EXPÉRIENCES DE GREY
ainsi, en haut du cône, un filet d'eau très délié émettant une poussière liquide, si légère qu'on avait beaucoup de peine à l'apercevoir.
Comme conséquence de ses observations, Grey déclara qu'on pouvait, à l'aide de Télectricité, faire bouillir l'eau froide et y produire une flamme avec une explosion. Le grand avenir de cette flamme lui apparaît même assez clairement, car il ajoute : *< Quoique ces effets n'aient été produits jusqu'à présent que très en petit, il est probable qu'avec le temps on pourra trouver une façon de rassembler une plus grande quantité de feu électrique, et par conséquent d'augmenter la force de cette puissance, qui, par plusieurs de ces expériences [Siparva de magnis comporiere Itcei)^ semble être de la même nature que celle du tonnerre et de l'éclair. »
Nous sommes à la fin du premier quart du xviii° siècle, vers 1727. C'est l'idée de Wall qui reparaît vingt ans plus tard, mais dans la bouche d'un homme bien plus autorisé, grandi à l'éducation sévère de l'expérience, et qui ne livre rien aux chimères de l'imagination.
En même temps, les études électriques se répandent ; elles deviennent presque à la mode : le grand public s'y intéresse, et la France, arbitre suprême des opinions comme des élégances au xviu* siècle, commence à s'en occuper. Un membre de l'Académie des sciences de Paris, Dufay, intendant du Jardin du Roi (le Jardin des Plantes d'aujourd'hui), répète les expériences de Grey et en institue de nouvelles. C'est même lui qui tira le premier une étincelle d'un corps vivant.
Tout le monde connaît aujourd'hui l'expérience qu'on ne manque jamais de répéter dans tous les cours de physique, en faisant monter un enfant sur un tabouret à pieds isolants et en le mettant en communication avec la machine électrique. En lui-même, le fait n'a rien de bien étonnant pour nous. Mais il produisit alors une sensation extraordinaire et entraîna tout le monde vers la science nouvelle. On varia les effets d'une foule de manières, et on ne manquait pas de les exagérer beaucoup
aa iiisroiHi': ni: leclaiumik.
dans les ronvcrsalions ou dons les écrits périodHiues (|ui commençaienlà se répandre (lig'. H).
Les moines eux-mêmes se mirent do la partie ; un bénédictin I écossais, le révérend piri.- Gordon, aug^nenta la force des élin-'l celles au point de tueries petits oiseaux et de faire subir fi un homme, de la li^tcauxpieds.letremble- i ment particulier qu'elles ] piodiiisent. Un profes- ] '<i m de langues mortes h i I Université de Leipzig, trahissant les vieilles hu- 1 manil<.^ classiques pour 1 le rulto de la divinité ] nomelle, augmenta bien | plus encore la foife des j m ichiues électriipie-s en ] fusant tourner beaucoup J plus rapidement les glo- 1 bes ou les cylindres qui J les constituaient. Il alla J jusqu'il 680 tours par mi- J iiute et obtint des étincelles qui brûlaient la J peau comme un causti- 1 que, faisaient' jaillir le | sang du corps, et accomplissaient, au dire des savants de l'époque, une foule d'autres J choses hon-ibles.
En 1744, un savant de Berlin, nommé Ludolf, employa l'étiii-. celle à enflammer l'éther, et plus tard un autre savant, Boze, donna h l'expérience une tournure plus paradoxale, en faisant 1 mettre le feu à l'alcool ou aux liqueurs spiritueuses piu* un jet j d'eau servant de conducteur à l'électricité.
■M ^VELECTRISEE-tk
Jelcsi^ù.eiLjcIrouut jnieuj)
Crt/t l/eriitprrjpic magifiu ,
Sfirtnanenfiietiiinée é!rcù-iyuc;
\ Jnait-i Mmiitr'j; ce^daruoor ^fiir.
Fig, 11. Expérience de In femme électrisi^e, (l'aprËs une gravure du ivi[i> EÎécle.