‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 179 sur 183 · LES BOUGIES A LONDRES ET A PARIS · texte numérisé non relu

LES BOUGIES A LONDRES ET A PARIS

Les frais d'établissement pour 40 foyers sont évalués comme il suit :

1 machine à vapeur do 20 chevaux nominaux. . . . J2,'t74fr. »

2 machines Gramme 0,072 »

Transmission, etc 882 »

Câbles conducteurs et accessoires, etc 9,828 »

Total 32,256 fr.»

Comme les expériences n'ont porté que sur les 20 premières lampes, on a calculé Tintéret et l'amortissement pour 25,000 fr. seulement, soit 0 fr. 049 par heure et par foyer, pour 20 foyers et 3,600 heures de service par an.

La dépense journalière moyenne est de :

Charbon pour la machine, environ 220 kilog. à 21 fr. la tonne. . 4fr. 70

Charbon et bois pour l'ail unia;?e 1 20

Huile et menues dépenses des machines { 93

Salaii^es des mécaniciens, chaulleurs et surveillants 16 85

Salaire des aides i2 50

Total 37 fr. 20

Soit par lampe et par heure, 0 fr. 338.

En ajoutant le prix des bougies arrêté à 0 fr. 20 par heun» et par foyer, on trouve :

Dépense journalière 0 fr. 338

Intérêt et amortissement 0 049

Bougies électriques 0 200

ToUil 0 f r. 587

Il semble que dans ce cas le prix arrêté pour les bougies est inférieur à la dépense réelle. M. Th. Lévy, ingénieur du service municipal de Piiris, avait établi en 1878 le prix de revient par heure pour les 62 foyers de l'avenue de TOpéra, de la manière suivante :

Charbon pour la machine 6fr.64

Huiles et menues dépenses i 23

Force motrice 3 20

Salaire des surveillants 3 20

62 bougies à 0 fr. 50 31 »

ToUl 45 fr. 27

Soit par foyer et par heure 0 fr. 73.

LUM. ÉLECT. 29

KO

ÉCLMHAGES BRLSH ET SIEMKNS A LONDRES.

Ct! prix a pu êtri^ beaucoup réduit depuis cette époque ; mais il est uucoi'c beaucoup plus élevé que la somme allouée par lu ville, 0 fr. 30 par heure et par foyer ; c'est pourquoi on est obligé de suspendre l'éclairage électrique après minuit et lie rallumer fe gaz. Cet emploi simultané des deux procédés n'est donc qu'une solulioii incomplète.

Si la ville de Paris a eu l'honneur de l'initiative en fait d'écliiirsge électrique, il faut rocoanaitre que les essais sont poursuivis en Angleterre, à Londres notamment, sur une bien plus grande échelle. Ainsi au commencement de 1881, trois districts ont été mis en adjudication et concédés, l'un à la société Brush. la deuxième à MM. Siemens frères, la troisième à la Compagnie anglaise d'éclairag;o électrique.

La société Brush entretient 33 foyers sur un seul circuit de 6,600 mètres environ. Les câbles sont composés de 7 fils de 1'"',65 de diamètre, enveloppés de caoutchouc et d'un giiipage en rubans goudronnés; ils sont placés dans des tuyaux de fonte, enterrés sous le sol. Los foyers sont à. S mètres de hauteur et munis de réflecteurs. L'électricité est fournie par doux machines Brush, actionnées directement par une machine Brotherhood, de 32 chevaux. Les prix accordés sont d'environ 18,7S0 francs pour l'installation et 16,500 francs par au pour l'éclairage.

MM. Siemens emploient 28 lampes ordinaires, atuneulées par deux machines à courants alternatifs, et 6 foyers puissants, élevés à 24 mètres de hauteur et alimentés chacun par une machine k courant continu. Les câbles sont également placés dans des tuyaux de fonte. Les prix pour ce district sont de 36,37S francs pour l'installution, et de 56.7S0 francs par un pour l'éclairage,

La troisième installation se compose de 10 lampes très puissantes, alimentées par deux machines Gramme à courants continus. Celles-ci sont actionnées par une machine à vapeur de 2S chevaux. Les lampes, du système Brockie, offrent cette particularité, que la progression des charbons polaires, au lieu

Ér.LAIHAGKS DIVKRS A PAHIS. 451

t d'être réglée par les variations d'intensité du courant, est pro- Lduile. périodiquement, par un interrupteur du courant de Pdérivation, actionné par le moleur de la machine dynamolélectrique.

Celte installiiLîon n'a été prête que beaucoup plus tard, les ■prix de 33,750 francs pour l' installation et de 39,iSO0 francs pour Eréclairago, n'ayant pas paru suffisants à la première compagnie I ^i s'en était chargée.

En France, nous avons ou l'essai très intéressant qui a été

fait lors de la fête nationale le i4 juillet 1881 . sur le boulevard

des Italiens, à Paris. Quatre lampes Million (système à charbons

horizontaux, analogue à celui de M. de Mersanue) avaient été

suspendues au milieu et au-dessus de la chaussée du boulevard ;

elles étaient alimentées par une machine de M. de Méritens. La

figure 20S donne une idée do cette installation, qui parait bien

I convenir à l'éclairage des boulevards, très difficile à réaliser, à

[ cause des plantations qui bordent la chaussée de chaque c6té.

iXies essais n'ont malheureusement pas duré assez longtemps.

l£nlin, depuis le 3 novembre 1881, la place du Carrousel est éclai-

Irée avec 14 lampes de Mersanne, alimentées par des machines

I Lontin; 12 de ces lampes sont suspendues à des candélabres

5s sur le bord des trottoirs; 2 foyers plus intenses sont

l. suspendus à 30 mètres de hauteur, aux bras d'une colonne en

|fer k treillis.

La Société lyonnaise de constructions mécaniques et de lu- Imière électrique, qui a fait cette installation, vient égalomeut (d'allumer S4 foyers du système Brush dans les bureaux pro- Ivisoires de l'administration des postes; 4 autres lampes Brush t seront allumées dans la cour du Louvro,dite cour de François I". [ où les candélabres sont déjà installés.

Quant h l'édaira^e électrique de la place de la Bastille, il a .cessé de fonctionner depuis le mois do fé^-rier 1880.

Il en est tout autrement aux Etats-Unis, où l'emploi de la I lumière électrique paraît avoir pris un développement consïdé- I rable. Il existe k New- York six compagnies puissantes, repré-

i:.î LAMPES D'INCANDESCENCK A L'AlH LIBHE.

fii'nUint ensemble iiii capiUil Je tn-nlr.' millions de francs. Elles prospi-reiU irbs liieii, malgré la concuiTcnce acharnée qu^ se font rériiiroquement.

NouB ne possédons sur l'emploi des lampes Werdenuann <] les l'onseigncmonl» rnlalifa il l'iristjillation fuite en 1879 aol musée do Kensiugton. Deux sallos étaient éclairées, chacimel par quatre lampes de ce système, placées à â'°,44 au-dessns dni aol, et garnies d'opales. Elles étaioul installées par quatre c dérivation sur le circuit d'une machine Gramme, ancien modètê. j La force motrice était fournie par un moteur à gaz, Oito «ilea-l cieux, de 8 chevaux et la dépense de gaz s'élèvail k Smbtnwl cubes et demi ù l'heure.

Dans une expérience finte à Paris, en 1879. une machine I Gramme spéciale, actionnée par un moteur à gaz de 6 chevaux, j apu alimentoi' 10 lampes Wenlermann de IS careels ou 12 lam-j pcs de là carcets. Les charbons avaient i millimètres l/â de | diamètre cl l'usure était de 10 cvnlimèlrcs h l'heure pour citaque I lampe.

Nous ne connaissons pas cxnclenient la dépense actuelle desl lampes Werdermaun-Reynier-Napoli ; nous savons seulemedtj que les 34 foyers de ce système qui ont fonctionné à l'ExposîtioiLa d' électricité de Paris étaient alimentés par une macjiinu aDlCi>| excitatrice de Gramme à iO lumières, employant en\'iron 30 clw- 1 vaux. On peut évaluer la dépense par heure et par lampe hJ 0 fr. 30. Nous avons des chilfres un peu plus précis relative- 1 meut h un éclairage exécuté par M. Reynier, à la blandiisaerip I de toiles de M. P. Duchesno-Fournet, dans la vallée dWage, chilTres établis par M. E. Dupuy , ingénieur et directeur de oel ] établissement.

Cet éclairage comprend 11 lampes Reynier, réparties do lu ' manière suivante :

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; r'JSLiG LIBf^ARY

ASTOR, i.€NOX AN'O

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ÉCLAIBAGES REYNTER-WERDERMANN. io5

4 dans Tatelier de lessivage et lavage. 46»,20 X ^C»,60 = 766»«,92

1 dans râtelier des apprêts 49»,70 X I6»,60 = 327»%02

2 dans le premier séchoir 66»,20 X ^"'iSiO = 76l»»,30

2 dans le second séchoir 66«,20 X H^50 = 761»%30

i dans la salle de la machine à vapeur. 10«,70 X 6™,r>0 = 69"%62

1 dans la salle des générateurs. . . . H™,50 X 6»,80 = 78«S20

La dépense d'installation se compose de :

I machine Gramme (type d'atelier) loOO fr.

11 lampes Reynier 1100

11 allumeurs automatiques Reynier 275

1 interrupteur 30

1 galvanoscope 30

0 commutateurs à 2 directions, modèle spécial. . . 150

20 globes en verre blanc 40

10 réflecteurs en fer-blanc 50

285 mètres de câbles et fils divers 240

Total 3415 fr.

dont rintérêt et ramortissemenl à 10 pour 100 et pour 700 heures d'éclairage valent 0 fr. 488.

La machine Gramme tourne à 1,275 tours; la force motrice, prise sur la machine de Fétahlissement, est évaluée à 3 chevaux, ce qui semble un peu faible. Le prix de revient par heure est de :

Baguette de charbon pour les lampes à raison de 17 centi-

mèti'es par heure et par lampe, 1™,87 à Ofr. 35. . . . Ofr. 655 Force motrice 3 chevaux à 0 fr. 06 0 180

Total 0 fr. 835

rêt et amortissement. 0 488 Ensemble 1 fr. 323

soit environ 0 fr. 12, par heure et par foyer, dont la valeur photométrique varie de 8 à 12 becs carcels. C'est un résultat très avantageux pour une usine qui se trouvait dans la nécessité de fabriquer elle-même son gaz d'éclairage.

Les applications de ce genre se multiplieraient certainement, si toutes les sociétés qui exploitent les divers procédés d'éclairage électrique publiaient les renseignements nécessaires pour établir des devis comparatifs exacts et complets.

456 USINES CENThALES D'ÉLECTRICITÉ.

Nous n'avons pas cru devoir, comme on le fait souvent, comparer les résultats économiques des éclairages par l'électricité avec ceux de Téclairage au gaz. En général, lorsque Ton se décide à employer la lumière électrique, c'est pour obtenir une somme totale de lumière bien supérieure à celle qui existait auparavant, et qui était insuffisante. Pour que la comparaison soit juste, il faut l'établir avec la dépense de gaz nécessaire j)0ur donner le même éclairement, et dans ce cas, l'avantage est pour Télectricité.

Il en est tout autrement pour l'éclairage par incandescence des systèmes Edison, Swan et autres, dont les foyers ont à peu près la même valeur que nos becs de gaz actuels. Malgré leur supériorité, les petits foyers électriques ne pourront se faire adopter que s'ils ne coûtent pas plus cher ; c'est à cela qu'Edison espère arriver avec l'installaliou qu'il prépare à New- York, et dont il avait exposé à Paris tous les plans ; il suffit, en effet, de j)Ouvoir répartir les frais d'établissement et d'exploitation sur un nombre considérable de lampes et d'heures d'éclairage. 11 ifv a là rien d'irréalisable. En admettant une installation de 500 chevaux seulement, desservant 10,000 fovers sur un réseau (le 25 à 30 kilomètres, on arrive, avec un ])rix de trois centimes par heure et par lampe et pour 1,500 heures d'éclairage par an, chiffre généralement admis pour les éclairages domestiques, à un revenu annuel de 450.000 francs. En évaluant celte ])remière installation à deux millions de francs ou 100.000 francs d'intérêts par an. et la force motrice à 30,000 francs, il reste pour les autres dépenses et le bénéfice 320,000 francs. Nous verrons du reste plus loin que ce prix de 3 centimes est inférieur au prix de revi(»nt.

Mais si, au lieu de se limiter à l'éclairage, on arrive, comme le propose M. Marcel Deprez, à fournir de l'électricité à la fois

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