce qu^otit été, au point de vue de la longévité, ces vingt-cinq procréateurs exceptionnels. On trouve alors que leur moyenne d*âge .vécu a été de 74 ans 7. On compte parmi eux à leur décès :
5 nonagénaires, le financier Crozat,
mort à .
ans
— le maréchal d'Estrées
— de Kéralry
— de Lasteyrie
— le général VaUière
7 octogénaires, un des Gassini
— Ilallé. le peintre
— Herschel
— le maréchal Reilie
— un des Puységur
— le maréchal de Roquelaure . .
— le maréchal Souvré
Enfin, 8 sopluagénaires et 3 sexagénaires.
Deux seulement n'auraient pas alteint la vieillesse.
Voici donc une série de 25 pères quinquagénaires ou sexagénaires (il y a même un septuagénaire parftii eux, dont le fils vécut 69 ans, le maréchal de Roquelaure). Tous sont encore robustes et verts, lors de la naissance de leurs derniers enfants, étant donné l'âge auquel ils sont parvenus eux-mêmes plus tard. Comment s'étonner outre mesure, que ces mêmes enfants aient pu parvenir également à une moyenne d'àgH respectable, pour quelques-uns à une vieillesse avancée? 11 y aurait eu, parmi ceux-ci, sept septuagénaires et même trois octogénaires. En vérité, il est parfaitement logique qu'il en ait été ainsi.