ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE AU SIÈGE DE PARIS. 39H
tout k fait probable que d'autres puissances firent de mémo sans en rien dire.
Peu de temps après, la guerre franco-allemande de 1870-71 fournit à la lumière électrique l'occasion de débuter sur le champ de bataille, précisément dans les circonstances où son emploi se comjirenait le mieux : les travaux d'un grand siège.
Les défenseurs de Paris remployèrent h la fois comme source d'-éclairage et comme moyen de communication lélégraphiciue par signaux optiques. Les lampes étaient des régulateurs de Foucault et de Serrin, la source électrique des piles liunsen d'un cinquantaine d'éléments tout au plus, installés notamment dans les postes d'octroi tout le long de l'enceinte. Sur un point cependant, près de Montmartre, on avait placé une machine de FAlliance, qui fournissait naturellement un courant beaucoup plus énergique et par suite"! un«» lumière plus intense. Les forts avaient aussi des lampcis électriques alimentées par des piles Bunsen. Mais les réflecteurs dont on disposait pour diriger le jet lumineux étaient très insuffisants, et les foyers lumineux eux-mêmes n'avaient pas une puissanecî assez grande pour éclairer jusqu'où il aurait fallu.
La lumière électrique nous rendit cependant C(»rtains services; elle empêcha plusieurs surprises de nuit et révéla quelques mouvements de Tennemi qui nous auraient échappé sans elle. Le fanal de Montmartre, alimenté par la machine magnétoélectrique, balayait de ses rayons le plateau d'Argentc^uil.
Les Allemands se servirent aussi fort habilement de la lumière électrique pour diriger le tir de leurs batteries et suivre nos travaux de nuit. Ils disposaient de machines et avaient ainsi des foyers bien plus puissants que nos lampes alimentées par des pile.s Itunsen.
La machine dynamo-électrique de M. Gramme, inventée et présentée à TAcadémie des sciences de Paris en 1870, ne put se faire connaître industriellement qu'après la guerre franco-allemande. Plus puissante et beaucoup moins lourde que la machine