OBSERVATIONS DE HOOKE
manière que dans le verre de Moscou, et vous pourrez aisément faire varier la couleur de l’une quelconque des parties du corps interposé en pressant les plaques de plus en plus fortement, ou en relâchant un peu la pression, c’est-à-dire qu’une partie qui se montre colorée en rouge peut se montrer plus tard colorée en jaune ou en bleu, vert, pourpre, etc. « Toute substance, dit-il, pourvu qu elle soit suffisamment transparente et mince, déploiera ces couleurs. » Comme Boyle, il les obtint avec des lames de verre ; « il les produisit aussi avec des bulles de poix, de résine, de colophane, de térébenthine, etc., avec des solutions de plusieurs gommes, comme la gomme arabique dans l’eau, avec toute liqueur glutineuse, le moût de bière, le vin, l’esprit-de-vin, l’huile de térébenthine, la bave de limaçon )>.
Les écrits de Hooke montrent que, déjà de son temps, l’idée que la lumière et la chaleur étaient deux modes de mouvement avait pris possession de plusieurs esprits. « Premièrement, dit-il, que dans tous les corps en pleine combustion ignée les parties soient en mouvement, 011 n’aura, je pense, aucune peine à me l’accorder: que l’étincelle qui jaillit du caillou et de l’acier soit dans une agitation rapide , cela est rendu ailleurs très-probable ; que la chaleur accuse un mouvement des parties intérieures, comme je l’ai déjà dit, on l’accorde généralement; que dans tous les corps extrêmement chauds il y ait un mouvement très-vif qui cause la lumière et un mouvement plus vigoureux encore qui cause la chaleur, on peut le conclure de la rapidité avec laquelle ces corps sont dissous. Enfin, ce doit être un mouvement vibratoire. » Son allusion au mouvement rapide de la lumière et au mouvement plus énergique de la chaleur est un trait remarquable de sagacité ; mais la vision intuitive de Hooke vaut mieux que son raisonnement, car
les preuves qu’il invoque pour prouver que la lumière est un mouvement vibratoire n’ont aucune portée dans cette question.
Cependant la théorie ondulatoire de la lumière préoccupait indubitablement l’esprit de cet homme remarquable. En essayant de rendre compte des couleurs des lames minces, il fait de nouveau allusion au rapport de la couleur à F épaisseur} il insiste sur ce fait que la couche qui montre ces couleurs doit être transparente, et le prouve en montrant que , quelque mince que l’on ait rendu un corps opaque, il ne produit jamais de couleur. « Ce fait, dit-il, je l’ai souvent constaté en pressant un globule de mercure entre deux plaques de verre poli, moyen par lequel j’ai réduit ce corps à une minceur beaucoup plus grande que celle qui manifeste les couleurs quand le corps est transparent. » Vient ensuite cette remarque ingénieuse que, pour produire de la couleur, <c il faut qu’un corps doué d’un pouvoir réflecteur considérable adhère à la face supérieure ou inférieure de la lame ou plaque mince} car j’ai toujours trouvé que, plus la réflexion est grande, plus vives sont les couleurs qui apparaissent. Par ces observations, continue-t-il, il devient très-évident que la réflexion à la \surface inférieure ou supérieure du corps est la cause pi incipale de la production de ces couleurs. »
Il trace une ligure représentant avec exactitude la réflexion sur les deux surfaces de la couche, mais ici il cesse d’ètre clair : il attribue les couleurs à une coalescence ou confusion des deux impulsions réfléchies} le principe des interférences lui étant inconnu, il ne peut pas aller plus loin dans la voie des explications. Il ajoute, cependant, cette remarque d’une très -grande importance : « Une