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INTERFÉRENCES DES ONDES

Lorsque le mercure est légèrement agité par une pointe d’aiguille dans une direction concentrique au contour du vase, les lignes de lumière tournent en rond, sous forme de fils contournés s’entrelaçant et se révélant les uns les autres d’une manière admirable. Lorsque le vase est carré, on

Fig. io.

voit se produire une marqueterie splendide par le croisement des ondes directes et réfléchies. Ainsi, dans le cas du mouvement ondulatoire , les causes les plus ordinaires donnent naissance aux effets les plus exquis. Les vers de notre compatriote Emerson sont ici parfaitement applicables :

Tu ne peux brandir ton bâton dans l’air,

Ou plonger ta rame dans le lac,

Sans y sculpter le profil du beau,

Sans que ta rame lâche ses ondes rhytlimécs.

L’exemple le plus frappant de Faction des ondes sur les ondes que j aie vu se rencontre près du Niagara. Sur une distance de 3 kilomètres à peu près au-dessous de la chute, la rivière Niagara coule tranquille dans une gorge creuse; le lit, par suite, est étroit et profond. Au lieu appelé Tfliirlpool rapids (rapide à tourbillon), j’estimai que la largeur de la rivière est de ioo mètres, et cette estimation fut confirmée par les habitants du lieu. Si I on se rappelle que la pluie tombée sur près de la moitié d’un continent est concentrée dans cet espace étroit, on pourra se faire une idée de Fimpétuosité de la rivière sortant de la gorge.

Deux sortes de mouvements sont là dans une condition évidente d activité : un mouvement de translation et un mouvement d’ondulation; la course de la rivière à travers la gorge, et les grandes ondes engendrées par le choc contre les obstacles de la route. Au milieu du fleuve, le courant et l’agitation ont une violence extrême, ou du moins la force impétueuse des ondes individuelles se déploie là de la manière la plus frappante. De vastes pyramides d’eau jaillissent incessamment, quelquefois avec assez d’énergie pour lancer leurs sommets dans l’air, où elles demeurent suspendues comme des faisceaux de perles, et ces perles, lorsque le soleil tombe sur elles, sont d’une beauté extraordinaire.

La première impression, et, en effet, l’explication généralement admise de ces rapides, est que le lit central de la rivière est encombré par de gros quartiers de roche, et que le conflit, le ballottage, l’élan sauvage de l’eau en ces points sont dus au choc contre ces obstacles. Pendant que j’étais là, une explication très-différente s’est présentée à mon esprit. Les rochers tombés des collines adjacentes encombrent visiblement les flancs delà rivière; l’eau monte contre ces rochers et retombe verticalement d’une

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