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Collaborateur du Rationaliste (de Genève).
MARGERIE (A. de).
Professeur de philosophie à la Faculté des lettres de Nancy.
Depuis une dizaine d'années, aux examens du bacca-
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lauréat , il pose invariablement aux candidats cette question : Donnez-moi les preuves de l'existence de Dieu ! Et les candidats^ qui ont eu soin d'apprendre par cœur les principaux passages de sa Théodicée, attrapent assez facilement des boules blanches: aussi passe-t-il à Nancy et autres lieux circonvoisins pour une des plus fortes têtes philosophiques de France... Bons jeunes gens!
MARTHA (Constant).
Joli nom qui rappelle la musique de M. de Flotow et la délicieuse voix de M"= Nilsson... On comprend qu'avec un nom aussi heureux accompagné d'un réel talent, M. Martha ait acquis en peu de temps une certaine réputation dans le monde des lettres et soit devenu un des virtuoses de la Sorbonne.
Chose extraordinaire! En pleine chaire, M. Martha a eu le courage de chanter les louanges de Lucrèce et de célébrer, en lui rendant sa véritable signification, la doctrine d'Épicure. Si vous ne voulez pas me croire, ouvrez le Poème de Lucrèce (1869, i vol. in-8.)
Assurément peu de professeurs universitaires auraient osé écrire la phrase suivante : « La science moderne n'a fait de progrès que pour être devenue épicurienne, pour avoir cru à des lois invariables. Le bon sens public est devenu épicurien puisqu'il n'a plus peur de la nature. Ce que nous appelons instruire le peuple, c'est l'élever, en physique, à la lumière de l'épicurisme... Tous, tant due nous sommes, vous et moi, que nous le sachions.
que nous le voulions oui ou non, nous portons en nous, non pas le système, mais l'esprit de la doctrine. »
Jeunes gens studieux, allez au cours de M. Martha ; vous y passerez toujours des heures instructives, et dans vos moments de loisir lisez ses Moralistes sous l'empire romain.