ONDES ET INTERFÉRENCES DES ONDES
qu’elles ont franchi la crête elles commencent à descendre; elles atteignent alors le sillon ou creux de l’onde et ne peuvent plus tomber plus bas. Immédiatement après, elles deviennent le front de la vague suivante, s’élèvent de nouveau jusqu’à ce qu elles atteignent la crête, et tombent ensuite comme auparavant. Ainsi, tant que les vagues marchent en avant horizontalement, les particules individuelles sont simplement élevées et abaissées verticalement. Observez un oiseau de mer, ou mieux, faites-vous nageur, abandonnez-vous à l’action des vagues; vous ne serez pas porté en avant, mais simplement bercé haut et bas. La propagation des vagues est la propagation d une forme, et non pas le transport de la substance qui constitue l’onde.
La longue lu’ de l’onde est la distance de crête à crête, tandis que la distance parcourue par les particules individuelles dans leur excursion verticale est Y amplitude de 1,’oscillation. Vous devez remarquer que dans cette description les particules d’eau vibrent transversalement ou perpendiculairement à la ligne de propagation (1).
Nous avons maintenant à faire un pas en avant, et c’est le plus important de tous. Figurez-vous deux séries d’ondes, parties d’origines différentes et se propageant dans la même eau. Si, par exemple, vous jetez deux pierres dans l’eau, les ondes circulaires parties de ces deux centres de perturbation se couperont les unes les autres. Cela posé, quel que soit le nombre de ces ondes, le mouvement de chaque par-
(l) Il n’entre pas dans ma pensée d’encombrer ici cette conception générale en entrant dans les détails des mouvements; mais je dois appeler l’attention sur le beau modèle de M. le professeur Lyman, à l’aide duquel on montre aux yeux que les ondes peuvent être produites par un mouvement circulaire. Ce mode de production, comme les frères Weber l’ont prouvé, est celui qui a lieu dans les ondes de l’eau.
ticule d’eau est la somme algébrique de tous les mouvements qui lui ont été communiqués. Si une crête coïncide avec une crête et un sillon ou creux avec un creux, le sommet de Fonde est porté à une hauteur double. Si un creux coïncide avec une crête, les mouvements sont en opposition et leur somme algébrique est zéro. Nous avons alors de l’eau au repos, et ce repos, nous avons maintenant à l’apprendre, correspond à ce que nous appelons Y obscurité. L’action de l’onde sur l’onde a reçu le nom technique à' interférence, qu’il ne faudra pas oublier.
Pour l’œil d’une personne familiarisée avec les principes, rien n’est plus intéressant que Fentre-croisement des ondes de l’eau. Par l’interférence des ondes, la surface d’intersection est quelquefois tellement divisée, qu elle forme une belle mosaïque, agitée de mouvements Arythmiques, comme si c’était une sorte de musique visible. Lorsque les ondes sont habilement engendrées à la surface d’un disque de mercure, et qu’on éclaire cette surface brillante par un faisceau de lumière intense, cette lumière, réfléchie sur un écran, révèle les mouvements harmonieux de la surface. La forme du vase détermine la forme des figures produites. Sur un disque circulaire, par exemple, une perturbation exercée au centre se propage sous forme d’ondes circulaires qui , après avoir été réfléchies , reviennent de nouveau au centre. Si le point troublé est à une petite distance du centre, l’interférence des ondes directes et réfléchies produit le magnifique chassé-croisé que représente la Jîg. 10 (*). La lumière réfléchie par une semblable surface donne un dessin ou patron d’une beauté extraordinaire.
(*) Extraite du Wellenlehre des frères Weber.