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FLUORESCENCE

il est cependant un troisième cas, celui dans lequel la lumière tombant sur le corps n’est ni transmise, ni transformée, mais convertie en lumière d’une autre sorte. M. le professeur Stokes, l’un des successeurs de Newton dans l’Université de Cambridge , a démontré ce changement d’une sorte de lumière en une autre, et poussé ses expériences assez loin pour rendre visibles les rayons invisibles.

Il a été démontré qu’un grand nombre de substances examinées par M. Stokes émettent de la lumière lorsqu’elles sont excitées par les ondes ultra-violettes. Vous connaissez la vitesse de vibration correspondant au violet extrême du spectre 5 vous savez que, pour percevoir la sensation de cette couleur, la rétine doit être frappée 789 millions de fois en une seconde. A cette limite, la rétine cesse d’être utile comme organe de la vision 5 car, quoique elle soit frappée par la récurrence de vibrations plus rapides, ces vibrations sont impuissantes à éveiller la sensation de la lumière. Mais, lorsqu’on fait tomber ces ondes non visibles sur les molécules de certaines substances, sur celles du sulfate de quinine par exemple, elles forcent ces molécules ou leurs atomes constituants à vibrer, avec cette particularité que les vibrations ainsi excitées sont d’une période plus lente que celle des ondes excitantes ; or cette diminution de la vitesse de vibration, causée par l’intermédiaire du sulfate de quinine, ramène les rayons invisibles dans les limites de la vision. Notre bisulfure de carbone, par exemple, qui, amené à former un prisme, est si éminemment approprié aux expériences faites avec les rayons visibles, ne convient nullement pour les expériences sur les rayons ultraviolets. Le flint-glass est meilleur, et le cristal de roche meilleur encore. Toutefois un prisme de verre nous suffira pour atteindre notre but actuel. Si nous envoyons, au moyen

LEÇON y.

de prisme, un spectre non sur la surface blanche de notre écran, mais sur une feuille de papier imbibée d’une solution saturée de sulfate de quinine, puis sécbée, nous obtenons une extension notable du spectre visible. Nous voyons tout d’abord une portion du violet devenue plus blanche et plus brillante ; mais, en outre, nous voyons luire la couleur là où, dans le cas du papier non préparé, on 11e voyait absolument rien. D’autres substances produisent un effet semblable } une substance, entre autres, récemment découverte par M. le Président Morton de Steven’s Institut, et à laquelle il a donné le nom de thallene, produit un allongement vraiment frappant du spectre, en même temps que la nouvelle lumière engendrée brille d’un éclat particulier.

Le spath-fluor et quelques autres substances chauffées à une température au-dessus du rouge émettent de la lumière. Depuis l'époque de leur formation ou cristallisation, cette faculté d’imprimer à l’éther des vibrations visibles semble avoir été communiquée à cette substance. La lumière est restée à l’état potentiel ou en puissance pendant tout ce temps et, comme l’a si bien expliqué Draper, la chaleur, quoiqu’elle ne possède pas elle-même d’intensité visuelle, peut libérer assez les molécules pour les rendre aptes à exercer le pouvoir latent de vibration qu’elles possèdent. La manière dont le spath-fluor se comporte détermina M. Stokes dans le choix du nom qu’il donna à sa grande découverte; il appela fluorescence l’acte qui rend visibles les rayons ultra-violets.

Par le moyen d’un verre de couleur violet foncé, nous arrêtons la totalité de la lumière de notre faisceau de lumière électrique; mais ce verre reste transparent d’une manière toute particulière aux rayons violets et ultra- violets. Le faisceau de rayons violets tombe maintenant sur

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