‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 36 sur 40 · VÉRA (A · texte numérisé non relu

VÉRA (A

C'est au bord du golfe de Naples, sous ce ciel pur, devant un auditoire de mangeurs de macaroni, que M. Véra professe maintenant la philosophie. Grand admirateur d'Hegel, il a traduit en français (sa langue originelle, d'ailleurs) ses principaux ouvrages : La Philosophie de la nature (3 vol. in-8°); — La Philosophie de l'esprit; — La Logique (2 vol. in-8°).

VERLET (Henri).

Fondateur et rédacteur en chef du journal La Libre Pensée, feuille qui ne doit pas être confondue avec la première de ce nom, fondée quelques années auparavant par MM. A. Regnard, Asseline, Coudereau, Letourneau.

Le journal de M. Verlet eut pendant quelque temps un certain succès, grâce peut-être aux articles épileptiques du citoyen rédacteur en chef.

En somme, malgré les accès de rage anticléricale de la plupart de ses collaborateurs , ce journal n'était pas sans mérite : on y rencontrait parfois de bons articles signés : Casimir Bouis, Albert Regnard. Une place spéciale y était réservée à tous les enterrements civils de la semaine, et à cette époque ils étaient nombreux.

Les citoyens rédacteurs prodiguaient même tant d'éloges Taprès tout, ils n'avaient pas tort) aux gens qui se faisaient enterrer sans subir les approches du goupillon, qu'on aurait pu croire qu'ils souhaitaient de mourir euxmêmes pour le seul plaisir de se faire enterrer de la sorte.

M. Verlet avait un tic qui consistait à décerner l'épithète de libéroufles aux libres penseurs qui différaient d'avis avec lui sur la façon de combattre le clergé.

A notre connaissance , en dehors de ses articles de journaux, M. Verlet n'a jamais publié qu'une petite brochure intitulée : L'Athéisme et l'Être suprême (chez Vernouillet, libraire, rue de la Vieille-Estrapade), dans laquelle il prenait la liberté de dire de dures vérités à Dieu et à Robespierre.

VERLIÈRE (Alfred).

M. Verlière a eu son petit moment de célébrité au quartier latin, où il a collaboré à une quantité de petits journaux : à la Libre Pensée, au Rationaliste, etc. . Quand l'évêque d'Orléans fit paraître sa brochure intitulée : Athéisme et péril social, M. Verlière lui répliqua vertement par une autre brochure qu'il intitula : Déisme et péril social..., ce qui lui valut d'abord la malédiction du prélat, ensuite une condamnation à quelques mois de prison.

M. Verlière est un rationaliste décidé. Toujours il a conformé ses actes à ses principes... Il s'est marié civi-

lement...il se fera enterrer civilement... mais le plus tard possible, espérons-le.

VIARDOT (Louis).

Les Viardot forment ce qu'on peut appeler un ménage bien assorti.

Tandis que madame compose une ballade ou roucoule une romance de cette voix enchanteresse que toute l'Europe connaît, monsieur écrit sur les beaux-arts, les musées, la chasse, les pays étrangers, voire même sur la philosophie, comme le prouve son Apologie d'un incrédule, rééditée dernièrement par Lechevalier sous le titre de Libre Examen.

Dans ce livre, M. Viardot nous avoue sincèrement qu'il ne croit ni à la création, ni à la Providence, ni à l'immatérialité de l'âme. Cette manière de voir est partagée de nos jours par beaucoup de personnes, au nombre desquelles cependant nous n'aurons pas l'aplomb de compter M. Caro.

Nous consentons à être pendu haut et court si jamais M. Viardot parvient à convertir à ses idées l'éminent sorbonnien.

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