CHAPITRE II
LES CHARBONS VOLTAIQUES
La première condition à remplir pour faire de Tare voltaïque une bonne source lumineuse, c'est de le faire jaillir entre des électrodes capables de fournir à cet arc les petites particules incandescentes qui lui donnent son immense éclat. Le charbon seul paraît convenable pour atteindre ce but, et c'est en effet avec des électrodes de charbon que sir Humphry Davy a produit le premier l'arc voltaïque. Mais il y a des charbons de bien des genres, et le choix de cette matière n'est pas la moins difficile des questions soulevées par l'éclairage électrique, car les électrodes incandescents doivent réunir des qualités diverses et souvent même opposées.
Lors de sa fameuse expérience de 1813, sir Humphry Davy avait employé des morceaux de charbon de bois éteints dans de l'eau ou du mercure. Mais ces baguettes de charbon léger s'usaient beaucoup trop vite pour fournir un éclairage d'une certaine durée, même en opérant dans un vase clos, à peu près purgé d'air par la machine pneumatique, comme Davy avait essayé de le faire, malgré l'incommodité de ce dispositif. On chercha donc autre part des charbons plus compacts et par conséquent plus durables, qui fussent également capables de se laisser tailler en baguettes sans se briser ou s'effriter.
Foucault, un des plus grands physiciens français de ce siècle, eut le premier l'idée de recourir au charbon qui se dépose contre les parois des cornues à gaz. Ce charbon, lentement
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formé, présente plus de dureti5 que tous los autres et brûle bîei plu8 lentement, ce qui permit à Foucault d'oblenir un arc voJtaïque d'une durée beaucoup plus longue.
Mais le charbon de cornue éluît loin d'être parfait, surtout an point de \Tie de rhomogénéitc. Il était mélangé de matières; terreuses, notamment de silice qui fondiiit et faisait souveat éclater le charbon en excitant de petites révolutions daus unti lumière qui était déjà trop agitée. Parfois même ces matlèreg siliceuses se volatilisaient et projetaient des jets de vapeuv meilleures conductrices que l'air, mémo chauffé; dans ce ca«, la décharge électrique suivait de préférence ces vapeura, où elle passait h l'état obscur puisqu'elle n'y trouvait pas de parcelles solides à rendre incandescentes. C'était autant do perdu pout. la lumière.
Il y a sans doute dans ces dépôts charbonneux des parties plus homogènes que les aulres, et on sait aujourd'hui recon-naître avec plus de certitude qu'autrefois ces régions de qualttà supérieure pour y tailler les baguettes des électrodes, Maîa, ■ malgré tout, il est bien difficile d'éviter toute trace do silice. D'ailleurs les charbons de cornue sont si longs à se former dana les cornues k gaz, qu'on n'aurait jamais pu en avoir assez pour donner à l'éclairage électrique par l'arc voltaïquc le développement qu'on était en droit d'espérer pour lui.
Il fallait doue fabriquer un charbon artificiel pour suppléer à l 'insuffisance du charbon de cornue. C'est Bunsen qui le fit le premier, vers 1838 ou 1840, d'ailleurs en vue d'un autre emploi. Il cherchait une matière convenable pour constituer le cylindre' de charbon qui joue un rôle essentiel dans sa pile b acide azotique.
Entre autres essais il avait imaginé d'agglomérer, avec de la colle, de la bouille sèche finement pulvérisée, et de faire cuire au four les blocs ainsi obtenus. Mais ces blocs se feudillaient. Pour leur donner plus de solidité il eut l'idée de les tremper dans un sirop de sucre qui remplissait toutes les crevasses, et de les cuire de nouveim. Lu sucre se carbonisait pendant cotte