LE ER
taires, n’a pas donné les résultats espérés, nous décidons, par la présente loi, à l’expiration du contrat, de dissoudre la Compagnie, en prévoyant la possibilité, pour nos citoyens, d’établir une nouvelle loterie sous le contrôle de la commission de la Trésorerie (1). »
Conformément à cette loi, une concession de six ans fut accordée au banquier Tepper, qui s’engagea à verser à la Trésorerie une somme de 180.000 zlotys. Des contrats ultérieurs furent passés avec d’autres personnes et principalement avec Pierre Blanc, lequel devait effectuer des versement annuels de 40.000 anciens zlotys polonais et la moitié des bénéfices réalisés. Mais ce dernier ne mit guère de zèle à la réalisation des paiements prévus (2). |
En raison des irrégularités répétées de la part des concessionnaires dans la réalisation de leurs obligations, la commission de la Trésorerie se vit obligée, vers 1787, d'établir une Direction de la loterie d'Etat, dotée d’un capital de jeu de 216.000 anciens zlotys polonais.
En 1807, lors de l'institution du grand-duché de Varsovie, sous la souveraineté de Frédéric-Auguste, roi de Saxe, la Direction du Lotto se trouva placée sous Les ordres directs du ministre des Finances. Vers 1808, on rattacha à la même Direction l'Office autonome de la loterie en classes, nouvellement créé.
A partir de 1815, après l’annexion du grand-duché de Varsovie par la Russie des tzars, la Direction Générale de la loterie fut soumise à la Commission des revenus et de la Trésorerie du royaume de Pologne.
Cette Direction Générale comprenait quatre départements, dont deux furent chargés de l’administration du lotto et une de la loterie en classes. Le lotto, malgré cette époque des guerres napoléoniennes et l’esprit d’insurrection régnant dans le pays, fut, grâce à son organisation et à l’attrait dont il jouissait, de plus en plus florissant.
Pour faire bien saisir l’importance de ce genre de loterie et __ de son influence, qu’on nous permette de présenter ici une des-
4. Konstytucje publiczne Sejmu Ekstraordynaryinego Warszawskiego, 4773-1775. Varsovie, t. I, p. 47.
2. T. Korzon, Wewnetrzne dzieje Polski za Stanislawa Augusta, t. III, pp. 167-168.
LECE DRE
cription un peu détaillée de ce jeu (1). D’après le règlement du lotto, à la fin du xvrrre siècle, les tirages, qui avaient été fixés à 24 par an, avaient lieu, le mercredi, dans le palais de la République et ils étaient précédés de grandes cérémonies. Une véritable atmosphère de fête était créée où jouaient des orchestres pour le divertissement du public accouru au grand tirage. À la séance, présidée par un commissaire spécial de la Trésorerie, un enfant, généralement un orphelin d’asile public, tirait les cinq numéros.
Après chaque tirage, on accordait à cinq jeunes filles d’origine polonaise, en traitement dans les hôpitaux publics, une somme de 400 zlotys. De sorte que 9.600 anciens zlotys polonais devaient être payés annuellement à 120 jeunes filles.
La souscription au lotto avait lieu chez des collecteurs, désignés généralement par la Direction parmi les commerçants de l'arrondissement. Ceux-ci, en délivrant au souscripteur un certificat spécifiant les numéros choisis, la combinaison acceptée et le montant de la mise, étaient obligés d'inscrire les mêmes indications sur deux livres dont un devait être envoyé à la Direction de la loterie.
Ainsi le lotto, en Pologne, présentait le même mécanisme de jeu que celui que nous avons étudié au chapitre précédent. Cependant, signalons que les chances des lots furent déterminées par la Direction de la manière suivante : Pour un extrait simple, la mise fut multipliée par 14 (au lieu de 18) ; pour l’extrait déterminé, la mise fut multipliée par 64 (au lieu de 90) ; pour l’ambe, la mise fut multipliée par 240 (au lieu de 400,1/2) ; pour le terne, la mise fut multipliée par 4.800 (au lieu de 11.748), Pour protéger la Direction contre les pertes possibles, on se vit obligé de recourir à un règlement fixant un maximum et un minimum des mises. Par exemple, le maximum d’une mise acceptée sur un numéro déterminé s'élevait à 300 zlotys (2).
Les autorités du grand-duché de Varsovie et, plus tard, celles du royaume de Pologne fixèrent à 36 fois par an, autrement dit, à 3 fois par mois, les tirages de la loterie. Malgré le caractère officiel et solennel maintenu aux séances, quelques restrictions furent apportées : notamment, on supprima les paiements de
ST Korzon, Wewnetrzne dzieje Polski za Stanislawa Augusta, t. II, pp. 167-168.