BARTHÉLÉMY SAINT-HILAIRE (J
Membre de l'Institut. Sa traduction des Œuvres d'Aristote est très-estimée.
Boudha lui doit un regain de célébrité ; il l'a remis à la mode. (Voy. le Dict. des Contemporains.)
BAUTAIN (L'abbé).
L'abbé Bautain repose actuellement à la droite de Dieu le Père tout-puissant, le Créateur du ciel et de la terre, le Souverain seigneur de toutes choses, etc , etc. Il n'y a pas de raison pour que cela finisse, surtout quand on veut y mettre un peu de bonne volonté.
BEAUQUIER (Charles).
Sa Philosophie de la musique est un ouvrage qu'on peut lire avec profit au grand Opéra pendant les entr'actes, en attendant le ballet.
BEAUSSIRE (Emile).
M. Beaussire est un homme de moyenne taille, d'allure vive et pétulante. Ses cheveux taillés courts, sa fme moustache noire soigneusement entretenue, lui donnent plutôt l'air d'un lieutenant de hussards en tenue civile que d'un professeur de l'Université.
Sous le titre de : Antécédents de l'hégélianisme dans la philosophie française, il a publié une curieuse étude sur la vie et les œuvres de Dom Deschamps, moine libre penseur du XVIIP siècle, car à cette époque il y avait bien des esprits émancipés dans les rangs du clergé. De nos jours il n'y a plus de prêtres libres penseurs, ou du moins ceux qui doutent gardent généralement pour eux leur incrédulité et aussi leurs appointements. Cette étude sur Dom Deschamps est une des meilleures monographies philosophiques que nous connaissions.
M. Beaussire, qui a longtemps occupé une chaire de philosophie à la faculté de Poitiers^ professe actuellement dans un lycée de Paris. Parmi ses autres ouvrages, citons : La liberté dans l'ordre intellectuel et moral.
M. Beaussire représente aujourd'hui le département
de la Vendée à l'Assemblée nationale, ce qui ne l'empêche pas de collaborer activement à la Revue des Deux- Mondes, où ses articles sur la Commune ont été trèsremarques
BENAMOZEGH.
Juif et rabbin sur le front duquel TAlliance Israélite universelle a cru devoir déposer une couronne pour le récompenser d'avoir écrit un gros volume intitulé : Morale juive et Morale chrétienne, et destiné à prouver la supériorité de la morale juive sur la morale chrétienne. La vérité est que ces deux morales se valent bien et n'ont rien à s'envier mutuellement.
BERSOT (Ernest).
Son Essai sur la Providence aurait pu mieux réussir; sa Libre Philosophie indique un avocat du spiritualisme qui considère sa cause comme bien compromise.
Membre de l'Institut.
BERTRAND DE SAINT-GERMAIN (Le docteur).
Le docteur Bertrand de Saint- Germain est un homme d'une rare modestie ; il n'a jamais cherché à faire du bruit : aussi son nom n'est-il pas connu du gros public; sa réputation n'a pas franchi un petit cercle d'amis et de connaisseurs, mais il s'en contente, préférant la qualité à la quantité.
Le docteur a publié i° un excellent ouvrage sur les Manifestations de la vie et de l'intelligence à l'aide de l'organisation (1848, in 80); 20 De la diversité originelle des races humaines et des conséquences qui en résultent dans l'ordre intellectuel et moral (1847); 3° une traduction du Proîogea de Leibnitz, et tout récemment une étude sur Descartes, considéré comme physiologiste et comme médecin, ouvrage qui vaut mieux que les dissertations de M. Francisque Bouillier sur ce philosophe.
Ces travaux philosophiques, ainsi que les services qu'il a rendus comme médecin aux bureaux de bienfaisance, ont valu à M. Bertrand de Saint-Germain la croix de la Légion d'honneur.
BIÉCHY (A.).
Professeur au lycée d'Angers, auteur d'un savant ouvrage intitulé : L'Induction, essai sur les principes, les procédés, la valeur et la portée de la méthode expérimentale (1870, in-S"). Ce livre fera faire la grimace à bien des gens; nous ne le recommanderons qu'aux personnes habituées aux subtilités philosophiques.