CARRE. — CAUDOIN. — NAI'OLI
:iO LES CHARBO^S VOLTAIOLES.
faii'o descendre l'usure des crayons jusqu'à 3 centimèlres seulement par heure d'éclairage, tandis que les crayons Coi brûlaient cinq fois plus vite dans les m^mes conditions, c"c à-dire consumaient 2a cenlimi^lres de longueur, soit i", pour une soirée d'éclairage de six heures.
Ce résultat lient à la fois nus matières employées et aux moyens mis en œuvre pour les unir intimement.
M. Ntipoli attribuait la rapidiltj d'usure du charbon à la diiïérence originelle de ses éléments coustitutifs , l'agglomérant liquide et la matière solide destinée à s'agglomérer, dilTérencv qui ne disparaissait point pendant la fabrication , et empêchait ainsi lu parfaite homogénéité du crayon de charbon obtenu. H' choisit donc pour agglomérant et aggloméré deux substances de même origine, d'un côté le goudron de houille, de l'autre le coke resté comme résidu de la distillation de ce goudron au rouge sombre, coke qu'on réduit, avant de l'employer, en poudre 1res iine soigneusement tamisée.
La pAtc employée contient trois quarts de coke et un quart' seulement de goudron. M. Napoli s'était attaché à diminuer le plus possible la proportion d'agglomérant, pour éviter pendant la cuisson le retrait des baguettes, qui entraîne souvent de« fêlures. Sa p&te était donc très peu lluide. ce qui l'obligea à employer une filière recourbée (fig. 17) pour la formation des crayons.
Enfin, pour obhger ces crayons h se nourrir encore, malgré la densité considérable qu'ilsont déjà, il les place dans un cylindre particulier (fig. 18J, où l'on peut successivement faire le vide et envoyer la pression d'une chaudière à vapeur. Ce cylindre est enveloppé lui-même d'une double chemise dans laquelle on lance de la vapeur pour le chauffer à une température convenable pendant l'opération. Les charbons une fois placés dans le cylindre, on y fait le vide, ce qui amène le dégagement de l'air condensé dans les pores du charbon; puis on le remplit du liquide nourricier, sur lequel on fait agir la pression de la vapeur, qui l'oblige à pénétrer dans les pores purgés d'air; enfin, quand
PHOCÉDÉS DE LA FA.BHlCXT[ON. :il
lo liquide nourricier s'est écoulé, un jet de vapeur lancé an travers des crayons essuie leur surface comme le ferait uu e mouillé manié par une laveuse de vaissellc-
Fijf. )7. Filitre recourbée de M. Napoli (coupe verlicale).
Fig. 18. Cylindre pour la BOUS pression des cn^onsNapoli.
On peut suivre l'ensemble des opérations sur la figure 19, [ni représente l'atelierprovisoire de M. Napoli. rue des Martyrs. Il Paris. Sur le devant s'étalent les tablettes cannelées, portant les baguettes de charbons; ti gauche se trouvent les fours h
lia LES CriAHBONS VOLTAÏQLIES.
révorbtre où ils se remisent, puis la filître aviir hi juesse hydraulique qui les forme, et plus loin le cylindre où ils se nourrissent nous pression. Dans le fond, on aperçoit la cuve où se fait le mi5!ang(! des substances, k côté de la locomobîle qui fournit de la vapeur et donne le mouvement à tout l'atelier.
Pour faire sentir toute l'importance que présente le choix des charbon!^, il suffit d'indiquer le résultat de quelques expérîencfis J comparatives. La source électrique qui fournissait une lumière 1 égale à 103 becs carcels avec des charbons de cornue, donne I 120 becs avec les crayons Archereau, et 180 avec les crayons I Carré, On prétend que les charbons Gaudoin iraient encore plus i loin et fourniraient jusqu'à 200 ou 210 becs carcels. c'est-à-dire i le double de ce que donne le charbon do cornue dans les n conditions.
Si le charbon artificiel possède les qualités nécessaires k la I production de la lumière électrique, il présente l'inconvénienta de n'être que médiocrement conducteur; à dimensions égales,] sa résistance est beaucoup plus grande que colle du cuivre pur,l et, dès lors, ÎI est fort important Je n'en introduire dans le cir-r cuit que la longueur strictement nécessaire, bien que cette! résistance diminue avec réchauffement.
On peut s'en faire une idée d'après les chilfrcs suivants, ré-j sullant des expériences de M. Joubert, sur des charbons de| M. Carré :
h W centigrades 50.000 1 2.300