CHAPITRE PREMIER
Daguerréotype.
§ 1. Découvertes cle Nicéphore Niepce et de Daguerre. Méthodes d'opération.
A la fin du siècle dernier, comme on l’a vu dans les chapitres précédents, on connaissait quelques-uns des effets chimiques que la lumière peut produire, et entre autres la coloration que prennent plusieurs composés d’argent; aussi ne doit-on pas s’étonner que des physiciens et des artistes aient songé à en faire usage pour tracer, par l’action de la lumière, les dessins qu’ils voulaient représenter. Alors Charles se servait dans ses cours d’un papier enduit probablement d'un sel d’argent pour engendrer des silhouettes à l’aide de l’action lumineuse, et Wedgewood, en 1802 (1), se proposait de copier des peintures de vitraux d’église, ou des gravures, à l’aide d’enduits d’azotate ou de chlorure d’argent sur du papierou de la peau ; quant aux images de la chambre noire, c’està-dire aux images vues dans cet appareil que Jean-Baptiste Porta avait découvert il y a trois siècles (2), Wedgewood les trouvait trop faibles
(1) Journal de V Institution roi/ ale de la Grande-Bretagne, juin 1802.
(2) Magix naturùlis libri quatuor, sive de miraculis rerum naturalium, par Jean- Baptiste Porta. La première édition en 4 livres a été publiée à Naples, en 1558; dans le chapitre 2, à la page 135, se trouve la description des etfetsde la chambre noire, qui était alors formée au moyen d’une ouverture faite à un volet, et en introduisant la lumière dans la chambre à l’aide d’un miroir concave.
Une autre édition publiéeà Naples trente ans après (1588) est en 20 livres; la description de la chambre noire se trouve au chap. 17, p. 206, et Porta indique comment, en plaçant une lentille devant l’ouverture de cette chambre, les objets sont vus avec plus de netteté. « ....Si chrystallinam lentem foramini appones, jamjam clariora cernes... »