‹ La Lumière de GrèceChapitre 7 sur 14 · CHANTS ET DANSES BERGERS ET BERGERES · texte numérisé non relu

CHANTS ET DANSES BERGERS ET BERGERES

Mêlons nos pas dans P herbe y

la flûte trille ; quun autre lie sa gerbe

que r été grille ; qu'un autre foule la grappe

d^un pied agile ; Celle qui peut s échappe ^ Celui qui veut F attrape y

garçons et filles.

C'est bien, cela fut bien ainsi :

que dans la course et sur la route,

quiconque se retourne et doute

si l'avenir n'est pas où s'en vont ses soucis,

voie de ces choses immobiles et mortes

et s'en émeuve

et revienne heurter à la porte

qu'il referma, naguère

sur l'ombre de sa veuve...

Ailleurs,

qui sait quel sort d'opprobre et de malheur

ouvre, à qui s'en revient, le double geste

de Pénélope assise auprès de Clytemnestre ?

Ici,

tout accueil est sacré,

ici, l'ardente chasteté recrée

l'éternel lendemain paisible et tel

que, pareille à la tisseuse perpétuelle,

la vie refait la nuit ce que défit le jour,

accueillante à toute heure et respectée,

Ithaque, de la mort et, même, de l'amour...

Car l'amour et la mort s'en vont, main dans la main, / par les sentiers des bois et par les grands chemins, sur le seuil entr'ouvert du jour sans lendemain ils ne se retournent pas...

O tes heures, ma vie !

O l'éphémère, la volontaire, deux fois mienne :

puisque, la vivant, je la vis en moi ;

comme elle enivre d'être ainsi intime

et vaste du beau grand jour sublime

qu'on s'approprie,

heure par heure, en nourrissant sa joie !

Avec du soleil dans les yeux

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plus fort que tout l'éclat du grand midi ;

avec la force plus virile que le vent impétueux ;

la fièvre ardente à sécher toute pluie ;

l'orgueil de dominer, selon son âme,

le sourire de l'hom.me, le rire de la femme ;

d^amasser, en un geste de moissonneur,

au fil léger de sa faucille,

les blés humains

où palpitent et se terrent, oiseaux farouches,

les cœurs

qu'on apprivoise au baiser de sa bouche...

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