L'ÉLECTRI£ITÉ PRODUITE PAR DES LOCOMOBILES
pour la lumière et la force motrice à domicile, le nombre d'heures d'activité pourrait dépasser 4,000 par an. Le succès ne semble pas douteux.
Il ne faut pas en conclure que l'emploi de la lumière électrique est subordonné à la création de ces immenses usines. On l'utilise déjà avec avanUige , à la condition de produire au plus bas prix possible la force motrice qui sert à la fabriquer. (Vest difficile, puisque, comme nous le savons, plus la force est réduite, plus son prix de revient augmente.
Jusqu'ici on se sert ordinairement, pour les éclairages électriques, de machines locomobiles ou d'un tj^e analogue, et c'est sur le rendement de ces machines qu'il faut calculer le prix de revient de l'électricité.
Dans une conférence faite au Congrès des Electriciens de 1 881 , M. Ayrtôn a rappelé que, dans im récent concours d'Angleterre où fonctionnaient plusieurs des meilleures machines de ce type, la consommation de combustible s'élevait presque à 2 kilos (exactement 1 kil. 800 grammes) par cheval et par heure.
Comme il s'agissait d'un concours et de prix à remporter, rien n'était négligé pour se placer dans les conditions les plus favorables : les feux étiiient conduits par des chauffeurs expérimentés, les chaudières étaient neuves et propres. Ce n'est pas ce qui a lieu dans le travail ordinaire de tous les jours, et il est permis de dire que 2,5 h 3 kilos représentent plus exactement la consommation usuelle, surtout quand les chaudières ont fonctionné pendant quelques mois; c'est un rendement d'un trentième seulement de la puissance calorifique contenue dans le charbon.
Encore faut-il ajouter que tous ceux qui emploient des locomobiles dans des travaux un peu dispersés indiquent une consommation pratique bien plus élevée, qui va jusqu'à S ou 6 kilogrammes par cheval et par heure , et même au delà dans beaucoup d'opérations où le gaspillage de charbon est inévitable.
Il faudrait donc absolument trouver un moteur plus économique pour actionner la machine dynamo-électrique, si l'on veut
diminuer lo prix de revient do l'éinctricilé. Nous avons bien la machiiiu à air chaud, dont nous avons indiqué une application dans les phares anglais. Son rondement est dominé par ia nn>mc loi que celui des machines à vapeur : la chute de la tempémlure pendant le travail sur le piston. Pour elle aussi, il faut élever la température initiale pour obtenir un bon rendement ; mais cette élévation présente ici moins d'inconvénients, parce que la pression de l'air chaud augmente moins rapidement que celle de la vapeur. On peut donc l'élever sans danger à des températures où celle-ci serait capable de briser toutes ses enveloppes.
Malheureusement, cet avantage est doublé d'un inconvénient fort grave qui l'annule tout k fait : les huiles lubrifiantes se brûlent lri;s aisément, et les pièces frottantes gi'îppenl fort vite. Ces machines sont en outre fort lourdes et très volumineuses; la lenteur de leur mouvement n'est pas en rapjtort avec les vitesses considérables des machines dynamo-électriques, et entraîne à des transmissions compliquées.
Il nous reste le moteur ii g;iz, dans lequel la force est produite par l'explosion d'un mélange d'air et de gaz introduit h l'intérieur du cylindre fi chaque mouvement du pislon.
II y a une grande différence entre la machine à air chaud et le moteur à gaz. C'est que dans ce dernier type de moteurs l'élévation de chaleur est produite dans l'intérieur du cylindre, de sorte que, malgré la haute température des gaz au moment qui suit l'explosion, on peut refroidir le cylindre, le piston, et empêcher les lubréfîants de se dessécher, au moyen d'un courant d'eau froide. Ce refroidissement salutaire est impossible dans la machine à air chaud, l'air étant chauiïé de l'extérieur. De plus, le mélange d'air et de gaz entre dans le moteur à une basse température. Après l'explosion, il y a abaissement rapide de la haute température développée, parce que le piston fonctionne avant que les gaz aient le temps de communiquer beaucoup de leur chaleur au cylindre ou au piston.
On ne peut, au contraire, employer la vapeur surchauffée sans ôlre obligé d'avoir recours h dos appareils d'une extrême