LITTRÉ (E
Pour parler convenablement de M. Littré et apprécier son œuvre immense comme elle le mérite, il nous faudrait entrer dans des explications que la nature de ce petit livre ne nous permet point d'aborder... Le plus sage est donc de nous abstenir. M. Littré est d'ailleurs une de ces personnalités sur lesquelles tout a été dit, en bien ou en mal.
LUCAS (Félix).
M. Lucas est un ingénieur des ponts et chaussées qui un beau jour quitta ses travaux pour venir intenter le Procès du matérialisme {i vol in-12; Didier). Pendant ce temps-là, ses ponts s'écroulaient et ses chaussées se dépavaient ; mais qu'importaient ces accidents à M. Lucas : le procès du matérialisme avant tout.
M. l'ingénieur, du reste, n'est pas bien féroce : il admet la génération spontanée et croit presque à la filiation simienne de l'homme ; il va même jusqu'à féliciter ses adversaires d'avoir éclairci l'obscur problème de l'âme humaine. Toutefois, il se rattrape à la fin, dans
les chapitres : Ëchec du matérialisme et Droits des spiritualistes. Selon lui, le trait caractéristique de l'âme humaine est la faculté d'abstraction, faculté qu'il refuse (bien à tort, selon nous) à l'animal.
Il prétend encore que le sensorium de l'âme humaine n'a point de dimensions, et que cette âme est par conséquent immatérielle.
Nous serions curieux de savoir de quelle façon s'y est pris l'éminent ingénieur pour constater l'absence de dimension du sensorium. — Constater l'état du sensorium me paraît cependant un peu plus difficile que de constater l'état des ponts et chaussées, . . Enfin, passons. . . Somme toute, M. Lucas n'a pas gagné son procès.