‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 148 sur 183 · PREMIERS ESSAIS SUR MER · texte numérisé non relu

PREMIERS ESSAIS SUR MER

suffisammont perfectionnée, vint fournir une source électrique moins compliquée et plus puissante. Mais elle avait encore le tort de peser très lourd, ce qui rendait son transport presque impossible pour une armée en campagne. Le même obstacle nVxistait pas pour les navires, qui se déplacent tout d'une pièce avec leur aimement. Aussi est-ce sur mer que la machine de TAlliance trouva son emploi. La première application est due surtout H rinitiative de M. Georgette Dubuisson, commandant du yacht du prince Napoléon, la Reine-Uortense , En 1867, ce yacht fut pourvu d'un fanal électrique à régulateur qui éclairait sa mai'che en avant, et lui pei-mit dVntrer de nuit dans plusieurs ports de la Médilerranécî d'accès très dangereux, aussi aisément qu'il l'aurait fait en plein jour.

Ce petit triomphe de réleclricilé ne pouvait manquer de faire du bruit. M. Eugène Pt^reire, ingénieur de la Compagnie. transatlantique, s'ejnpressa d'installer des appareils st^mblables d'abord sur le Saint-Laurent, puis sur d'autres navires d(î la même compagnie, qui ne s'en trouvèrent pas mal. Bientôt après, le Parfait, le d Estimées, le Colif/ny^ YHérohie (*t enfin la Finance se munirent aussi d'un fanal électrique actionné par une machine de r Alliance.

En 1870, le nouveau yacht de l'empereur, Y Hirondelle^ recevait à son tour une installation analogue, qui d'ailleurs ne fil point meneille pour son coup d'essai, l'entrée à Cherbourg, oii le pauvre navire alla briser son taille-mer et démolir en pai*tie son étrave contre le quai de la Grande-Douane. Des évèn€»ments plus graves que celui-là empêchèrent de compléter cette installation défectueuse. Mais, la même année, l'électricité réussissait mieux sur un autre yacht impérial, le 6>^î/, appartenant à l'empereur d'Autriche. Ce yacht entrait de nuit à Villefranche et dans plusieurs ports de la Méditerranée, comme l'avait fait la Jteine-flortense, et traversait de nuit le canal de Suez en éclairant merveilleusement les berges. En 1871, la marine militaire russe installait aussi, sur plusieurs navires, des foyers électriques avec projecteurs lenticulaires, qui leur permirent de tra-

:m DÉBUTS DE LÉCLAIRAGE NAUTIQUE.

vers(4* de nuit les passes étroites de la mer Baltique, d'entrei flans le port de Saint~P«*tersbourg et d^eiTectuer d*heureus sîiuvotages.

(io qu'on chorrhait alors dans la lumière électrique, c'étail surtout un moyen de faire apercevoir les obstacles qui pouvaient menacer le navire dans sa marche. Elle jouait le r6le di la lanterné que chaque paysan emporte avec lui le soir pour m pas trébucher dans les rues du village quand la lune ne le» érlaire {»as. La même préoccupation devient plus vive encore lorsqu'on veul naviguer la nuit sur une rivière étroite.

Dans cet ordre d'idées, il faut signaler l'initiative prise un peu plus tard par M. Menier (iig. 187). Grâce à un fanal électrique, actionné par une machine Gramme et un moteur Broiherhood, son ya(*ht voyage aisément de nuit, à traversées '.néandres d(» la Marne et de la Seine , entre Paris et sa grande chorolateric de Noisiel.

Il est vrai que c'est un cas exceptionnel, et que, si cet éclairapre devait étn» employé pour faciliter la marche des bateaus dans l'obscurité, l'éblouissc^menl produit par ces foyers intenses pourrait les rendre plus gênants qu'utiles. Il faudrait trouvei nioven d'utiliser la lumière en évitant cet inconvénient. Il scM'ait sans doute jdus jiratique d'éclairer les passages difncile> comme on éclaire un boulevard pour Ja circulation des voitures.

Sur terre, le poids de la machine de l'Alliance rendait son emploi difficile dans les opérations militaires vraiment actives. Mais cela n'avait pas empêché de songer, un peu partout, à utiliser la luniièn» électrique à la guerre. L'Exposition universclh» «le 1867 en fournissait déjà la preuve. Le gouvernement îuilrichien y avait envoyé de grands miroirs paraboliques, en méliil ariicnté, destinés à projeter la lumière d'une lampe élec- Iriqu4' placée au foyer de la parabole. Une série de dessin.^ montrait les applications militiiires qu'on avait en vue. En I8G9, la Russie* combinait des plans analogues, dont nous connaissons seulement l'existence par l'achat d'un crertain nombre de machines de l'Alliance et de projecteurs lenticulaires. Il est

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