CHJNTS ET DANSES BERGERS
Nos troupeaux sont en ta garde^ Apollon^ berger d' Admete^ nous te portons ces prémices dans la claie sur notre tête.
BERGERES
Apollon^ qui te regarde.^ s il ne referme les yeux^ doit au moins baisser la tête,
BERGERS
Soyez nos guides^ bergères^ nous avons les yeux fermés que nos mains au moins se touchent.
BERGÈRES
Si nous étions mieux aimées on se fermerait la bouche.
BERGERS
Comment ça ?
BERGERES
D^un long baiser ; mais la chose n est pas aisée quand on porte sur la claie du fromage et du caille !
Gardez les yeux bien fermés ; qui t'a baisé sur ta bouche ?
Tu ne le sauras jamais l
SAPHO
Comme ces choses sont simples, incontestées,
étranges :
l'Epouse hautaine,
l'œuvre inlassée de ses deux mains
à jamais faite, défaite et refaite...
et qui se venge,
peut-être !
L'orgueil du foyer où l'on file la laine,
entre les femmes, assise ;
le beau fils grandissant, habile aux armes,
impatient, prompt aux méprises ;
l'époux
en vain espéré, toujours attendu
et, chaque soir,
la lampe allumée sous le porche.
SAPHO 103
— geste patient de bienvenue de celle qui dort,
calme et sans joie,
— pire ! — sans remords...