‹ La lumière nataleChapitre 20 sur 23 · A L'AUBE · texte numérisé non relu

A L'AUBE

l'horloge {aïeule chevrotante) Je vous dirai le conte adorable du Temps.

l'enfant

Tais-toi. Le jour s'éveille et la vitre est d'argent,

La rue passe comme un cortège sous des roses,

Et j'entends s'élever la voix morte des choses.

Que m'importe aujourd'hui ta douceur surannée,

0 fîleuse éternelle au rouet des années !

Ma nuit s'est accomplie ainsi qu'un beau voyage;

Je vis... je sens en moi s'ordonner les images

Qui brillèrent au fond des ondes où, hélas!

J'aurais voulu rester comme l'enfant Ilylas.

0 Vertige secret des départs immobiles !

Sources sous vos roseaux plus profonds qu'une ville,

Je revois ces pays où la lumière éclate, Lustrée comme le ventre argenté d'une chatte^ Ces arbres infléchis par leurs' fruits, ces vergers, L'Insecte, sous les ombelles des potagers Au bout desquels s'en vont en mornes corridors Des Silences d'abside où chemine la Mort.

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