‹ La lumière nataleChapitre 22 sur 23 · LA MAISON · texte numérisé non relu

LA MAISON

Le Temps geint dans l'effort puissant de ma charpente.

Je vis au bord du jour comme au bord d'une eau lente.

Simple, et les yeux remplis d'une extase d'azur.

0 mon Dieu, vous par qui resplendissent mes murs,

Vous qui m'avez confié le nid de l'hirondelle,

Donnez-moi la vertu des vieillesses fidèles :

Celle de la servante au nom familier

Dont la chanson descend dans l'ombre des paliers

Jusqu'au seuil lisse et tiède et flétri comme un front.

Où les voisins, le soir, confabulent, en rond,

Et ne détournez pas votre face. Seigneur,

De la simplicité divine de mon cœur.

l'enfant {achevant sa prière)

... Cependant que prieront les choses tutélaires, Vous bénirez, vaquant à ses travaux, ma mère, Dont les mains sur mon front dévotement posées, Me prodiguent parfois le bienfait des rosées.

LA CHAMBRE

Léger comme l'appel des cloches du dimanche, Par la fenêtre ouverte, un rayon d'or s'épanche, — 0 main compatissante aux meubles renfrognés! Seigneur, c'est votre jour qui revient m'enseigner Et pour mieux arracher la vie à son sommeil, Je suis blonde de tous les épis du soleil!

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