‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 14 sur 183 · OTTO DE GUERICKE. — WALL · texte numérisé non relu

OTTO DE GUERICKE. — WALL

qu'il le frottait, il entendait un nombre prodigieux de petits craquements accompagnés d'éclats de lumière. Lorsqu'on frottait l'ambre avec douceur, les éclats lumineux se produisaient seuls, sans craquement; enfin, si on approchait le doigt du morceau d'ambre, il se produisait un grand craquement accompagné d'un grand éclat de lumière. C'est l'étincelle électrique, bien caractérisée, quoique très faible dans ces circonstances.

« Je ne doute pas, ajoutait le docteur Wall, qu'en se servant d'un morceau d'ambre plus long et plus gros, le craquement et la lumière ne fussent Tun et l'autre beaucoup plus grands. Cette lumière et ce craquement paraissent en quelque façon représenter le tonnerre et l'éclair. »

Cne pareille comparaison peut sembler ambitieuse pour une étincelle qui nous paraîtrait si modeste aujourd'hui. Mais il n'en est pas moins très remarquable de voir l'analogie entre la foudre et l'électricité clairement pressentie dès le début des études électriques, près d'un siècle avant Franklin, qui se croyait encore téméraire en l'affirmant, qui craignait même de paraître ridicule en cherchant à la prouver : car on sait qu'il se cacha soigneusement de ses amis pour faire sa fameuse expérience du cerf-volànt lancé dans un nuage orageux (fig. 10) et dont la corde lui fournit des étincelles électriques.

Cette vue si juste était d'autant plus remarquable chez le docteur Wall, qu'elle se mêlait dans son esprit aux idées les plus bizarres. Après avoir fort bien montré que tous les corps électrisés produisent de la lumière comme l'ambre et le soufre, il fit de cette lumière la cause de Télectricité, l'employa comme une niéthode infaillible pour distinguer les vrais diamants des diamants faux, puis affirma qu'elle se produisait seulement la nuit, et que le moment le plus favorable était celui où le soleil avait déjà parcouru 18 degrés au-dessous de l'horizon : malgré la clarté de la lune, la lumière électrique se produisait alors avec le même éclat que dans la plus profonde obscurité, ce qui la fit baptiser du nom de noctulica par son fantasque parrain.

Peu de temps après Wall, un Anglais nommé Francis Hawks-

LUM. ÉLECT. 2

HISTOIRE DE L'ECLAIRAGK.

bpi' éludiu réleclricité sLatiqun dans le même sens que lui, mai» avec des idées moins visionuairea. Il considérait aussi la lumière électrique comme une lumière phosphorescente, qu'il compa-. rail également à celle du sucrebroyé. Mais il réussit à la produira en quantité beaucoup plus considérable par divers moyens, et notamment en secfluanl du mercure dans un vase de verre où il avait fait d'abord le vide. Par suite des fausses idées tliéarîquefl> qui le dominaient, il appelait phosphore memirtei celto lueur électrique produite par le frottement du mercure contre le verre. Une autre fois, il enduisit de ciro à cacheter, k l'intérieur, la moilié d'un globe de verrevidé d'air, et lo mit en mouvement en appliquant sa main dessus pour l'électrlser : il fut tout surprit', de voir sa main apparaître en dedans au travers de la cîre. qui avait à certains endroits plus d'un huitième de pouce d'épaisseur.

<< Mais lu plus grande lumière électrique qu'obtînt Hawksbesj dit Priestley, ce tut quand il renferma un cylindre vide d'air dans un autre non vidé, et qu'il frotta l'extérieur en les mettant tous deux en mouvement. Qu'ils marchassent ou non de concert, il remarqua que cela n'amenait aucune diiTérence dans les cfTets. Il ajoute que quand le cylindre extérieur était seul en mouvd' ment, la lumière devenait fort considérable et s'étendait sur 1^ surface du verre intérieur. Mais voici ce qui lui causa lo plus d9 surprise, Après que les deux verres eurent été en mouvement quelque temps, temps pendant lequel il avait appuyé sa main J la surface du verre extérieur, si le double mouvement venait k cesser, il n'apparaissait d'abord aucune lumière ; mais s'il appro* chait alors sa main de la suilface du vevre extérieur, il se produH sait dans lo verre intérieur des éclats de lumière pareils à det éclairs ; on aurait cru que les émanations sortant du verre exi rieur étaient poussées sur lo ven-e intérieur avec plus de foroi parla seule approche de la main. »

Tous ces faits, qui déconcertiùent les physiciens d'alors autant qu'ils les émerveillaient, s'expliquent sans peine aujoup d'hui et n'ont plus pour nous qu'un intérêt historique. Mais oi

EXPÉRIENCES DE HAWKSBBE. t»

|pit qup la pt'lile lueur d'Otto de Guoricke avait dt^jà faîl hmi

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ïTlioos au xviu" siècle et surtout se canaliser eu quulijui rte, pe qui défuplei'uit sa puissanee.

Avec le physicien anglais Gri>y, l'étude de l'électricité entre dans une voie toute uouvello. On quitte le terrain des chimères et des observations de hasHr.d pour suivre, enfin les voies rnliounelles do la méthode expérimentale, qui domine dorénavant toutes les sciences. En 17âT, il démontra, dans une série d'expériences faites en collaboration avec Checler, que certaines substances conduisent lii vertu ékctriqtie, comme on disait alors, et permettent de transmettre ainsi à de grandes distances les propriétés attractives des corps frottés. Les métaux en particulier sont dans ce cas. D'autres corps, au contraire, ne jouissent pus de la môme propriété et ne transmettent pas la vertu électrique ; c'est ce qui ai'rive, par exemple, pour la soie.

La conductibilité électrique, et par conséquent la nature essentiellement mobile de l'électricité, était établie par ces expériences; plusieurs autres découvertes i-éalisées plus tiird seulement,— par exemple celle de l'électrisation par influence, — ■ furent également pressenties par llrey. Il les aurait même ' probablement affirmées sans plus tarder s'il avait vécu un sifecle plus tôt; mais la méthode expérimentale ne permettait plus désormais aux hommes de science de rien avancer sans être en mesure de le prouver aux yeux de tous par des faits tangibles.

Après avoir mis en évidence la conductibilité métallique, Grey observa l'écoulement de l'électricité par les pointes, écoulement qui forme l'aigrette lumineuse, et il montra que l'étincelle constituait un véritable pliénomènc de transport.

Il remarqua, en eiïet, que l'étincelle tirée de l'eau d'un vase .'i une distance d'un pouce environ produit une petite montagne d'eau de forme conique. Du sommet de cette montagne liquide s'échappe une lumiiire fort \isible dans l'obscurité. Puis la montagne s'affaisse sur elle-même et retombe dans la masse d'eau générale, à laquelle elle imprime un mouvement de tremblement et d'ondulation. Grey fit même ressortir dans ce tait des phénomènes de transport mécanique plus nets encore ; il montra, en elTet, que de petites particules liquides s'élançaient lumière du sommet de la montagne, et qu'il se formai

eucure ; ii munira, ^ élançaient avec la ^| se formait parfois ^|

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