‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 16 sur 183 · LÉLECTRICITÉ AU XVIII« SIÈCLE · texte numérisé non relu

LÉLECTRICITÉ AU XVIII« SIÈCLE

En 1746, dans un mémoire lu à la Société royale de Londres le 6 février, le docteur Watson fit remarquer que les étincelles électriques paraissaient de couleurs différentes suivant la nature des substances d^où elles jaillissaient. Les corps à surface rugueuse, comme le fer rouillé ou le cuivre oxydé, fournissaient des feux beaucoup plus rouges que les corps à surface nette.

Mais il n'aperçut pas bien toute la signification de cette expérience, qui aurait dû lui faire comprendre la véritable nature de l'étincelle électrique. Cette étincelle emprunte en effet son éclat aux parcelles qu'elle arrache des conducteurs plus ou moins volatilisés et qu'elle entraîne avec elle ; sa couleur doit donc varier suivant la nature de ces parcelles, c'est-à-dire des conducteurs dont elles émanent. Watson passa très près de l'explication véritable, tout à fait simple comme on le voit, pour chercher aux phénomènes une eause compliquée, dans les différences de réflexion de la lumière suivant la nature variable des surfaces qu'elle frappe.

En revanche, c'est ce savant qui produisit le premier un véritable éclairage électrique. En réunissant quatre des globes qui lui fournissaient, en tournant, de l'électricité, il fit naître de véritables jets de flammes, si grands et se succédant à si peu d'inter\'alles, qu'ils donnaient une lumière presque continue. L'expérience avait lieu naturellement dans une chambre obscure, et la clarté était suffisante pour permettre de voir distinctement les traits des personnes présentes .

Pendant cette même année 1746, Muschenbrock et Cuneus découvrirent à Leyde, en Hollande, les principes de la condensation électrique. Ils accumulèrent dans les fameuses bouteilles de Leyde des quantités d'électricité qui étaient énormes pour Tépoque, et qui permirent de donner aux phénomènes électriques une intensité toute nouvelle, par exemple de faire passer une décharge au travers des corps de tous les soldats d'un régiment. Mais c'est seulement dans notre siècle qu'on chercha de ce côté le moyen de rendre l'éclairage plus intense et surtout plus continu.

ai EdSTOIRE DE LÉCLAIRA.GE.

Pendant, la seconde moitié du xvm* siècle, les travaux dos \ électriciens, l'abbâ Nollet (fig. 12), Friinklîn, le père Bei'caria, Canton, le docteur Di-sauçiers ut beaucoup d'aulres, ne fouri

renl aucun élément nouveau à la lumière électrique. Mais ta ; connaissance de l'électricité se développe et on comnieiice h inventer des appareils pour la mesurer (fig. 13). C'est seulement , en 1800 i]ue se produisit le fait décisif qui ouvre une voie toute

L'Éi-ECTHICITÉ DYNAMIOLE, [ nouvelle, oii la lumitrit éleclriquo df^viiit ealin

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plus à l'éUit itc curiosité de luboratoii'f, comnio dans IV-xpéricDce de W'atson. mais k l'étal d'upplicatioa pratique et vivante. comoiL' uous la voyons aujourd'hui. (W fait, t'est la découverte de la pile par VoILt, c'est-à-dire lu découverle do l'électriciW ù l'étal dynamiquti ou A l'étal do courants, dont nous

d'appùa le dessin (te 1 £fiiyt%(i i/u

I essayerons de faire comprendre lu marclie et l'acliuii dans le I chapitre suivant.

La merveilleuse invention de Volta, provoquée eUe-ml^me [par roj)servulîon bien connue de Galvuni, donim immédiate- : aux éludes électriques nue autre orientation. On aban- ^doona les voies battues dejiuis trois quarts de siècle, depuis les Idexpériences de (jrey, pour se jeter sur ce nouveau terrain, dont PoH ue comprenait pas bien encore les liaisons avec l'ancien. [ C'était donc tout une revision k faire sur les essais antérieurs.

3(1 HtSTOIItE DE L'ÉCLAERAGE.

pour les effets lumineux romme pour les autres. C'est peut-Atn* là, d'ailleurs, que le résultait fut le plus étonnant.

Treize ans après la découverte de Voila, en 1813, sir lliimphiy Davj-, rapprochant les fils ou électrodes d'une pile puissante, faisait jaillir entre ces électrodes un jet do flamme qui n'était plus momentané comme l'étincelle électrique, mais continu. C'était l'arc voltaïque. observé pour la première fois à Londres dans le laboratoire do l'Institution royale de la Grande- Bretagne, qui a servi depuis de théâtre à tant de belles recherclics sur l'électricité et le magnétisme, iiolamment h celles de Faraday .

La pile employée par sir Hnniphry Duvy ne comptiiit pas moins de 2.000 éléments, et en additionnant la surface active de tous ces éléments on arrivait à un total de 80 mètres carrés. Si éblouissante »[ue fût la lumière produite, elle ne pouvait dissimuler cet immense attirail, bien plus coûteux encore qu'encombrant, et il était difficile de songer pour le moment à l'introduction dans la vie ordinaire d'un éclairage aussi dispendieux.

On se mit, en attendant, k étudier l'ai-c voltaïque. Sir Humphry Davy avait placé aux bouts de ses électrodes deux cbarbons qui étaient devenus incandescents par le passage du courant, et qui avaient fourni les éléments nécessaires pour rendre la flamme éclairante. 11 put écarter ces cbarbons de 10 cenlimètj'es sans éteindre la merveilleuse lumière qu'il avait produite, et même sans l'alftiiblir. Comment l'électricité passait elle? et le vide .serait-il un obstacle à ce passage? Une foule de savants s'attelèrent h ces questions on Angleterre, en France, en Suisse, en Allemagne, en Itjilie. Sir Humphry Davy montra que la lumièr» électrique franchissait le vide comme l'air, maïs avec plus de peine, et la difficulté augmentait avec le degré da \ide. Ainsi, dans le vide imparfait de la machine pneumatique, elle n'était pas arrêtée par un intervalle six fois égal k celui qu'elle ne pouvait vaincre dans le vîde beaucoup plus parfait d^ la chambre bai'ométrique. Mais Davy croyait tout de méœe, malgi'é les ol)jertions du père Beccaria, que la lumière élec-

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