‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 3 sur 40 · ARISTIDE (P.-L · texte numérisé non relu

ARISTIDE (P.-L

Auteur de la Superstition chrétienne, étude critique et exégétique, précédée d'une dédicace à Mgr Dupanloup (Bruxelles, 1862, in- 18).

Cet ouvrage, qui, malgré son titre tapageur, est assez modéré, se divise en cinq parties.

Dans la première, P. L. Aristide examine les principes de morale de Jésus-Christ, notre doux Sauveur; dans la seconde, les faits principaux racontés en son

honneur Q'aits est poli) par les évangélistes; dans la troisième, il compare la morale de Jésus avec celle de saint Paul; dans la quatrième partie, il recherche les causes de la propagation du christianisme; enfin, dans la cinquième, il se livre à l'examen critique et analytique de la pensée du christianisme sur le progrès, développée par le R. P. Félix.

On sent que P. L. Aristide doit être un homme affable, et que, s'il se laissait jamais aller à casser des assiettes sur la tête de quelques prêtres, il s'empresserait de leur en offrir aussitôt les morceaux avec ses excuses. A propos, P. L. Aristide ne se nommerait-il pas de son vrai nom P. L. Baudon?

ARNAUD (Angélique).

Cette dame, qui répond au doux nom d'Angélique, approche peut-être de la quarantaine, mais elle ne porte pas cet âge, tant s'en faut. Sans avoir aucune vaine prétention, sans se poser en bas-bleu, elle s'est acquis dans le monde philosophique une petite réputation parfaitement méritée.

M""^ Arnaud discute avec une grâce exquise et un charme étonnant les questions métaphysiques les plus arides. Combien de fois, chez M. L. Auguste Martin, ne l'avons-nous pas entendue, ne l'avons-nous pas vue tenir tête à de nombreux contradicteurs 1

M"*= Arnaud écrit aussi bien qu'elle parle. Elle a autrefois collaboré à la Revue philosophique et religieuse.

ASSELINE (Louis).

En 1866, M. L. Asseline fit sur Diderot une conférence qui eut beaucoup de succès et de retentissement.

Dans le Paris de M. Veuillot, de Napoléon III et de Thérésa, M. Asseline osa célébrer publiquement le génie de Diderot et glorifier ses doctrines.

Cette conférence était plus qu'une affirmation rationaliste : c'était un acte de courage.

M. Asseline a été un des principaux fondateurs et rédacteurs du journal la Pensée nouvelle, organe de la philosophie matérialiste. Si ce journal vécut plus longtemps que ne vivent généralement les journaux de ce genre, il dut son succès d'abord à la valeur intrinsèque des idées qu'il défendait, ensuite au talent de ses rédacteurs, MM. Asseline, Letourneau, Coudereau, André Lefèvre, Albert Regnard, A. S. Miron, etc.. Quand la Pensée nouvelle mourut, on rapporte que M. Veuillot, ivre de joie, tira un splendide feu d'artifice dans les bureaux de l'Univers, tandis que ses rédacteurs entonnaient en chœur V Alléluia.

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