‹ La lorgnette philosophiqueChapitre 6 sur 40 · BLANQUI (L.-A · texte numérisé non relu

BLANQUI (L.-A

« Le vieux » , comme le nomment ses fidèles dans l'intimité, a publié dans le Candide, de défunte mémoire, des articles qui n'avaient absolument rien de candide.

Chez Blanqui, il y a deux hommes : l'homme politique et le philosophe.

De l'homme politique nous n'avons pas à nous occuper ici; le philosophe au contraire nous appartient.

Les idées politiques du « vieux » sont abominables, odieuses, impraticables; mais (chose curieuse) ses idées philosophiques sont saines^ nettes et sensées. S'il n'avait pas eu le malencontreux travers de subordonner ses idées philosophiques à ses visées politiques, ses ennemis, qui ont accusé avec raison sa politique d'être sanguinolente, n'auraient pas eu le droit d'accuser sa philosophie d'être Blanquignolente.

Blanqui est un matérialiste décidé : aussi nVt-on pas manqué de profiter de cela pour flétrir cette doctrine et pour prétendre qu'elle ne peut être partagée que par des terroristes, des communards, des incendiaires, et ne peut aboutir qu'à développer chez ses adeptes la bosse du crime et le culte du pétrole. Cette manière de voir est cependant essentiellement fausse; nous connaissons beaucoup de matérialistes qui sont hommes d'autorité, conservateurs, et qui haïssent souverainement les révolutions et les farceurs qui en profitent. Mais revenons à Blanqui. Sous le pseudonyme de Suzamel, il a publié dans le Candide (1865) une série de remarquables articles dont voici les titres : Notre morale (n" i ), Un Père de rÉglise au 77® siècle (n°^ 2 et j), le Monothéisme (n° 5) ; enfin, dans les numéros 6, 7 et 8, trois articles dans lesquels il prend corps à corps et finalement laisse sur le carreau les doctrines du très-révérend père Gratry.

Cette lutte d'un oratorien avec un révolutionnaire ne laisse pas que d'être très-émouvante; toutefois on ne peut s'empêcher de s'apitoyer sur le malheureux père Gratry, si rudement étrillé par le vieux papa Blanqui. Blanqui vient de publier, il y a quelques mois, chez Germer Baillière, une brochure à prétentions philosophiques, intitulée : L'Éternité par les astres. Tout ce que je suis parvenu à y comprendre , c'est que M. Blanqui espère revivre un jour ou l'autre dans une planète quelconque et y faire des révolutions comme sur la nôtre. Décidément, le « vieux » vieillit pour de bon cette fois.

BLATIN (Le docteur).

Le docteur Blatin s'est voué à une des missions les plus utiles que nous connaissions, celle de protéger et de soigner non point les hommes, mais les animaux.

Il a jugé avec juste raison qu'entre ces deux variétés d'êtres organisés il n'y avait pas à hésiter, et il a accordé la préférence aux bêtes, ce qui ne l'est pas du tout.

Le docteur Blatin, mort aujourd'hui, était un des habitués du café Procope, où il venait presque tous les soirs. Il prenait place au rez-de-chaussée et employait sa soirée à déguster sa demi-tasse et à caresser les chats de l'établissement.

Ces intelligents animaux, qui avaient appris probablement que le docteur était président delà Société protec-

trice des animaux, ne manquaient pas, dès qu'ils le voyaient entrer, de bondir vers lui en miaulant d'une façon formidable.

Quand par hasard il manquait au rendez-vous, les chats venaient néanmoins s'asseoir à sa place habituelle et passaient là leur soirée dans une attitude triste et mélancolique. Le docteur Blatin a écrit un ouvrage de philosophie animalière intitulé : Nos cruautés envers les animaux... Malgré tous ses efforts continus, nous doutons beaucoup que la Société protectrice des animaux arrive jamais à empêcher les cochers de fouetter les chevaux qui ne marchent point, et les maîtres de triquer les chiens qui se permettent de déposer leurs ordures sur les canapés.

BLIGNIÈRES (CÉLESTiN de).

Ancien élève de l'École polytechnique, disciple distingué d'Auguste Comte, auteur d'une Exposition abrè~ gée et populaire de la Philosophie et de la Religion positives. 1857, I vol. in- 12.

« Ce livre (dit M. Littré, bon juge en pareille matière) n'est point passé inaperçu ; il a donné à son auteur un rang parmi ceux qui s'occupent de philosophie, et est une pièce digne d'être consultée dans la mêlée publique où la philosophie positive commence à être engagée. ))

M. de Blignières, par exemple, est dévoué corps et âme au positivisme, il y pense nuit et jour et, qui plus

est, n'admet pas que l'on pense à autre chose. C'est lui qui, un jour, ayant reçu à titre d'hommage un livre remarquable d'un de nos plus éminents philosophes, le remercia par une carte de visite ainsi libellée : « Je vois avec peine que M. M'" continue à ne pas s'occuper du positivisme. »

BLOT (Alfred).

M. Blot a donné de bons articles de philosophie à la Revue de r Instruction publicfue.

Esprit fin, légèrement sceptique.... Critique trèsimpartial.

BOUCHEY (Martin).

Directeur du Rationaliste de Genève, auquel il a trèsactivement collaboré. On a surtout remarqué ses Études sur les différentes parties de la Bible.

M. Bouchey connaît admirablement la religion chrétienne; il l'a étudiée toute sa vie, et mieux que personne il est à même d'en faire voir le côté faible.

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