PREMIERS CHARBONS ARTIFICIELS
seconde cuisson et remplissait exactement tous les pores de manière à fournir un charbon aussi compact que celui des cornues, mais beaucoup plus homogène et plus pur. Au besoin, on lui faisait subir une troisième immersion et une troisième cuisson, pour compléter Teffet de la seconde.
En 1846, deux Anglais, Staite et Edwards, firent breveter un procédé de fabrication tout à fait analogue à celui de Bunsen, mais en spécifiant bien qu'ils voulaient obtenir des charbons destinés à Tare voltaïque. Bientôt les perfectionnements arrivent. En 1849, Le Molt ajoute du goudron au sirop de sucre et emploie des poudres de charbon différentes qu'il fait cuire trente heures et purifie ensuite par immersion dans les acides. En 1852, Watson et STater préfèrent des brindilles de bois purifiées à la chaux, cuites plusieurs fois, après avoir été trempées successivement dans l'alun, puis dans la mélasse.
Plus tard, en 1857, Lacassagne et Thiers reviennent au charbon des cornues à gaz; mais ils le purifient par une foule d'opérations successives qui lui enlèvent ses impuretés siliceuses et autres. La lumière était moins vacillante; malheureusement le charbon, devenu moins compact par suite de ce laborieux nettoyage, laissait échapper des flammèches et même des cendres.
Vers la même époque, un ancien chimiste de l'Ecole centrale, M. Jacquelain, fabriquait un charbon artificiel très pur, avec des goudrons provenant de la distillation de la houille ou du schiste ; ils augmentaient d'un quart Tinteusité lumineuse obtenue avec les autres charbons, mais il fallait découper les blocs ainsi obtenus, opération longue et coûteuse à cause de la dureté du charbon. Un peu plus tard, M. Archereau arrive aussi à d'excellents résultats en mêlant de la magnésie aux poudres de charbon. Il avait le premier donné l'idée de comprimer la pâte à travers une filière, procédé suivi aujourd'hui par tout le monde.
Vers 1876, M. F. Carré apporta dans cette fabrication d'importantes améliorations, notamment l'emploi pour le passage à
In filii'io iruiic prpssc hvHraulicjue très puissante {lig, 16). Lai pàtn lie ses charbons se roniposo di> quinze parties de coke trèsl
pur, ri^duil eu poudre excessivement Une, de cinq parties do noir de fumée calciné et de sept à huit parties de sirop de sucre additionné d'un peu de gomme. Le tout est délayé avec In quunlité d'eau strictement nécessaire pour donner ti lap&te la
Imsistaticc voulue, et fortement malaxé à l'aiflc de machines, près le passagfr à 1» filière, que l'on facilite en chaiifTiml lu irps de la presse, les baguettes sont rangées sur des tablettes innelées couvertes de charbon en poudre, et ces tablettes sont introduites dans un four où elles sont maintenues pendant cinq heures environ au rougo cerise. Les baguettes sont ensuite plongées dans du sirop do caramel bouillant, desséchées et ^■êaites h nouveau dans des creusets, mais h une température ^fbus élevée; c'est ce qu'on appelle les nourrir; on renouvelle ^*les deux opérations jusqu'à ce que les charbons aient acquis la densité et la dureté nécessaires, et ils sont finalement séchés à l'élu ve.
M. E. Carré, qui exploite les brevets de son frère, est ainsi
parvenu à fabriquer couramment des baguettes de plus d'un
l^jnèlre de longueur et de toutes les grosseurs. Il y en a dont le
^Hbamètre est réduit à un millimètre. Elles sont absolument
^Hfeoites et d'une solidité remanjuable. Les résultats qu'il a obte-
^iins n'ont pas peu contribué au succès de la lumière électrique,
En 1877, M. Gaudoin est également parvenu à fournir des
charbons d'escollento qualité, que beaucoup d'ingénieurs pré-
Pffent même aux charbons Carré, quoique ceux-ci soient restés « plus répandus en France et s'exportent même ii l'étranger, otamment en Angleterre.
En Allemagne, on emploie surtout les crayons de la maison Siemens, qui se répandent aussi dans d'autres pays. Ils fournissent de fort bons résultats, surtout au point de vue de la fixité de la lumière; mais leur composition et leurs procédés de j^^Jabri cation sont tenus secrets.
^^m Les derniers perfectionnements introduits en France sont dus
^^■1 M. Napoli, qui avait surtout en vue les baguettes destinées
sux lampes d'incandescence à l'air libre du' système Reynier-
Werdennann. Son but principal était d'obtenir un charbon
brûlant moins vile encore que les charbons Cane ou Gaudoin,
Iur qu'on pùl prolonger plus longtemps réciairage sans nouveler les baguettes de charbon. 11 est arrivé en eiïet à LUH. KLECT. 4