SULLY-PRUDHOMME
Sully tout court ferait meilleur effet Enfin, va pour
Prudhomme, puisque ainsi le veut son acte de naissance.
Il a traduit en fort beaux vers le premier livre de la
Nature des choses de Lucrèce (Lemerre, 1868, in- 18). Sa traduction est précédée d'une longue préface qui, au dire de juges très-compétents , tels que MM. Pillon et Renouvier, est un des bons morceaux de philosophie parus en 1868. M. Prudhomme y discute avec beaucoup de pénétration les notions de masse, d'atome, d'affinité.
TAINE (Hippolyte).
Comme M. Littré, M. Taine est un de ces hommes qu'on ne peut juger en quelques pages Voyez l'excellente étude que M. Benjamin Gastineau a publiée en 1867 sur M. Taine, sa vie, son œuvre philosophique et littéraire ; voyez encore une étude de M. Vapereau sur Les Philosophes français au XIX" siècle (^Revue de l'instruction publique du 5 février 1857).
TAPARELLI D'AZEGLIO (Le R. P.).
Ce révérend Père appartient à l'ordre des jésuites, ce qui ne nous empêche nullement , d'ailleurs, de lui accorder une place dans cette galerie.
Son supérieur lui ayant ordonné de faire de la philo-
Sophie, le R. Père se mit à l'œuvre sans sourciller, sans récriminer, comme le lui prescrivait son vœu d'obéissance, et avec l'aide de Dieu, du Saint-Esprit, de la Vierge-Marie et de saint Ignace, il transforma rapidement sa bouteille d'encre en un Essai théorique du droit naturel basé sur les faits (i vol. in-8°). Bien qu'écrit dans un intérêt d'orthodoxie religieuse, cet ouvrage ne manque pas d'un certain cachet philosophique.
Son objet est principalement de déterminer les conditions normales de l'organisation politique et du développement moral des sociétés.
Le Révérend Père, qui veut tout simplement ramener la science du droit aux principes fondamentaux de la morale, commence par repousser la morale idéaliste, la morale de la raison pure, la morale sensualiste ; bref, toutes les morales, celle des jésuites exceptée, à laquelle il donne le nom de morale de l'homme.
Le Révérend Père examine ensuite successivement une multitude de choses : L'action individuelle ou l'acte humain considéré dans l'individu. — L'acte social ou la société. — Les lois de la formation des sociétés naturelles.— Les lois régulatrices d'une société déjà formée. — Le principe des lois politiques. — Les principes du droit international, etc., etc
Ce simple énoncé n'est-il pas alléchant? Viendra-t-on dire encore que l'enseignement philosophique est nui chez les jésuites?... Sachez bien, messieurs les libres penseurs , que l'enseignement philosophique que l'on reçoit chez les jésuites vaut au moins celui que l'on
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reçoit dans les lycées et à la Sorbonne. Pour notre part, nous connaissons bien des philosophes de la Compagnie de Jésus qui, à l'occasion, ne craindraient nullement de se mesurer avec les plus fortes têtes universitaires, voire même avec M. Caro.
TAULE (Le docteur F.).
M. Taule a fourni des articles plus ou moins philosophiques à quelques petits journaux du quartier latin, ce qui sous le second empire attirait fréquemment certains désagréments.
M. Taule en sait long à ce sujet A la suite d'un
article qu'il avait publié dans le journal le Travail (en 1863, croyons-nous), il fut arrêté au saut du lit et coffré pendant plusieurs mois à Sainte-Pélagie.
Depuis, M. Taule paraît avoir renoncé à la polémique militante. — Il s'occupe spécialement d'histologie ; son ouvrage sur la Nature et les propriétés de la matière organisée est un excellent résumé des doctrines de M. Robin, son maître.