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CINQUIÈME LEÇON

L’échelle de la vision est incommensurable avec l’échelle de la radiation . — Fluorescence. — Rayons invisibles rendus visibles. — La vision n’est pas le seul sens auquel les faisceaux solaire et électrique font appel. — Chaleur du faisceau lumineux. — Combustion par le faisceau total au foyer des miroirs et des lentilles. — Combustion à travers les lentilles. — Ignition du diamant. — Recherche des rayons qui sont efficaces dans cette ignition. — Découverte, par William Herschel, des rayons solaires obscurs. — Rayons invisibles base des rayons visibles. — Les rayons invisibles séparés par un filtre-rayon des rayons visibles. — Combustion au sein des foyers obscurs. — Conversion des rayons de chaleur en rayons de lumière. — Calorescence. — Rôle joué dans la nature par les rayons obscurs. — Identité de la lumière et de la chaleur rayonnante. — Images invisibles. — Réflexion, réfraction, polarisation rectiligne, dépolarisation, polarisation circulaire, double réfraction et magnétisation de la chaleur rayonnante.

La première question que nous avons à considérer ce soir est celle-ci : l’œil, en tant qu’organe de la vision, est-il en rapport avec l’échelle entière de la radiation? Est-il apte à recevoir des impressions visuelles de tous les rayons émis par le Soleil? La réponse est négative. Si nous acceptons pour un moment cette notion de progrès continu, d’amélioration et d’ascension, comprise sous le mot d 'évolution, nous pourrons conclure sans crainte qu’il existe une provision d’impulsions visuelles de nature à tenir l’homme en éveil, beaucoup plus grande que celles actuellement en notre possession. Par exemple, Ritter découvrit, en 1801, qu’au delà du violet extrême du spectre il existe une large

effluve de rayons complètement sans utilité, en ce qui concerne nos moyens actuels de vision. Ces ondes ultra-violettes, cependant, quoique impuissantes à .exciter le nerf optique, peuvent tellement agiter les molécules de certaines substances composées sur lesquelles elles tombent, qu’elles effectuent sa décomposition.

Mais, quoique les rayons bleus, violets et ultra- violets puissent agir ainsi sur certaines substances, ce fait suffirait difficilement pour nous autoriser à leur donner le nom de rayons chimiques , qui les distingue des autres constituants du spectre. Pour ce qui regarde leur action sur les sels d’argent et plusieurs autres substances, telles par exemple que celles qui entrent dans la production des nuages actiniques, dont il a été question dans la dernière Leçon, ils méritent peut-être cette dénomination 5 mais, dans le cas de l’exemple le plus frappant de l’action chimique de la lumière, à savoir la décomposition de l’acide carbonique au sein des feuilles des plantes, à laquelle mon éminent ami, M. le docteur Draper, a indissolublement attaché son nom, les rayons jaunes se sont trouvés les plus actifs.

Il est des substances, cependant, sur lesquelles les ondes violettes et ultra-violettes exercent une puissance spéciale de décomposition, et, en laissant le spectre invisible tomber sur des surfaces préparées avec ces substances, nous révélons à la fois et l’existence et l’étendue du spectre ultraviolet.

Cette méthode de mettre en évidence les rayons ultraviolets par leur action chimique est depuis longtemps connue ; en effet, Thomas Young photographiait les anneaux ultra-violets de Newton. Nous avons maintenant à démontrer leur présence d’une autre manière. En règle générale, les corps transmettent la lumière ou F absorbent}

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