‹ La Loterie d'État en PologneChapitre 85 sur 106 · Voir tableau, p · texte numérisé non relu

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$ 2. — Sous LE RÉGIME DE LA MONNAIE STABILISÉE.

A partir de l'introduction du zloty, représentant l’unité monétaire stable, la Direction Générale de la loterie se trouva à l’abri des fluctuations fâcheuses récemment subies. Cette sûreté de pouvoir fonctionner sans s’exposer au danger de voir la valeur de la monnaie constamment s’avilir, devait permettre aux autorités de ce monopole d'Etat de créer de nouvelles bases pour l’organisation de la loterie.

C'était, à vrai dire, une œuvre assez difficile, étant donné le bouleversement complet résultant de la période d’effervescence dont les sévices avaient atteint le système économique et financier du pays. Aucune conjecture, appuyée sur des données plus ou moins discutables, ne pouvait permettre l’appréciation des possibilités de placement du billet de loterie. Toutes les théories, sous ce nouveau régime de répartition des richesses à l’avantage de certaines couches sociales, étaient fondées sur des idées subjectivement intéressées et s’écartant assez souvent de la réalité. On se trouvait en présence d’un problème très difficile à résoudre dont l’examen pouvait induire en erreur tout particulier comme tout service d'Etat.

Pour la neuvième loterie, émise en zlotys (correspondant aux francs or), la Direction jugea opportun d’émettre seulement les deux tiers du nombre de billets placés en huitième, afin de se rendre compte de l’étendue du pouvoir d’achat des souscripteurs. Cette circonspection, malgré la diminution réalisée, s’avéra fort insuffisante pour le fonctionnement de la neuvième loterie, laquelle, à cause des changements apportés à la situation générale par l’ensemble des nouvelles mesures financières, éprouva une baisse sensible de la vente. Le maintien du prix à 6 zlotys, autant que la division du billet en moitiés au lieu de quarts, contribua partiellement à ce résultat. |

Après cette tentative, la Direction Générale décida de revenir au système précédemment adopté et de diminuer davantage encore le nombre de billets en dixième loterie, en allant jusqu’au quart du chiffre émis en neuvième. Quant au prix du billet, il fut, au contraire, majoré et arrêté à 24 zlotys pour chaque classe. De la sorte, par cette augmentation du prix aussi bien

que par la diminution de la quantité des billets, à proportion égale, le capital de jeu de la loterie n’était pas changé. On arriva ainsi à renforcer la position de la loterie par une sorte de sélection des souscripteurs ayant accepté de jouer un nombre limité de billets mais, par contre, disposés à répondre aux exigences d’un prix élevé. En même temps la Direction se vit obligée de diminuer sensiblement le cautionnement du collecteur en le fixant à 3 zlotys, pour chaque billet, et le prix du billet fut arrêté à 24 zlotys pour toutes classes. Les modalités de cette disposition, prise au moment où les collecteurs, en raison de l’insuccès de la neuvième loterie furent exposés à des pertes importantes, furent ainsi exprimées par la circulaire de la Direction Générale de la loterie, en date du 28 juin 1924 : « Le cautionnement des collecteurs est fixé à la somme de 3 zlotys pour chaque billet, avec cette stipulation, toujours en vigueur, suivant laquelle les collecteurs, qui ne règlent pas leur dû avec grande exactitude, se verront augmenter leur cautionnement jusqu’au montant complet, c’est-à-dire jusqu’à 24 zlotys pour chaque billet. Ces cautionnements doivent être déposés, comme à présent, en titres d'Etat, émis en zlotys, ou en actions de la Banque de Pologne ».

Les mesures ainsi adoptées permirent à la Direction Générale de faire croître graduellement l’activité du monopole de la loterie et d’étendre, avec le temps, son rayon d’influence dans des départements jusqu'alors inaccessibles. En revenant à une position fortifiée par des mesures savamment appropriées, les autorités de la loterie disposèrent de plus larges possibilités pour le développement méthodique de cette entreprise d'Etat. C’est ainsi que, parallèlement à l’augmentation du nombre de billets de la loterie, qui, en 23€ loterie, atteignirent le chiffre de 210.000, les cautionnements furent, au fur et à mesure, élevés en passant par différents degrés pour se fixer, en quinzième loterie, à 32 zlotys, en seizième à 35, en dix-septième à 40, égalant ainsi le prix normal du billet, fixé à cette somme depuis la dernière loterie

D'autre part, afin d'augmenter, dans une certaine mesure, les bénéfices de l'Etat, réalisés sur le produit de ce monopole, et pour arrêter le pullulement des loteries de bienfaisance, on décida de prélever une taxe de concession s’élevant à 10%

sur les loteries organisées au profit des différentes œuvres d'assistance ou d'intérêt public. Cette disposition fut prise pour limiter la tendance trop prononcée à l’augmentation démesurée du nombre de tombolas en tous genres, qui, par leurs moyens d’action et aussi les difficultés de contrôle sur la destination des fonds recueillis, s’avérèrent nuisibles au point de vue social. Le produit de cette taxe n’était pas trop élevé puisqu'il représentait annuellement une somme de 200.000 à 300.000 zlotys (1). En même temps, d’une part, pour empêcher tous excès, inexactitudes et abus commis par des loteries privées et, surtout, par des loteries tenues dans la rue, d’autre part, pour protéger la société contre les agissements des agents et vendeurs, qui prétendaient remplir un devoir envers les sociétés de bienfaisance, la Direction Générale de la loterie prit des mesures très sévères. Toutefois, pour ne pas exposer les Sociétés de bienfaisance, vraiment méritantes, à des difficultés pécuniaires, la Direction Générale décida, au lieu de permettre d’organiser des loteries privées, de leur accorder, en cas de véritable nécessité, des concessions de vente de billets de la loterie d'Etat. Notons en passant, que la Direction Générale de la loterie d'Etat organisa, depuis 1922 et jusqu’au début de la crise économique mondiale, des loteries de bienfaisance au profit de sociétés dont l’activité secourable au profit des nécessiteux ne fit jamais le moindre doute.

En 1929, à l’arrivée, comme directeur, de la loterie d'Etat, du Dr Czechowicz, une attention particulière fut apportée à l’organisation intérieure du monopole et surtout à la codification de toutes les dispositions concernant les collecteurs. Lors de son court passage à la tête de la Direction Générale, ce directeur conçut tout un plan d’accroissement de la loterie et de modifications de plusieurs des anciennes dispositions. La réalisation de ces projets aurait demandé outre la persévérance, le concert de plusieurs facteurs déterminants de la prospérité économique du pays. Mais le départ du Dr Czechowicz empêcha la mise au point nécessaire à l’exécution de l’ensemble de ses idées.

A partir de 1930, la loterie d’Etat,sous la direction du Dr Jakubowski, s’attacha à consolider les bases de l’entreprise qui

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