ALAUX (J. E
Dans sa Raison, Essai sur F avenir de la philosophie (in- 12), M. Alaux nous déclare que la philosophie est encore à naître, et qu'elle viendra seulement au jour par l'accord ou plutôt par la fusion de la philosophie et de la religion. Si c'est cette fusion chimérique que M. Alaux baptise du nom de Religion progressive..., nous doutons énormément que cette doctrine nouvelle rassemble plus
d'adhérents que la Philosophie de Victor Cousin n'en a maintenant.
ANDRIEU (Jules).
M. Jules Andrieu est célèbre au quartier latin comme philosophe et comme adepte fervent du roi Cambrinus. Il ne parle volontiers philosophie que devant une table abondamment garnie de bocks; alors, par exemple, il s'en donne, oh! mais il s'en donne!
Toutefois, M. Andrieu ne se borne pas à parler; il écrit, et assez joliment encore. Il a fourni à l'École mutuelle un bon ouvrage élémentaire intitulé : Philoso phie et morale.
M. Andrieu peut avoir quarante-cinq ans environ; il est borgne, légèrement replet (comme Cambrinus, son dieu), et a des allures pleines de franchise et d'entrain.
C'est un brillant causeur, auquel les questions philosophiques sont très-familières; ajoutez à cela qu'il est bibliophile enragé.
ARBOUSSE-BASTIDE.
Le Christianisme et l'esprit moderne (i vol. in-i8).
Le titre de cet ouvrage en indique suffisamment le contenu ; l'auteur paraît appartenir à la race des catholiques libéraux.
Catholicisme, libéralisme , deux mots qui vont à peu près ensemble comme inquisition et liberté de conscience.
Est-il possible qu'après le Syllabus, après les déclarations réitérées du pape, après les mandements des Pie, Plantier, Dupanloup et Veuillot, on puisse encore chercher à accoupler ensemble le christianisme et l'esprit moderne?
Venons-en maintenant à la philosophie de M. Arbousse. Ce monsieur prétend que « l'homme n'est à l'aise que dans l'infmi. » Page 210.
Mais, monsieur Arbousse, monsieur Bastide, monsieur Bastide-Arbousse , monsieur Arbousse - Bastide , savez-vous bien ce que c'est que l'infmi ?
Et quand vous le sauriez, qui vous dit que l'homme est à l'aise dans l'infini ?
Auriez-vous été y voir, par hasard?
Je ne doute pas que plus tard vous ne soyiez personnellement très à l'aise dans l'infini, mais il me semble qu'en attendant, puisque aise il y a, vous en prenez pas mal avec vos lecteurs.