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diennes ; d'avoir fait mouvoir, parler, chanter, glapir, rouler dans un cadre immense tout un monde disparu ou prêt à disparaître de gardes nationaux , de conducteurs de diligences, de grisettes, de bureaucrates et de cabotins; il ne suffit pas de tous ces titres et de bi^n d'autres pour avoir le droit de s'asseoir sous la coupole glorieuse à côté de M. Ernest Legouvé.
Ce qu'on ne connaît pas d'Henri Monnier vaut peut-être mieux encore que ce que l'on en connaît ; ce qu'il raconte est souvent supérieur à ce qu'il exprime. Ainsi : La Diligence de Lyon, La Pierreuse, M. Prudhomme à Cythère, Les Officiers. Mais où s'en iront après lui ces inimitables récits? quelle mémoire les recueillera ? quelle presse clandestine de Hollande en sèmera la tradition par le monde ? Hélas ! il en sera d'Henri Monnier comme de Musson ; vous ou moi, nous serons là pour dire : — Je l'ai vu, je l'ai entendu ; j'ai vu ce masque empreint, comme par une ironie étrange, d'une ressemblance napoléonienne; j'ai entendu cette voix qui semblait sortir du ventre chamarré d'un polichinelle emphatique ; j'ai souri, j'ai ri à gorge déployée, j'ai frémi à ces onomatopées, à ces gestes, à ces regards, à ces mots que rien ne rappelle et qui ne ressemblaient à rien. Voilà ce que nous dirons , vous ou moi , à une génération incrédule. Mais après vous ? mais après moi ?
MÉNÉTRIER (Charles) — Il est des bibliophiles intelligents et des bibliophiles stupides ; il en est qui ne savent