J. FiNOT [loc. cit.), p
quand il voulait se rengager, en 1856, à l'â^e .30 ans*, devait être assez bien conservé, pour cher è. en imposer à ce point, à la commission recrutement. A moins qu'il ne fût lui aussi, me d'autres centenaires trop âgfs, mais restés jeunes à leur âge, que son propre père, sinon son propre aïeul ! Le fait a dû se rencontrer, ens s'étant ainsi substitués à leurs aticendants. est surprenant, en effet, de le constater : de nos i, alors que le nombre deslongévites encore très les se trouverait être partout en sérieuse voie gmentation, on n'entend plus parler de centeis ayant dépassé 115, 120 et 125 ans, au grand imum. Or, quand les registres de l'état civil int moins bien tenus, ou moins bien surveillés ù ils existaient), était-il donc si difficile, pour sngévite resté seul de son temps, de s'attribuer, )ut hors de chez lui, un âge supérieur à son véritable? Ne pouvait-il d'ailleurs faire état, ■ son compte personnel, d'un état civil, de iments, de souvenirs transmis par ses parents ■ands-parenls, souvent longévités eux-mêmes ? donc aurait pu le contredire ?
;ut-ètre trouverait-on là l'explication, non seuint de la rareté, mais de la disparition complète, tx" siècle, des centenaires-phénomènes, qui lent vécu, comme" ceux de Jadis, plusieurs siè-
mais dont on ne retrouve jamais, de nos >, le moindre spécimen, sans doute parce qu'il existe pas, qu'il n'en a jamais existé.
■, FiNOT (foc. cil.), p. 40.
Rien n'est de se croire, ou de se dire toujours ^eiine; mieux vaut le prouver. Parmi ceux qui le prouvèrent de façon évidente, Iqs centenaires qui ne crsiignirent point d'affronter l'épreuve matrimoniale marchent en première ligne.
Attila a 124 ans lorsqu'il meurt d'un coup de sang, suite d'une indigestion, le soir de ses noces. L.e Chilien Juan A. Caledon se remarie, en 1855, avec une demoiselle de 98 ans ; il est vrai qu'il en a Im-même 120. J. Week suit son exemple à 106 ans ; n'a-t-il point fait, cependant, du mariage toutes les expériences : il a été marié neuf fois î Robert Tylor, mort en 1898, à 134 ans, après avoir été receveur des postes, sous plusieurs rois d'Angleterre, s'était marié à 108 ans (J. Finot). Le Danois Drakemberg, mort à 156 ans, aurait épousé une femme de 60 ans, à 111 ans. Demeuré veuf, ne voulut-il pas convoler à nouveau, à 150 ans, avec une toute gente demoiselle? Mittelsted, veuf à plus de 100 ans, ne peut supporter le veuvage ; il s'en console, à 110 ans, avec une nouvelle épouse. Raglan, ou Roglan, Américain qui vivait encore en 1716, et mourut à 114 ans, avait eu trois felnmes. La dernière n'avait que 30 ans, à sa mort. Elle regretta beaucoup un mari qui lui donnait toute satisfaction. Enfin, Thomas Pern,déjà nommé^ s'il fut un des centenaires anglais les plus remarquables du royaume, n'en fut pas le plus vertueux. A 102 ans, il se faisait remarquer par son existence peu régulière, au point qu'il fut poursuivi devant les tribunaux pour tentative de viol !
Après les époux, les pères.
80 ans, ne semblait pa3 en avoir 60, attribuent le fait à leur abstinence complète de viande. D'autres, en revanche, se vantent d'avoir toujours conservé un régime carné et substantiel, sinon plantureux, sans oublier de demander au jus de la treille, comme le disait à Louis XIV Philippe d'Herbelot, mort à 115 ans, le réconfort et le ragaillardissement.
Preuve que le bon vin, en « réjouissant le cœur de l'homme », ne refuserait pas son ministère à quiconque sait en faire un sage et honnête usage. Passe encore pour le « divin nectar » si souvent baptisé « le lait des vieillards » va-t-on dire, mais l'eau-de-vie? La vérité nous oblige à reconnaître que si l'alcool a abrégé bien des existences, il n'a pas toujours empêché ses fidèles de doubler, très largement, le cap de la longévité.
Le centenaire hongrois qu'on vit plus haut s'en aller à pied à l'hôpital de Bikar, n'avait jamais bu de vin, mais il aurait affiché pour le « schnaps » une grande vénération. Les deux verres d'eau-de-vie que Johanna Obst boit chaque jour, depuis sa jeunesse, elle en continuera l'usage jusqu'à 115 ans. Politiman, chirurgien lorrain, se grisera également jusqu'à sa 115* année. (J. Finot.) N'en a-t-il pas pris l'habitude, depuis près d'un siècle ? Le Danois Drakemberg était ivre sans doute, lorsqu'il voulait, à 150 ans, se remarier avec une toute jeune fille. Depuis plus de 130 ans, se griser était son occupation favorite. M™® Durand, qui fêtait en 1864 le centenaire 'de son mariage avait, elle aussi, un faible pour l'eau-de-vie de marc qui l'aurait conduite, à l'entendre, jusqu'à sa i35* année. (J. Finot.)
On a fait à d'autres excitants, le thé, le café, à l'opium^ et à ses dérivés, une guerre acharnée et souvent injuste, au moins pour le thé et le café. L'abus du café a tué Balzac, dit-on (ce qui est inexact -d'ailleurs). Oui, mais il n'a point empêché Fontenelle de mourir centenaire. Voltaire, octogénaire, en buvait douze tasses par jour ; Kant» mort à 80 ans, et Schopenhauer, à 72, en prenaient autant.
Admettons donc, devant les faits, que si le vin, l'eau-de-vie, le café, etc., ne sauraient en rien prétendre au titre d'élixirs de longue vie, leur usage ne serait point toujours incompatible avec une longue durée d'existence.
Cette constatation devrait amener les intransigeants à plus de réserve dans leurs excommunications majeures.
N'est-il point établi, pour le vin par exemple, que dans les pays de vignobles, où Ton boit le vin naturel, où on en boit largement, les longévités, même les centenaires, ne sont pas plus rares qu'ailleurs, tant s'en faut ? L'exemple rapporté par le D' Isou, est, sous ce rapport, absolument typique.. Il ne constitue nullement une exception.
Dans le canton de Marcillac, petit centre de l'Aveyron, tout le monde vit de la vigne. Les habitants ne boivent que du vin, leur vin, celui qu'ils fabriquent eux-mêmes. Ce vin rouge, un peu aigrelet, marque de 8 à 9 degrés; il s'en boit partout, au cabaret comme à la maison. Les bonnes gens du
i. On dit que les Chinois ne vivraient pas vieux, surtout depuis deux ou trois cents ans, parce que tous fument plus ou moins l'opium.
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pays ne craignent pas d'en a'bsorber jusqu'à quatre ou cinq litres par jour. Or, cela représente en alcool de vin, naturel comme le produit lui-même, 400 à 500 grammes ! Malgré ce culte fervent pour le bon vin il n'y aurait, à Marcillac, ni malades, ni déments, et on j/ vivrait très vieux.
Le D' Isou Ta constaté, notamment, de 1891 à 1905. Cette dernière année, sur 157 décès, 111 se sont produits au-dessus de 65 ans, dont 73 entre 70 et 95. En fixant à 10, ce qui doit être un minimum, le chiffre des personnes décédées, de 60 à 65 ans, il y aurait eu, en 1905, à Marcillac, 121 individus au moins sur 157, qui seraient parvenus à la vieillesse, soit 770 sur 1.000.
Or, d'après les tableaux de survie à chaque âge, ce chiffre serait, pour toute la France, de 330. Un tiers seulement des nouveau-nés aurait chance d'atteindre sa soixantième année. A Marcillac, il semblerait donc, que Bacchus aidant, deux habitants sur trois aient ce privilège.
Allons-nous en conclure que nous devrions suivre l'exemple des rudes gars aveyronnais, qui trouvent d'ailleurs d'assez nombreux imitateurs en Bourgogne et dans nos pays de Gascogne? L'expérience réussit assez peu aux ouvriers des grandes villes, qui n'ont à leur disposition, ni les produits salubres de nos régions viticoles, ni le tempérament et la césistance voulus pour supporter l'usage immodéré du vin.
Contentons-nous d'attirer sur les avantages indéniables du vin naturel, comme facteur de santé, et par conséquent de longévité, l'attention du législa^
contraire, Forget, Knapp admettaient qu'il répond à un besoin véritable, et Michel Lévy avait une opinion mixte. Maintenant, l'accord parait unanime ; le tabac, par ses effets sur le cœur et sur le système nerveux, par son influence sur la production de Tathérome et de la dégénérescence des artères, serait nuisible à tous. Il serait contraire surtout aux vieillards; il deviendrait particulièrement dangereux, pour eux, dans Textrème vieillesse.
Soit; mais le tabac a-t-il beaucoup de décès précoces à son actif; n'a-t-il point souvent revendiqué, par contre, d'extraordinaires longévités? George Sand avait un tel besoin de fumer en travaillant, que, d'après Théodore de Banville, privée de tabac, elle cessait d'être intelligente. G. Sand n'en est pas moins morte à un âge respectable : 72 ans. Corot travailla la pipe à la bouche jusqu'à la dernière heure de sa longue vie d'octogénaire laborieux. Sully Pradhomme avait une pipe de merisier qui qui ne quittait ses lèvres que pour être bourrée; il meurt à 68 ans. Le doux Goppée, mort à 66 ans, avait, comme J. Lemaître, Richepin, Paul Hervieu, etc., un goût prononcé pour la cigarette; il en fumait sans interruption. Certes, les disparus, parmi eux, ne furent pas des longévités ; peut-être eussentils pu prétendre à une vie autrement longue, sans leur passion trop prononcée pour l'herbe à Jean Nicot. Toutefois, rien n'autorise à l'affirmer.
Si, de ce côté, nous sommes peu fixés, que dire de nos vieux marins, de nos vieux campagnards, et surtout que penser de nos invalides? En vit-on beaucoup, parmi tant de longévités, renoncer à la
chère habitude, beaucoup avant de partir, à Page le plus avancé, pour le grand et ultime voyage?
Demandez-le leur; combien vont vous dire qu'ils feront la nique à la « Camargue » tout le temps qu'ils pourront fumer. Théoriquement et scientifiquement dans leur tort peut-être, les faits leur donneraient souvent raison; pour eux, le tabac « conserve ». Ainsi pensait une émule de ce fameux fumeur, cité par E. Pfliiger, et décédé à 107 ans*. Miss Noy. Cette vieille Anglaise fêtait, en 1909, sa 107® année. Grâce à quoi? A sa pipe, disait-elle, à la pipe vénérable qu'elle fumait plusieurs fois par jour, depuis Tâge de 12 ans! On Teût bien étonnée, en lui apprenant que Gladstone attribuait sa verte longévité au soin qu'il prenait de bien mâcher ses aliments, Bismarck au bain froid dans lequel il se plongeait chaque jour, Tennyson à sa bonne humeur, de Moltke, de Lesseps à leur amour de la promenade et de l'exercice, etc.
Exceptions, va-t-on-dire, exceptions! Oui, mais exceptions qui, tout en confirmant la règle, n'en ouvrent pas moins des horizons singuliers sur toutes les prétendues causes favorisant l'aptitude ou la nonaptitude à la longévité.
Encore une exception bizarre assurément. Il est convenu partout et pour tous, que l'exercice physique modéré, mais continué le plus tard possible, serait un des facteurs de santé et de longue vie les plijs reconnus. Or, en 1908, un journal anglais publiait
i. J. FiNOT [loc, cit.), p. 68.
la singulière lettre d'un centenaire, qui disait n'avoir jamais pris, durant sa vie, aucun exercice, n'avoir, depuis de très longues années, jamais marché plus de dix minutes de suite en plein air. Chaque jour il se couchait à sept heures du soir, pour se lever le lendemain à midi. A deux heures, il s'étendait sur une chaise longue, lisait jusqu'à quatre heures, puis vnquait à ses occupations jusqu'à six, sans se fatiguer. Après son repas, uniformément composé de deux œufs et d'un litre de lait, ce maniaque recommençait à dormir, poursuivant toujours de la même façon son existence de « végétal ». Le plus fort est qu'il prétendait faire école * !
Nous n'en aurions point paflé, ne pouvant nous porter garant de l'authenticité absolue de faits de ce genre 2, s'ils ne tendaient, comme les similaires,. exagérés ou non, à prouver ceci : tous les moyens, tous les régimes peuvent être bons pour atteindre la longévité, et même pour vivre centenaire, quand ils réussissent ; uniquement parce qu'il n'en existe aucun sur lequel on puisse compter à l'avance pour obtenir ce résultat.
1. Il aurait eu d'ailleurs des prédécesseurs. Les deux sœurs de Brillât-Savarin, mortes, Tune à 99 ans, l'autre à plus de 98^ passaient au lit, et de façon continue, près de 10 mois chaque année. Elles ne se levaient que pendant les mois de vacances^ quand leur frère venait habiter avec elles, à la campagne.
2. Un médecin, mort en 1893, à 107 ans, n'a-t-il pas prétendu avoir dépassé son siècle, grâce au repos parfait de ses. nuits? Ce repos, il l'aurait obtenu en plaçant son lit dans la direction nord-sud, c'est-à-dire dans le sens des grands courants magnétiques du globe... Efficace ou non, le moyen esta la portée de tous.
tendre, l'immense majorité d'entre nous ne peut se flatter de l'atteindre sans le secours de l'hygiène. Celle-ci se montre partout, et toujours, le facteur le plus important de l'aptitude à la longévité, aussi bien chez l'individu considéré isolément, que dans toute collectivité.
Sans doute, l'hérédité est aussi toute-puissante*. Mais, suffit-il à quelqu'un d'avoir eu des longévités dans son ascendance, pour posséder des chances sérieuses de parvenir également à un âge avancé? Les faits de chaque -jour démontrent le contraire. Qui peut, en effet, se vanter qu'une immense fortune, héritage familial, le mettra, toute sa vie, à l'abri de la misère? Celui qui gère avec ordre et économie un maigre patrimoine n'est-il pas mieux assuré, contre les vicissitudes du sort, que le prodigue qui dilapide sans compter un opulent avoir? Il en est absolument de même d'une santé, d'une robustesse acquises par voie ancestrale ; il faut savoir les conserver intactes. D'autant plus que ceux-là sont souvent les plus portés à abuser de leurs richesses, sous tous rapports, qui en ont reçu davantage.
C'est donc grâce à l'hygiène que l'homme, eût-il en mains le plus d'atouts héréditaires, peut vraiment escompter la victoire, espérer vivre sa vie entièYe ou presque entière. Par l'hygiène indivi-
questions, sur le secret de leur longévité. Il y eut environ cinquante réponses. Elles nous renseignent fort médiocrement. Toutes peuvent se résumer ainsi : modération en toutes choses, et le moins de soucis possible.