ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE MILITAIRE
argument pour faire réduin» les primes d'assurancos contrcî les accidents de mer, puisque les chances de collisions diminuaient. Naturellement les compagnies d'assurancos ne voulurent pas céder tout do suite, et les uiTnateurs, doçus dans leur espoir, renonceront bientôt à imposer aux capitiiines un coùlcux embarras qui restait sans compensation.
La découverte de la machine (Iramme <liminuait pourtant beaucoup la force dos objections, car on avait maintenant des appareils bien plus maniables, b(»aucoup phis puissants, et on même t<»mps moins chors. M. Eugono Poroire reprit donc la question et, en 1876, il chargeait M. Fontaine d'installer la lumière éloctri(iue sur le bateau transatlanti(|uo YAmériqtw,
L'anné(î suivante», on 1877, la marine do TEtîit reprenait ses essais depuis longtemps interrompus. MM. Sautlor et Lemonnier établissaient sur le Uichrlieu et le Sifffren d(»s foyers électriques avec projecteurs lonticnlairos semblables à ceux qu'ils avaient construits quatre ans plus tôt pour la marine russe. Pendant ce temps Tarmée di* tc^ro s'était occupét^ aussi dv la question, et, au commencomenL de cette mênn^ annét'!' 1877, M. Mangin, colonel du génie, combinait un nouveau projecteur av(»c un miroir de forme spéciale, qui dt>it nous arrêter un instant, parce qu'il est le seul adoi^téanjourd'lnii chez nous pour les opérations militain»s ou maritimcNs. L'Allemagne a cons<»rvé les projecteurs à miroirs paraboliqu(»s et les proji»rteurs lonliculain»s. Ouant à la marine commerciale, ce sont ces d(»rniers qu'elle emploie généralement.
LES PROJECTEUHS ^ILECTRiy U ES DE l/.VHMÉE rHANCAlSE
Le principal défaut des projecteurs à lentilles, c'est de perdre une assez grande quantité de lumière. Moins gaspilleurs , les projecteurs à miroir parabolique présentent en revanche d'assez
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grandes difficultés de construction et se déforment aîsémonl. Le projecteur à miroir aplanétique du colonel Mangîn, inventé au commencement de 1877, a été combiné d'une manière spéciale pour éviter ce double inconvénient.
Les miroirs à surface sphérique sont beaucoup plus faciles a construire et à conserAcr intacts que les miroirs paraboliques; mais ils ne ^am^nent pas au parallélisme tous les rayons lumineux, de sorte qu'il y a une assez grande dispersion latérale de lumière dans les projections lointaines. M. Mangin a fonné ' son miroir cm supei*posant deux surfaces sphériques de courbures différentes. Ces deux surfaces sont représentées par les deux faces d'un morceau de verre concave convexe, dont la seconde face. — la face convexe, — est argentée vA fonne le fond du miroir, c'est-à-dire la surfa<'e réfléchissante. Les ravons ' lumineux <jui tombent sur le miroir et se réfléchissent sur la face argentée, traversent dom» deux fois le veiTe, et subissent deux réfractions eu sens opposé. Le résultat final de ces changements de direction dépend du rapport de la longueur des rayons des deux surfaces sphériques. En les combinant d'une manière convenable, le colonel Mangin a fait complètement disparaître ce que les physiciens app(»llent l'aberration de sphéricité, et ramené tous les rayons au plus rigoureux parallélisme.
L(» project(*ur se prést^nte sous la forme d'une boîte cylindrique assez courte, d'un diamètre de 90 centimètres, dont le fond- est forihé j>ar le miroir aplanétique que nous venons de décrin». A une certaine distance en avant se trouve le fover lumineux. (Vest unan^voltaïque jaillissant entre deux charbons qu'on p<*ut ra[q)r()cher à la main, au moyen d'une vis manoeuvré*» d(» l'extérieur. Il n'y a donc aucun régulateur. Celti» solution rudiinentaire, qui serait inadmissible dans un autre cas. convient paifaittMnent pour des éclairages de peu de durée et qui n'ont pas besoin d'une grande fixité. Les charbons, au li(Mi d éln» verticaux, sont inclinés d'environ Î^O degrés : b\s expériences lie MM. Sautter et Lemonnier dont nous avons parlé au chapitre III lig. :23) ont montré qu'ils donnaient ainsi une
PROJECTEUR MÂNGIN. 399
plus grande quantité de lumière utile, grâce à la position qu'occupait alors le cratère du pôle positif. Enfin une lentille auxiliaire, placée entre le foyer lumineux et le miroir, vi(»nt recueillir et y projeter une partie de la lumière émise qui échapperait à son action, et augmenter ainsi Tinlensité d'éclairement : elle permet en effet d'atteindre les rayons émis dans un angle de 100 degrés, tandis que le miroir tout seul les utiliserait seulement dans les limites de 68 degrés (fig. 188).
Quand la lumière électrique est placée au foyer du miroir, le projecteur lance un faisceau lumineux cylindrique très puissant, vingt fois plus puissant qu'avec un miroir sphérique ordinaire, mais dont le champ d'édairement est très peu étendu. Pour fouiller rapidement un t(»rrahi suspect, il faut agrandir ce champ d'éclairement en évasant le faisceau lumineux, afin de lui donner une forme coniqu«î. Ce résultat s'ohtient de la manière la plus simple, en écartimt la source lumineuse du foyer du miroir et en la plaçant soit plus j)rès, soit plus loin. La manuuivre se fait très vite» à Taide d'uncî vis placé(» à Textérieur. Quand on déplace Tare voltaïque de 4 centimètres, la surface éclairée à 1 kilomètre de distance passe de 15 mètres de largeur à 115 mètres, et à 4 kilomètres de distance, le champ d'éclairement s'agrandit jusqu'à 460 mètres dt* large.
La divergence ainsi ohtenue se produit dans le sens de la hauteur aussi bi«;n que dans celui de la largeur. Comme c'est la terre s(»ulement, c'est-à-dire l'horizon, qu'on veut d'ordinaire inspecter, la lumière lancée dans le ciel est perdue sans utilité. Pour éviter cet inconvénient, on place au-devant du projecteur un disque de verre formé d'une série de lentilles divergentes piano-cylindriques qui étah^nt horizontalement le faisceau lumineux, de manière à donner au chamj) d'éclairement une forme à peu près rectangulaire ; l'effet est le mémo que si on avait aplati le cône lumineux contre le sol comme» on pourrait faire d'un coniet de papier. (iC procédé permet d'atteindre des divergences de 12 à 15 degrés avec un faisceau qui n'en avait que 3 au sortir du miroir.
ÉULAIHAGE ËLECTflIQUE A L'ARMÉE.
Lti lirnjccteur s'inslallc sur nu chariot iJe pelile dimeiii^ioii (tig. 189) qu'uu seul cheval tridiie aisémoi!! où l'on veut s'en servir, car le poids lul]il ne dépasse pa* loO kilogrammes, L'ap-
Fi£. 188. Projei;
pareil est montiï sur des tfturilloiiH et suspendu de manière 1 (ju'on puisse sans peine le tourner dans toutes les directions et lui faire fouiller partout le terrain aussi facilement que le ferait l'œil lui-mi^me.
Il est vi'ai que cet œil élei?lrii]ue a besoin ilVli-e animé par