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LA MÈRE

Bonjour. As-tu prié, petit cœur sans souci?

l'enfant

Seigneur, prenez 'pitié des choses que voici :

Bénissez, pour la joie paisible de ma mère,

La rue où je suis né, passive et familière,

Où je vivrai, pareils au passé révolu.

Les avenirs auxquels vous m'avez dévolu;

La rue où, sous le toit pointu des colombiers,

Bat le cœur innombrable etjojeux des métiers.

Ecoutez-la, Seigneur, comme une hymne nouvelle

A l'oeuvre de bonté qui nous est éternelle :

La forge braséante alterne dans sa gloire

Le rythme des marteaux sur les enclumes noires ;

Au loin passe l'appel matinal du berger

A qui répond le han ! profond du boulanger,

Et dans les maisons vieilles dont craquent les vertèbres Le chœur silencieux des choses vous célèbre.

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