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DISTRIBUTION DE LA. CHALEUR DANS LE SPECTRE

rencontre une chaleur sans cesse croissante. Le rouge luimême possède le pouvoir calorifique le plus élevé de toutes les couleurs du spectre. Poussons la pile dans l’espace obscur au delà du rouge, la chaleur croit subitement en intensité, et à quelque distance au delà du rouge elle atteint son maximum. A partir de ce point, elle tombe un peu plus rapidement qu elle ne s’était élevée , et s’éteint ensuite graduellement.

Tirons une ligne horizontale pour représenter la lon- FiCf- 57.

Rouge. Bleu.

gueur du spectre, et élevons sur cette ligne à ses différents points des perpendiculaires de longueurs proportionnelles à la chaleur constatée en ces points, nous obtiendrons une courbe qui montre la distribution de la chaleur dans notre spectre. Elle est représentée dans la figure ci-jointe. Commençant au bleu, la courbe s’élève d’abord assez lentement et graduellement 5 vers le rouge, elle monte plus vite. La ligne CD (Jîg. 5 y) représente l’intensité de la radiation rouge extrême. Au delà du rouge, elle s’élève rapidement de manière à former un pic roide et massif en B; de là, elle tombe, rapidement d’abord, puis lentement, et devient de plus en plus insensible à la perception de la pile. Cette

figure est le résultat de plus de douze séries de mesures prises avec soin, et pour chacune desquelles on a construit sa courbe. En superposant toutes ces courbes, on a constaté entre elles un accord très-satisfaisant. On peut ainsi conclure sûrement que les aires des espaces noirs et blancs représentent les énergies relatives des radiations visible et invisible; l’une, la seconde, est 7,7 fois l’autre.

Mais, comme nous l’avons déjà dit, la vitalité ou la vérité de la Science repose tout entière sur l’exactitude des vérifications. Si nous déterminons en premier lieu l’émission totale de notre lampe électrique; qu’ensuite, par le moyen de notre filtre iodé, nous déterminions l’émission ultra-rouge, la différence entre les deux doit donner l’émission lumineuse. O11 trouve de cette manière que l’énergie de l’émission invisible est huit fois celle de l’émission visible. Jamais deux méthodes n’ont été plus opposées l’une à l’autre, et jamais deux résultats ne se sont mieux accordés. Je pense, par conséquent, que vous pouvez vous fier à l’exactitude de la distribution assignée ici à la chaleur dans le spectre prismatique de la lumière électrique. Il n’y a rien de vague dans la méthode d’investigation ni rien de douteux dans les conclusions.

Pl nncipes de l’analyse spectrale. — Analyse prismatique de la lumière des vapeurs incandescentes. — Spectres discontinus. — Preuves données par Bunsen et Kirchhoff que les raies sont caractéristiques des vapeurs. — Découverte du rubidium, du cæsium et du thallium. — Rapports de l'émission et de l’absorption. — Les raies de Fraunhofer. — Leur explication par Kirchhoff. — Chimie solaire comprise dans cette explication. — Expérience de Foucault. — Principes de l’absorption. — Analogies du son et de la lumière. — Démonstration expérimentale de cette analogie. Applications récentes de la spectroscopie. — Résumé et conclusion.

Nous ayons pris pour notre source de lumière, dans ces Leçons, les extrémités de deux bâtons de charbon de cornue rendus incandescents par l’électricité. Le charbon de cornue est parfaitement approprié à ce but, parce qu’il peut supporter une grande chaleur sans fusion ou évaporation. Il est de plus noir, ce qui vient en aide à la lumière*, en effet, les autres circonstances restant les memes, M. le professeur Balfour Stewart a démontré que plus un corps est noir, plus sa lumière est blanche quand il est rendu incandescent. Toutefois, quelque réfractaire que soit le carbone, si nous examinions attentivement notre arc voltaïque ou le flux de lumière entre les pointes de charbon, nous y trouverions de la vapeur de carbone, et si nous pouvions détacher la lumière de cette vapeur de la lumière plus éblouissante des pointes solides, nous trouverions que son spectre est non-seulement moins brillant, mais d’un

caractère totalement différent de celui des spectres que nous avons déjà vus. Au lieu d’être une succession non interrompue de couleurs du rouge au violet, la vapeur de carbone présenterait des bandes colorées avec des espaces sombres entre elles.

Ce qui est vrai du carbone est vrai dans un degré plus frappant encore des métaux, dont les plus réfractaires peuvent être fondus , amenés à l’ébullition et réduits en vapeur par le courant électrique. La lumière issue des vapeurs incandescentes, en règle générale, brille sous forme de groupes de raies de degrés définis de réfrangibilité, avec des espaces entre les groupes successifs qui ne sont comblés par des raies d’aucune sorte; mais la contemplation des faits rendra ce sujet plus intelligible que ne pourraient le faire des mots. Au sein de la lanterne, on vient de placer un cylindre de charbon de cornue creusé à son sommet pour recevoir un petit morceau de métal : dans le creux on a placé un fragment du métal thallium; nous abaissons sur ce fragment la pointe du charbon supérieur, puis nous séparons les deux charbons l’un de l’autre. Un 11 ux de vapeur de thallium incandescent coule entre eux, et l’on voit son image amplifiée actuellement projetée sur l’écran : elle est d’une belle couleur verte. Que signifie ce vert? Nous répondons à cette question en soumettant cette lumière à l’analyse prismatique. Voici son spectre formé d’une simple bande réfractée : c’est de la lumière d’un seul degré de réfrangibilité, et de la réfrangibilité correspondant au vert, émise par la vapeur du thallium.

Nous enlevons le thallium et nous mettons à sa place un morceau d’argent. L’arc de l’argent ne se distingue pas à la vue de celui du thallium. Sont-ils semblables ? L’analyse prismatique nous permet de répondre à cette question. Il

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