THÉORIE DES ONDULATIONS
manière rliythmée, mais avec violence, en donnant naissance à de grandes ondes. Au moment où chaque onde est engendrée, il se fait une composition immédiate du mouvement de l’onde avec le mouvement de la rivière. Les soulèvements qui, dans une eau calme, se propageraient en courbes circulaires autour du centre de perturbation, traversent la rivière obliquement, et le résultat est qu’il y a au centre conflit d’ondes engendrées réellement sur les rives. Le croisement des ondes peut s’observer sur une petite échelle au sein des gouttières après la pluie } on peut le reproduire aussi en versant simplement l’eau d’un pot à grosse panse et à large goulot. Dans le premier cas, nous avions une composition du mouvement ondulatoire avec le mouvement de la rivière, ici nous avons la concurrence d’ondes avec ondes. Là où une crête et un sillon se croisent l’un l’autre, le mouvement est annulé • là où un sillon rencontre un sillon, la rivière est creusée à une plus grande profondeur^ enfin là où une crête vient en aide à une crête, nous avons ces sauts étonnants de l’eau qui brisent la cohésion des crêtes et les projettent dispersées dans l’air. Les phénomènes observés à PVhirlpool rcipids constituent, de fait, une des plus grandioses manifestations du principe des interférences.
La plus grande découverte de Thomas Young dans le domaine de l’Optique est le principe des interférences appliqué à la lumière. Longtemps avant Young, un physicien italien, le R. P. Grimaldi, jésuite, avait établi que, dans certaines circonstances, deux minces faisceaux de lumière, agissant chacun séparément, produisent sur un mur blanc une tache lumineuse, tandis que, si on les fait agir à la fois, ils s’éteignent en partie l’un l’autre, et produisent une
tache noire. C’était là un fait d’une signification fondamentale, mais il ne fallait rien moins que les découvertes de Young pour lui donner sa portée. Comment Young y arriva-t-il? Vous allez le saisir clairement. Vous savez que l’air est compressible } que par la compression il peut être rendu plus dense, et que parla dilatation il peut être rendu plus rare. Convenablement ébranlé, un diapason rend maintenant des sons que vous entendez tous, et la plupart d’entre vous savent que l’air à travers lequel le son passe est partagé en espaces dans lesquels l’air est condensé, suivis d’espaces dans lesquels l’air est raréfié. Ces condensations et raréfactions constituent ce que nous appelons les ondes du son. Vous pouvez imaginer que l’air d’une chambre soit traversé par une série d’ondes semblables , puis qu’une seconde série traverse le même air, dans des conditions telles que la condensation coïncide avec la condensation, et la raréfaction avec la raréfaction. La conséquence de cette coïncidence sera un son plus fort que celui produit par un des systèmes d’ondes pris séparément. Mais vous pouvez imaginer un état de choses dans lequel la condensation de l’un des systèmes coïnciderait avec la raréfaction de l’autre. Dans ce cas, les deux systèmes se neutraliseront l’un l’autre. Chacun d’eux pris séparément produit du son, tous deux pris ensemble ne produisent aucun son. Ainsi, en ajoutant du son à du son, nous produisons le silence, comme Grimaldi dans son expérience produisait l’obscurité en ajoutant de la lumière à la lumière.
L’analogie du son avec la lumière brille ici à l’esprit. Young généralisa cette observation. Il découvrit une multitude de cas semblables et détermina leurs conditions précises. En admettant que la lumière fût un mouvement ondulatoire, toutes ses expériences d’interférence étaient ex-