V. chapitre XVII
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duellej il assurera sa propre existence contre les diverses influences morbides susceptibles de venir en abréger le cours. Par elle encore, il transmettra à sa descendance l'aptitude possible à la vie longue, autant qu'à la verte vieillesse.
Par l'hygiène publique^ au contraire, peut-être travaillerons-nous moins pour nous-mêmes, plus pour la collectivité. Qu'importe? Si l'être isolé bénéficie d'une façon moins appréciable, moins tangible, du mieux-être qu'il a su créer pour tous, la race entière n'en retire pas moins, aux yeux des plus prévenus, d'indéniables avantages ; c'est le principal.
Un coup d'œil sur les pages qui précèdent nous le montre à toutes les époques. Le souci des choses de l'hygiène publique coïncida toujours avec une santé meilleure, et des indices non équivoques d'une longévité réelle, chez les représentants des nations ainsi protégées. Chose facile à comprendre, puisque la protection de la santé n'est autre chose que la protection de la vie elle-même. Custodit vitam, qui custodit sanitatem. (Salerne.)
A l'aurore de l'humanité, du jour où les hommes sentirent le besoin de s'unir, de se grouper, de vivre les uns auprès des autres, de s'arracher à la vie sauvage qu'ils menaient jusqu'alors au fond des forêts, l'hygiène publique fît son apparition.
Fruste assurément, peu compliquée, puisqu'elle ne cherchait qu'à préserver les vivants des émanations cadavériques déjà reconnues comme étant de nature funeste à la santé. Car c'est à des préoccupations d'un autre ordre qu'obéissaient nos premiers
icëtres, lorsqu'ils creusaient dans ie sol leurs imeures, ou qu'ils construisaient sur pilotis, au ilieu des lacs, dans un but de sécurité, les buttes imitives de la cité lacustre*.
Après avoir simplement recouvert de branchages 9 cadavres des siens, l'homme dut penser de suite les déposer dans des grottes funéraires. Celle de omagnon, pendant la période glaciaire^, plus tard, i lumuli, les dolmens, les menhirs bretons, tes omiechs Scandinaves nous offrent, de ces premiers mbeaux, de nombreux spécimens* Plus tard encore, à l'âge de bronze, puis à l'Âge fer, vint l'incinération, qui permettait de confier K urnes les cendres des êtres chers, A une époque oii la durée de la vie humaine était, ivant toute apparence, si courte', ce furent là itiles mesures d'hygiène publique, qui durent idre, jusqu'à un certain point, à la prolonger. Les premiers Égyptiens, les Perses, beaucoup plus d, créent de nouveaux procédés pour conserver ; corps. Ils ont l'embaumement h l'usage des Liverains, des grands; l'inhumation pour la multi- ]e; parfois l'exposition, usitée chez tes Parsis de ude et les sectateurs deZoroastre. C'est alors aux leaux du ciel qu'ils laissent le soin de faire disraitre la chair des cadavres exposés. Seul, le jelette, sans danger pour les vivants, sera conservé duit de cire.
Dans ces civilisations déjà raffinées, la protection
. V. U. Delal'naï. L Hygiène publique à Iravera leadges. .. V. chapitre 111.
, V. chapitre lil.
HÏCIÈNE ET LONGÉVITÉ '-5Ô
des vivants contre les émanations cadavériques ne pouvait suffire. Aussi, toutes les causes susceptibles de polluer l'air, d'engendrer des miasmes morbigènes, l'adduction d'eau pure dans les agglomérations, reliennent«elles l'attention des gouvernants. Les villes d'Egypte, comme Ninive et Babylone, possèdent, au dire des assyriologues, un immense réseau d'égouts, communiquant avec les maisons particulières (Layard). Les Hébreux ne le céderont en rien aux peuples qui les entourent. Les citernes, les réservoirs de Jérusalem, les puits creusés sur la route des caravanes en font foi. En témoigne également l'ensemble des précautions minutieuses édictées par le législateur, pour réglementer la salubrité publique, et protéger une race qui en aurait eu d'ailleurs si grand besoin *,
Chez les Grecs, puis chez les Romains, le progrès ne fera que s'accentuer. N'est-il point prouvé, aujourd'hui, que les Grecs excellaient à distribuer l'eau au moyen de conduites de poterie, de plomb, de multiples canalisations souterraines? Hérodote en cite une, entre autres, de plus de 1.300 mètres d'étendue. A Rome, c'est à 1. 200. 000 mètres cubes par 34 heures, qu'on peut lîxerle débit journalier des aqueducs chargés d'apporter à la grande ville l'eau dont elle a besoin, pour ses thermes, ses fontaines, ses viviers, ses réservoirs(BECHM*NN), Il y est interdit de déposer des ordures dans la rue et sur la place publique. On y fait la vidange la nuit, au moyen
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de voitures dont le contenu va se déverser dans la Cloaca maximay ce grand collecteur de la Rome antique, construite parTarquin TAncien. Des vestiges retrouvés à Pompéi indiquent l'existence certaine de cabinets d'aisances dans des habitations et sur la voie publique, où, chacun le sait, l'empereur Vespasien leur avait donné son nom. Si Ton songe qu'il fallut en arriver, en France, à menacer de prison et d'amende les récalcitrants, pour obtenir, à grand'peine, en 1533, l'installation de lieux d'aisances dans toutes les maisons de Paris, on ne saurait nier que les Anciens n'aient été sur nous en avance considérable, sous ce rapport comme sur tant d'autres.
Le souci de tous les peuples de l'antiquité pour ce qui touche à l'alimentation, à l'hygiène corporelle, n'est pas moins di«ne de remarque. Moïse, à l'exemple des autres fondateurs de religions orien-. taies, excelle surtout à faire des lois religieuses autant de prescriptions hygiéniques*. La défense de manger du porc ou d'autres animaux, tels que certains poissons, de consommer la viande de bêtes insuffisamment saignées, la proscription des unions consanguines, la circoncision, les ablutions, la désinfection des locaux contaminés par les lépreux visaient, avant tout, la conservation de la santé; aucun doute n'est possible à cet égard.
Obéissaient à un même souci, les Spartiates éliminant à la naissance, d'après la loi de Lycurgue, les débiles ou les mal constitués, dont la reproduc-