‹ La lumière électrique, son histoire, sa production et son emploi dans l'éclairage public ou privé, les phares, les théatres, l'industrie, les travaux publics, les opérations militaires et maritimesChapitre 48 sur 183 · VEILLEUR AUTOMATIQUE DE GËRARD · texte numérisé non relu

VEILLEUR AUTOMATIQUE DE GËRARD

loîola surveillance dont elle est rhargée; en cas d'accident de nnture à iiilerrompre l'arc voUuïque pendant un temps assez

Fïg, 51. Veilleur automiiliqiia dt

long^pour exposer le fil do dérivation^ à ùlre Isrûlù, comme la rupture d'un charbon, par exemple, elle se substitue à la lampe

102 IIISTOIltt: IIKS KÉr.LLAÏEUnS.

arrêtée, de tcllo fa^oti qu'ulle pi-ott^t- les organe» de ht dérivation sans cependant interrompre leur fonctionnement. Il on ré-

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suite que si, au bout d'un certain temps, la Inmpe est de nouveau prÈto à mai'cher, elle reprend sa place dans le cireuit. et la boite de sûreté se retire d'elle-même, jirèle A recommencer au besoin. Cet appareil se compose (fig. 52) d'un électro-aimant, dont l'une des branches csl enroulée de gros fil, et l'autre de fil lin. Cette

BOITK DE SÛRETÉ DE MERSANNE. 10;t

dernière fonne.un second circuit de dérivation qui n'entre en fonction que si le courant principal, étant rompu, afflue en excèsdans la dérivation du régulateur. Dans ce cas Télectro-aimant de la boîte de sûreté devient actif, et son armature rapproche au oontact deux blocs de graphite ; ceux-ci ouvrent au courant principal un nouveau passage à travers une bobine de résistance qui accompagne la boîte de sûreté, et qui représente exactement la résistance de Tare avec le maximum d*écart adopté pour le réglage de la lampe. Parmi les résistances équivalentes le choix n'est pas indifl'érent ; on doit préférer celle qui produit le moins d'échauffement. M. de Mersanne a observé que la meilleure condition était de donner au fil de la bqbine de résistance la même longueur et la même grosseur qu'au fil induit dans lequel est produit le courant employé.

Le graphite est employé ici, comme le mercure dans l'appareil précédent, parce que des contacts métalliques seraient brûlés et même soudés ensemble par Tétincelle puissante qui se produit, chaque fois que le circuit auxiliaire est rompu par le jeu même de l'appareil.

La branche de Télectro-aimant garnie de gros fil est placée dans le circuit auxiliaire, et a pour but de renforcer l'attraction de l'armature et de rendre le contact des blocs de graphite plus, énergique et plus sûr.

Ces boites de sûreté peuvent être placées à n'importe quelle distance des lampes, dans le local des machines par exemple ; elles servent alors à contrôler la marche de l'éclairage. Il va de soi que l'on peut supprimer la bobine de résistance, ce qui réduit la boîte de sûreté à un commutateur automatique.

Uue des principales raisons qui ont arrêté longtemps l'essor de la lumière électrique, c'est la nécessité d'employer des régulateurs mécaniques pour rapprocher progressivement les baguettes do charbon entre lesquelles jaillit l'arc voltaïque. On a vu dans le chapitre précédent comment ces régulateurs se sont successivement perfectionnés et même simplifiés. Mais ils présentaient toujours une complication devant laquelle presque tout le monde s'arrêtait avec inquiétude. C'est là encore qu'on en était il y a cinq ans, en 1876, lorsqu'un officier russe. M. Jablochkofl', trouva le moyen de les supprimer entièrement et fit ainsi entrer la lumière électrique de plein pied dans le domaine deia pratique journalière.

Le grand mérite de cette invention, c'est sa parfaite simplicité, qui a frappé aussitAl tout le monde et fermé la bouche à ceux qui ne voulaient voir dans la lumière électrique qu'une curiosité compliquée, exigeant la présence d'un physicien de profession. Au lieu de placer les deux baguettes de charbon dans le prolongement l'une de l'autre, pointe à pointe, M. Jablochkoff les disposa parallèlement, cûlo à côte, ce qui donna au polit appareil ta forme d'une bougie et lui valut son nom.

Les deux baguettes de charbonélaientséparées, bien entendu, par une bande de substance isolante infranchissable pour l'arc voltaïque, qui pouvait seulement se produire entre les deux pointes. 11 n'y avait plus dès lors à se préoccuper du rapproche-

tUSTOlRE DE L\ BOUGIE. 10.1

menl des charbons, i]uî restaient toujours à la mémo distance en se eoQsumanl, et il suffisiiit de choisir une substaocc isolante capable de se brûler et de disparaître en même temps que les charbons, pour ne point faire obstacle au passage de l'arc voltaïque; ce fut à l'origine la matière avec laquelle on fait la porcelaine, lejcaolin.

L'appai'eil ainsi constitué pouvait se placer sur an chandelier de forme (Quelconque, en l'enfonçant comme on ferait d'une bougie ordinaire; il suffisait que des parties métalliques, convenablement disposées pour établir un contact, amenassent le courant électrique qui pénétrait par des fîls dans le pied du chandelier.

11 restait encore à allumer la bougie, c'est-à-dire à établir le passage de l'arc voltnïque, ce qu'on fait, dans les systèmes à régulateurs, en rapprochant les deux pointes l'une contre l'autre. Ici ce rapprochement était rendu impossible par l'interposition de la matière isolante solide. Pour opérer Tallumage, M. JahlochkolT réunit les deux pointes des baguettes des électrodes par un filet de charbon très petit que le passage du courant faisait d'abord rougir et qui servait d'amorce k l'arc voltaïque.

Cependant l'appareil, tel que nous venons de le décrire, lais- • sait encore subsister une très grosse difficulté. Nous avons vu, en effet, que dans Tare voltaïque, l'usure des deux charbons était inégale ; le pôle positif s'use deux fois plus vite que le pôle négatif. Au bout de trt's pou de temps, les deux pointes de charbon n'allaient donc plus se trouver en face l'une de l'autre, et cet écarlement croissant rendrait bientôt impossible le passage du courant.

Pour y obvier. M. JablochkofF essaya de donner â la baguette de charbon positive une grosseur double; cela compensa'bion en effet la rapidité plus grande de son usure ; mais il se produisit un autre inconvénient. Le charbon négatif, plus mince, offrant plus do résistance au courant, ne tardait pas à rougir sur une assez grande longueur, et à se consumer rapidement.

M. JablochkolT eut alors une idée d'une simplicité remarqua-

m< Boiir.tE; jablochkopf.

bifr, commt' le principe mémo du système : c\'Uiit ilo changer très souvent le sr^ns liu cnunint , de manière que chaque baguette de rharbon devînt à tour de rôle pftle positif et pôle négatif; l'usure devait alors être l'igîile des deux côtés. Quant au moyen de réalisation, il consistait tout simplemoiit dans l'emploi des courants alternatifs, et on n'était gas embarrassé pour en obtenir, puisque la miichino magnéto-électrique la plus répandue alors, *)t la plus puissante, celle de lu Compagnie l'Alliance, produisait des courants de ce genre.

L'appareil une fois constitué, on étudia tous ses organes pour les perfectionner autant que possible. A l'origine il était entouré d'une gaine de matièrf^ isolante, couverte elle-même d'amiante pour réfréner les courses capricieuses que l'arc voltaïque aurait pu se permettre (fig. S3) : mais ledit arc voltiiïque 80 montra plus sage qu'on ne l'avait cru, et la bougie put s'alléger do cette lourde enveloppe démontrée inutile par l'expérience (fig, 54).

La substance isolante interposée entre les dou.\ charbons (on l'appelle d'une manière générale le colombin) fut modifiée aussi. Le kaolin employé a l'origine fondait fi son extrémité, sous l'influence de l'arc voltaïque, et créait ainsi entre les deux pointes de charbon un petit conducteur liquide qui servait de passage au courant : on n'avait donc pas un arc voltaïque pro~ premcnt dit, puisqu'à vrai dire l'électricité ne traversait presque pas l'ail*; c'était déjà, pour ainsi dire, une lumière par incandescence. Malheureusement cette disposition du kaolin, favorable en elle-même , entraînait une absorption considérable de clialeur, par suite, une perte do force vivo au détriment de la lumière, et, comme conséquence, une augmentation très sensible du prix de revient de l'unité lumineuse.

Aujourd'hui on a remplacé le kaolin par un mélange composé de deux parties de sulfate de chau\ et d'une de sulfate de biiryle. Ce mélange ne fond plus au passage du courant, il se volatilise immédiatement et fournit ainsi des parcelles iD»mdcscentcs

CONSTITUTION DK LA BOlKilE. 107

qui augmentent l't^clal do la lumière produile. D'ailleurs, il est bi^auroup plu» facilr à manier que le kaolin ; nn ppul le mouici'

(9Jg) *»

Fif. sa, 54 al 55. Bougie J a blochkofl".

OU le IîIpi- aussi aisément que le pl&tre, au point que deux ouvriers parviennent h fabriquer près de quinze mille lames Isolantes par jour.

Une bougie Jablochkoiï se compose donc actuellement : de

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