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Amedeo Gianini, La question de Dantzig, Rome

2. Conférence de la Paix, Paris, 1919 (Réponse aux remarques de la Délégation allemande (cité par Smogorzewski, La Poméranie polonaise, Paris, 1932).

C’est ainsi que les articles 100 à 108 du traité de Versailles ont établi le mode d’existence de la Ville de Dantzig qui, depuis, se trouve sous la protection de la Société des Nations, laquelle est représentée par un Haut-Commissaire résident. Celui-ci est spécialement chargé par l’aréopage de Genève de veiller à l’exécution de ce traité et de la convention de Paris, en date du 9 novembre 1920, ainsi qu’à celle des autres accords, y compris celui du 24 octobre 1921, passés entre la République de Pologne et la Ville Libre de Dantzig. |

Suivant le premier chapitre de la convention du 9 novembre 1920, la Pologne est chargée des affaires extérieures de la Ville Libre de Dantzig. Cela revient à dire que le gouvernement de la République, outre la conduite des affaires extérieures de la Ville Libre, est chargé de la protection des nationaux de Dantzig dans les pays étrangers. Quant aux rapports économiques des deux parties contractantes, une solution fut adoptée dans le deuxième chapitre de la même convention instituant une «Union Douanière ». D’après cet accord, la République de Pologne et la Ville de Dantzig forment un seul territoire, soumis

à la législation et aux tarifs polonais. Cependant la Ville de

Dantzig représente, au sein de l’Union, une unité douanière qui, au point de vue administratif, est confiée à des fonctionnaires de la Ville.

Dans son organisation intérieure, la Ville Libre de Dantzig,

forte actuellement d’une population d’environ 400.000 habitants (au recensement de 1923 : 360.000), dotée, le 11 août 1920, d’une constitution qui fut revisée, à la demande de la Société

des Nations, et définitivement promulguée le 14 juin 1922,

est gouvernée par un Sénat. En 1930, Dantzig eut recours à une nouvelle revision de sa constitution pour le remaniement de laquelle l'approbation de la Société des Nations fut requise et obtenue. |

Grâce à la nouvelle situation politique créée au lendemain de la guerre, dans cette partie de l'Europe, Dantzig se vit singulièrement favorisée par la modification des circonstances écono-

miques. Considérée comme «le poumon » par lequel une grande |

nation de 32.000.000 d’habitants recevait «l’air de la mer», indispensable à l’organisme économique de la Pologne, Dantzig

connut un épanouissement fort envié des autres ports de la mer.

Baltique. Le trafic du port, qui ne s'élevait, pour l’année 1913, qu’à 2.112.101 tonnes de marchandises (importation et exportation), quadrupla dans les quatre dernières, de 1928 à 1931, inclus, et se maintint, malgré la crise économique mondiale, aux environs de 8.400.000 tonnes par an.

Quant à l'épargne, le meilleur des signes de la richesse acquise,

il convient de remarquer que les dépôts dans les caisses d'épargne y sont passés de 38,1 millions de guldens (en 1914) à 80,6 millions (en 1929). On note un accroissement semblable pour les dépôts dans les banques et pour les traites en circulation (1).

On aurait pu croire qu’une situation si favorable au développement de la Ville Libre lui fit comprendre la nécessité d’un rapprochement de la Pologne et la création d’une atmosphère amicale. Mais les difficultés rencontrées par le gouvernement de la République, dans ses relations avec Dantzig, les obstacles auxquels se heurta la volonté de Varsovie, manifestée à maintes reprises, d'améliorer les rapports, prouvent juste le contraire.

On ne peut donc qu’espérer que les Dantzikois arriveront un jour à s'affranchir des opinions imposées par ces meneurs qui obéissent à d’autres mobiles que ceux dictés par les intérêts vitaux de la Ville Libre et qu’ils parviendront, sans entrave, à comprendre la nécessité d’aboutir à une ère d’entente et de paix.

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